Les 4X4

Les clients chinois se ruent sur les SUV

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Le trou d’air est passé. Et l’optimisme revient sur le marché automobile chinois. Si le premier marché de la planète, avec près de 25  millions de véhicules écoulés en  2015 dont 19  millions de véhicules particuliers, voit sa croissance ralentir, il continue de progresser. L’an dernier, le marché global a encore crû de 4,7  %, trois fois moins qu’en  2013 ou 2014.

Depuis le début de l’année, les ventes accélèrent, en hausse de 6,8  %. Les quelque 72 marques chinoises et internationales ont pourtant craint le pire fin 2014, quand les ventes ont commencé à piquer du nez sur fond de crise économique généralisée et de mise en place de politiques de quotas dans les grandes villes.

Il a fallu un coup de pouce fiscal de l’Etat pour soutenir le redémarrage des ventes des petites cylindrées. Avec un peu plus d’une centaine de véhicules pour mille habitants (plus de 600 pour mille en Europe), le marché reste très accueillant pour les groupes automobiles.

Bond de 50  % pour les 4  x  4Année après année, il leur faut cependant s’enfoncer dans le Grand Ouest chinois pour y écouler davantage de véhicules. La côte Est étant, aujourd’hui, bien pourvue, ce sont les dizaines de villes de troisième rang, dites  »  moyennes   » (cinq millions d’habitants tout de même), et de quatrième rang qui portent désormais le secteur.

Au-delà du déplacement du barycentre géographique du marché, le secteur poursuit sa transformation. Comme sur l’ensemble des marchés mondiaux, la Chine fait la part belle aux sport utility vehicles (SUV). Alors que les ventes de berlines chutaient de près de 10  % en 2015, celles de 4  ×  4 urbains ont encore battu tous les records, avec un bond de plus de 50  %.

Longtemps, les constructeurs internationaux ont été les seuls à tirer profit de cet essor continu, grâce à leurs cœntreprises locales. Désormais, les constructeurs chinois (Great Wall, Geely, Chery, Changan,  etc.) se rebiffent. Leur part de marché est repartie clairement à la hausse, gagnant une dizaine de points en deux ans à peine (36  %), grâce à leur offensive sur le segment des SUV à bas coût.

Autrefois méfiants, les consommateurs chinois font cette fois confiance à leurs marques locales pour ce type de modèles, à tel point que ces dernières détiennent 60  % de ce segment depuis le début de l’année, selon la CAAM, la fédération chinoise des constructeurs automobiles. En revanche, sur les berlines, les marques chinoises ne détiennent que 20  % du marché.

Les constructeurs internationaux commercialisent également des SUV par dizaines, mais ils restent positionnés sur des prix plus chers de 10 % à 20 %. Alors, pour les mêmes prestations, pourquoi dépenser plus, se disent les consommateurs locaux  ? Pour résister à l’offensive chinoise, les marques étrangères se concentrent sur la baisse de leurs coûts afin de protéger leurs profits locaux, qui peuvent représenter jusqu’à la moitié de leurs bénéfices mondiaux, à l’image de l’américain General Motors ou de l’allemand Volkswagen, les deux leaders du marché chinois.

Philippe Jacqué

© Le Monde

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