Ah ces Coréens!

Art Paris Art Fair : la Corée à l’honneur pour cette 18e édition [15/03/2016 16:04]

Pendant quatre jours, le Grand Palais va accueillir plusieurs dizaines de milliers de visiteurs sous sa voûte grandiose. 145 exposants issus de 20 pays, et représentant des centaines d’artistes, ouvrent leurs stands du 31 mars au 3 avril 2016 pour la 18e édition d’Art Paris Art Fair, le rendez-vous incontournable du printemps pour les aficionados, collectionneurs et amateurs d’art moderne, contemporain et de design. L’édition 2014 avait mis la Chine à l’honneur, celle de 2015 s’était concentrée sur Singapour et sur l’Asie du Sud-Est. Cette fois, Guillaume Piens, directeur général de la foire, poursuit l’exploration de la scène asiatique avec la Corée, un focus dont le commissariat est assuré par Sang-A Chun. 70 artistes coréens sont représentés à travers des galeries établies à Séoul, Daigu et Paju-Si, ainsi que par une vingtaine de galeries occidentales.

Cette programmation, qui s’inscrit dans le cadre des célébrations de l’année France-Corée (130ème anniversaire des relations diplomatiques entre Paris et Séoul), tombe à point nommé, car le marché est en demande de création coréenne en ce moment. En témoigne les prix conséquents enregistrés ces derniers mois à Hong Kong : dont un nouveau sommet de 96 750 $ pour Kwon Young-woo pour un grand dessin abstrait vendu en novembre 2015 et le récent record de Sang-Hwa CHUNG, qui flirte avec le million de dollars (967 500 $, le 5 octobre 2015 chez Seoul Auction). Plusieurs grands artistes coréens ainsi plébiscités par le marché se retrouvent sur les stands d’Art Paris Art Fair, dont Chang-Sup CHUNG (galerie Park Ryu Sook), qui décrochait 141 900 $ pour une œuvre vendue à Hong Kong en octobre 2015, mais aussi Seo-Bo PARK (galerie Shilla), qui tient sa première adjudication millionnaire depuis le 28 novembre dernier (Ecriture No. 65-75, vendue 1,212 m$ chez Christie’s), et Whan-Ki KIM (galerie Sabine Vazieux), consacré au plus haut niveau avec une œuvre vendue 3,9 m$ le 5 octobre dernier chez Seoul Auction. Citons enfin Ungno LEE (1904-1989), une figure importante dans la fusion des influences coréennes, chinoises et occidentales. Peintre, sculpteur, graveur, dessinateur, calligraphe, l’artiste a étudié l’art à Tokyo avant de s’installer en France où il a fini ses jours. Considéré comme un pionnier de l’art coréen contemporain, ses œuvres font parties d’importantes collections publiques telles que celles du MoMA, du Musée National d’Art Moderne de Rome ou du Musée des Beaux-Arts de Tokyo. Sur le salon, Ung No Lee est représenté par la galerie Thessa Herold.

L’appétence est particulièrement notable pour le grand courant abstrait Dansaekhwa, mouvement offrant un contrepoint essentiel aux grands courants abstraits européens et américains de la seconde moitié du XXème siècle. Les artistes du Dansaekhwa travaillent au seuil du monochrome, en développant une capacité à se faire vide, une dimension méditative et une réflexion sur la place de l’homme au sein de la nature et de l’univers. Sur Art Paris Art Fair, le Dansaekhwa est notamment représenté par les artistes Myeun Ro YOUN et Ufan LEE. Lee Ufan est l’artiste le mieux connu en Occident. Ses œuvres ont d’ailleurs été exposées récemment en Europe, et il a notamment bénéficié d’une grande exposition au Château de Versailles en 2014. Il est à ce jour l’un des rares artistes coréens à vendre des œuvres en France (40% de ses recettes aux enchères depuis 2000), à New York, mais aussi en Allemagne, en Italie, en Angleterre et en Espagne, en plus des marchés asiatiques (Corée du Sud, Japon, Chine, Singapour). Des œuvres de Lee Ufan sont proposées sur les stands des galeries Rabouan Moussion et Omer Tiroche.

Seront encore présentées des œuvres des fameux Tschang Yeul Kim (Park Ryu Sook Gallery), Lee Bae et Bae Bien-U (Galerie RX) ; de Jin Woo Lee (galerie Maria Lund), de Chul-Hyun Ahn et Bahk Seon-Ghi (galerie Paris-Beijing et 313 ART PROJECT), ainsi que les surprenantes sculptures de Yi Hwan-kwon (Gana Art). Ses personnages aux silhouettes distordues se sont déjà arrachées plus de 100 000 $ en salles de ventes.

En se spécialisant sur l’Asie, Art Paris a établi sa spécificité dans l’univers pléthorique des foires d’art, tout en s’inscrivant dans les grandes tendances du marché actuel. Par ailleurs, la foire reste une grande opportunité en matière de découvertes, car Guillaume Piens donne sa chance à de nouvelles galeries chaque année. Cette fois, la moitié des exposants inaugurent leur toute première fois au Grand Palais.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s