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Nouvelles difficultés pour Apple en Chine

Deux de ses iPhone sont menacés d’interdiction à la vente à Pékin. C’est un nouveau revers pour Tim Cook

 

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Les obstacles s’accumulent pour Apple en Chine. Déjà victime d’un déclin de l’intérêt des consommateurs chinois pour ses produits, la firme à la pomme fait désormais face à une possible interdiction à la vente de deux modèles d’iPhone dans la région de Pékin. En mai, les autorités locales ont en effet estimé que son smartphone vedette reprenait l’apparence extérieure d’un terminal commercialisé par Shenzhen Baili, un fabricant chinois méconnu.

 » L’iPhone  6 et l’iPhone  6 Plus d’Apple présentent de légères différences avec le 100C de Baili. Ces différences sont si petites que le consommateur moyen ne peut pas les remarquer « , écrit le bureau pékinois de la propriété intellectuelle dans un jugement rendu public le 19  mai et passé jusque-là inaperçu. L’entreprise américaine a fait appel de cette décision.  » En conséquence, l’ordonnance a été suspendue en attendant l’examen par le tribunal de la propriété intellectuelle de Pékin « , a-t-elle indiqué vendredi 17  juin.

Les deux modèles incriminés ont été dévoilés en septembre  2014, quelques mois après le lancement du mobile chinois 100C. En juillet de la même année, la société Shenzhen Baili avait obtenu un brevet pour protéger le design de son appareil. Elle avait ensuite entamé une procédure contre Apple, lui réclamant une somme d’argent. Selon le Wall Street Journal, cette dernière aurait alors demandé l’annulation du brevet auprès des autorités. Mais sa requête avait été définitivement rejetée fin 2015.

 » Plusieurs jugements défavorables à des entreprises américaines ont été révisés « , souligne Tim Long, analyste chez BMO Capital Markets. Dans le cas contraire, un retrait de la vente n’aura pas  » un impact significatif « , estime Amit Daryanani de RBC Capital Markets. L’arrêt de la commercialisation des deux appareils était en -effet déjà prévu pour septembre par Apple. En outre, les dernières versions de l’iPhone – le 6S et le 6S Plus – ne sont pas concernées par cette affaire, bien que leur apparence soit identique à celles de leurs prédécesseurs.

Pour autant, la décision des autorités pékinoises inquiète. A Wall Street, le titre de l’entreprise de Cupertino a ainsi chuté de plus de 2  % vendredi à la clôture.  » Apple fait face à une menace existentielle en Chine parce que le gouvernement pourrait décider de favoriser les -acteurs locaux « , analyse Steve -Milunovich d’UBS.

Un procès perdu en maiCe risque avait déjà été mis en avant par le milliardaire Carl Icahn, qui a revendu en avril l’ensemble des actions qu’il détenait.  » L’attitude de la Chine nous inquiète, justifiait-il. Le gouvernement chinois pourrait choisir de compliquer la tâche d’Apple. « 

Pendant longtemps, le groupe de Cupertino a été l’une des rares sociétés occidentales épargnées par Pékin. Elle avait notamment pu lancer l’App Store, son magasin d’applications mobiles, quand son grand rival, le Play Store de Google, demeure toujours interdit. Ces derniers mois, les autorités ont durci le ton. Et les décisions défavorables commencent à se multiplier contre Apple. Fin avril, ses boutiques iTunes Movies (films) and iBooks (livres) ont dû fermer leurs portes, six mois seulement après leur lancement.

En mai, l’entreprise a perdu un procès contre un maroquinier chinois, qui a obtenu l’autorisation de poursuivre la commercialisation de ses produits sous la marque IPHONE. Cela faisait quatre ans qu’Apple essayait d’obtenir gain de cause. En  2012, ses dirigeants avaient accepté de payer 60  millions de dollars (53  millions d’euros) pour conclure une procédure judiciaire portant sur l’utilisation du nom iPad, sa tablette numérique.

Apple ne ménage pourtant pas ses efforts. Début mai, son directeur général, Tim Cook, s’est à nouveau rendu en Chine pour rencontrer des responsables du régime. Sur les trois dernières années, c’est le pays étranger qu’il a le plus visité. Quelques jours plus tard, Apple annonçait un investissement d’un milliard de dollars dans Didi Chuxing, une plate-forme de voitures avec chauffeur. De nombreux observateurs estiment qu’il s’agit d’un moyen de s’attirer les bonnes grâces de Pékin.

Ces revers administratifs et judiciaires interviennent à un moment déjà compliqué en Chine, devenue en  2015 le deuxième marché d’Apple devant l’Europe. Sur les trois premiers mois de l’année, son chiffre d’affaires y a baissé de 26  %. Selon les estimations du cabinet Strategy Analytics, le groupe a vendu 11,5  millions de smartphones sur cette période, contre 13,5  millions un an plus tôt.  » Cette mauvaise performance s’explique notamment par une concurrence plus forte « , indique Linda Sui, analyste chez Strategy Analytics. La marque subit notamment les assauts de ses concurrentes chinoises, comme OPPO, Xiaomi et Huawei.

Les difficultés en Chine sont d’autant plus inquiétantes que le pays a été le principal levier de croissance pour Apple. Au premier trimestre, le groupe a ainsi accusé le premier repli trimestriel de son chiffre d’affaires depuis 2003.  » Nous restons toujours très optimistes sur les perspectives en Chine « , assurait alors M.  Cook.

Jérôme Marin

© Le Monde

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