Les chinois à La Fondation Vuitton

LA CHINE EN FRANCE – Dialogue des cultures à la Fondation Louis Vuitton

Par Marie-Eve Richet

Quel meilleur creuset que ce « magnifique vaisseau » conçu par Franck Gehry pour accueillir « La Chine dans la collection », exposition en cours à la Fondation Louis Vuitton à Paris jusqu’au 11 septembre 2016. Embarquement pour ce voyage chinois à travers les voiles parisiennes !

C’est en lisière du Jardin d’Acclimatation, aux portes de Paris, que Bernard Arnault a inauguré en octobre 2014 la Fondation Louis Vuitton, qui a pour vocation d’accueillir des collections invitant à la découverte des autres cultures. Le chantier du bâtiment a été confié à Franck Gehry, l’architecte de l’Opéra de Sydney dont on reconnaît la touche dans cet édifice aérien.

Tendue de 12 voiles de verre sur une charpente audacieuse d’acier et de bois, cette construction est une véritable prouesse artistique mais aussi technologique. Sublimé par la fontaine qui reflète le ciel parisien changeant au gré d’une météo capricieuse, mais aussi par une installation de miroirs d’Olafur Eliasson, l’ensemble intérieur/extérieur favorise les points de vue, les reflets et les va-et-vient.

Depuis janvier, un habillage de Daniel Buren avec des filtres de couleur ponctués par ses fameuses lignes verticales accentuent ces jeux de lumière.

 

 

La Chine dans la collection

Dans ce vaste espace lumineux, 11 galeries aux murs monumentaux servent de page blanche pour des œuvres contemporaines chinoises jusqu’en septembre.

Ce sont les visites des galeries supérieures qui ont retenu notre attention. A hauteur d’homme, les tableaux magistraux de Yan Pei-Ming, en particulier son dyptique Les temps modernes inspiré de Chaplin, un magnifique bleu nuit, ponctué de touches blanches nous prennent à partie.

Les artistes chinois sélectionnés sont aussi intéressants pour leur approche engagée. Ainsi, Zhang Huan réutilise les cendres de l’encens des temples bouddhistes pour les plaquer sur des affiches de propagande et en détourner le sens. Ou encore dénonce le transfert de main d’œuvre de paysans réquisitionnés pour la construction du Grand Canal, qui avait entraîné la famine puis la mort de 20 millions de personnes pendant le Grand Bond en avant.

Vous serez aussi sûrement interpellé par l’œuvre maîtresse de cette salle, La tête qui fume (ci-dessus), évoquant le rite funéraire du disque Bi, ou encore par la tête de Bouddha en cuivre qui s’enfonce dans le sol pour symboliser le présent sacrifié. Des œuvres plutôt pessimistes donc… Sans compter Zhang Xiaogang, connu pour son fameux Fil rouge (ci-contre) qui conclut cette série noire avec un tableau représentant cinq enfants en costume d’adultes, stigmatisant une société où les parents imposent leur avenir professionnel à leurs enfants.

Marie-Eve Richet www.lepetitjournal.com/shanghai Vendredi 19 août 2016

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