Les Chinois veulent rouler chinois.

  • Les Chinois veulent rouler chinois.
  La Chine n’est plus l’Eldorado automobile des constructeurs américains, japonais et européens. Si l’empire du Milieu reste le premier marché mondial, sa croissance tend à marquer le pas. Mais le Salon automobile de Pékin, qui se tiendra du 25 avril au 4 mai, devrait mettre en évidence un autre phénomène : la montée en régime des marques locales. Jusqu’alors, les voitures conçues par des firmes chinoises étaient bon marché, mal motorisées et pas très bien dessinées. Le vrai chic en Chine, pour les 21 millions d’acheteurs annuels d’automobile (dix fois plus qu’en France), c’était de rouler en Audi, BMW ou Mercedes, voire en Toyota, Honda, Hyundai ou Citroën. La donne a changé. Désormais, opter pour une Geely, une Chery, une Changan, une Dongfeng ou une Great Wall n’est plus un choix contraint ou patriotique, mais une décision dictée par un coup de foudre ou par le désir d’impressionner la famille. En cinq ans, les marques chinoises ont vu leur part de marché passer de 25 à 36 %. Elles tirent profit des années de collaboration, par des joint-ventures, avec les grandes marques étrangères et de précieux transferts de technologies. Plus élégantes, les voitures chinoises ont rattrapé une partie de leur retard et proposent des versions hybrides ou électriques. Leurs concepteurs annoncent pour bientôt l’arrivée de voitures autonomes, capables de se conduire toutes seules.

Ce quatorzième salon de Pékin ne sera donc pas dominé par la compétition entre des nouveautés produites (en Chine) par des marques étrangères, mais par leur confrontation avec le catalogue de plus en plus fourni des marques chinoises. Celles-ci s’appuient sur le succès considérable rencontré par les SUV ( » sport utility vehicle « ), ces faux 4 × 4 familiaux que l’on s’arrache partout dans le monde et qui pèsent 30 % du marché chinois. Alors que Renault présentera le futur Koleos et que Peugeot introduira le 3008, les marques chinoises vont multiplier les lancements. Plus des trois quarts des 50 nouveaux SUV attendus au salon seront sur les stands de constructeurs locaux. Une dynamique destinée à alimenter la montée en puissance de ces constructeurs qui, dans la foulée, ont l’intention de s’attaquer au marché européen, à l’image de Geely, propriétaire de Volvo, et de Dongfeng, actionnaire de PSA.

Jean-Michel Normand in Le Monde 23 avril 2016

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