PSA et DONGFENG

Voitures électriques : le courant passe entre PSA et Dongfeng

La société commune réunissant les deux constructeurs va développer une plate-forme commune pour un véhicule propre

 

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PSA et Dongfeng se mettent à l’électrique ensemble. Le constructeur français a annoncé, mercredi 11  mai, avoir signé un accord avec son partenaire et actionnaire chinois pour développer une plate-forme modulable de véhicules électriques. Les premières voitures conçues à partir de cette base devraient être produites à partir de 2019.

DPCA, le joint-venture de Dongfeng et PSA, produit déjà des véhicules thermiques à partir d’une plate-forme commune, la  » Common Modular Platform  » (CMP), depuis avril  2015. L’objectif est de développer une gamme de voitures à partir d’une structure quasi identique, économisant ainsi des coûts de développement et de production.

Baptisée  » e-CMP « , la petite sœur permettra aux deux groupes de proposer une offre globale de véhicules 100  % électriques pour les marques Peugeot, Citroën, DS et Dongfeng.  » La future plate-forme électrique e-CMP constitue une étape-clé de notre partenariat avec Dongfeng « , a commenté Carlos Tavares, cité, mercredi 11  mai, dans un communiqué.

Le PDG de PSA s’est rendu au siège de DPCA, à Wuhan (centre-est), pour signer l’accord sur l’électrique avec le président de Dongfeng, Zhu Yanfeng.  » Elle nous permettra d’accélérer le développement mondial de nos deux groupes tout en contribuant à l’atteinte de l’objectif CO2 exigeant fixé pour 2020 « , a ajouté M. Tavares. Les deux groupes ont aussi annoncé un accord dans les ressources humaines qui vise à  » accroître les synergies sur le développement à l’international « .

Généreuses subventionsCes deux accords de coopération s’inscrivent dans le plan de développement à moyen terme de DPCA, baptisé  » 5A + « , qui prévoit des gains de productivité de 30  % d’ici à 2020. La société commune entre PSA et Dongfeng espère atteindre les 100  milliards de yuans (13,5  milliards d’euros) de chiffre d’affaires en  2020.

PSA a besoin de remonter la pente en Chine, où ses ventes souffrent : au premier trimestre, elles ont reculé de 17,9  %. Cette chute est due à un déstockage des concessionnaires, puisque les livraisons aux clients sont restées stables (– 0,9  %). Mais PSA ne saurait se satisfaire de stagner dans un marché – le premier au monde – qui continue de croître, même modérément. Ainsi, au mois d’avril, les ventes de véhicules neufs ont progressé de 6,3  %, contre 8,8  % le mois précédent, a indiqué, mercredi  11, la China Association of Automobile Manufacturers. L’ouverture d’une nouvelle usine à Chengdu, en septembre, devrait permettre à PSA de reprendre des parts de marché. Elle produira trois modèles de 4 × 4 urbains, les SUV, très populaires en Chine.

Mais, sur le segment des véhicules électriques, PSA semblait jusque-là dans une position d’attente, même si le constructeur parie, depuis plusieurs années, sur un développement à grande échelle à l’horizon 2020. Pour l’instant, les infrastructures restent insuffisantes : le manque de bornes de chargement oblige souvent les conducteurs chinois à tirer des fils depuis leur appartement. Mieux vaut habiter au rez-de-chaussée…

Malgré tout, le développement de l’électrique semble bien amorcé, avec des ventes multipliées par 4,5 en  2015 en Chine. Cet essor est bien aidé par des aides financières et réglementaires. Alors que les plaques d’immatriculation des voitures thermiques sont jouées à la loterie ou vendues aux enchères dans les grandes villes congestionnées, les véhicules électriques sont exempts de restrictions.

A Shanghaï, on voit de plus en plus de véhicules électriques sur les routes, notamment conduits par des chauffeurs de VTC. La plupart du temps, ils sont au volant des marques chinoises, d’autant plus abordables qu’elles bénéficient de subventions très généreuses : près de 14 000  euros par achat. Mais seuls les constructeurs locaux ont droit à ces aides.

Le gouvernement vise 5 millions de véhicules à  » nouvelles énergies  » (électrique ou hybride rechargeable) vendus en  2020. Un objectif très ambitieux : 331 000 véhicules électriques ont été vendus en  2015. Et encore, ces chiffres seraient gonflés : depuis le début de l’année, des affaires de fraudes aux subventions ont attiré l’attention des autorités. Des concessionnaires et fabricants peu scrupuleux ont déclaré des ventes qui n’ont pas eu lieu, en falsifiant des documents. Dans ces conditions, Pékin a programmé une disparition de ces aides en  2020. Si c’est le cas, les premiers véhicules construits sur l’e-CMP de PSA joueront d’égal à égal avec les chinois.

Simon Leplâtre

© Le Monde

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