Le redressement de Gucci profite aux résultats de Kering

 in Le Monde 27 octobre

La marque de luxe, qui a entrepris un important virage stylistique début 2015, a vu ses ventes progresser de 17 % au troisième trimestre

 

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En présentant, mardi 25  octobre, son chiffre d’affaires du troisième trimestre, en hausse de 10,5  %, à 3,18  milliards d’euros, le groupe Kering a contredit tous ceux qui avaient déjà enterré la croissance à deux chiffres pour les géants du luxe.

Le groupe profite de la santé retrouvée de sa marque phare Gucci, qui représente 60  % de son bénéfice d’exploitation et qui a sensiblement accéléré sa cadence au début du second semestre 2016, en dépassant de sept points les attentes des analystes. Avec une progression de ses ventes de 17  %, à 1,08  milliard d’euros, les chiffres confirment le redressement amorcé au début de l’année 2016, et surtout la pertinence des changements créatifs et managériaux apportés à la griffe.  » Gucci réalise sans doute l’une des meilleures performances du secteur avec sa première croissance à deux chiffres enregistrée depuis le deuxième trimestre 2012 « , a précisé Jean-Marc Duplaix, directeur financier du groupe.

Le virage stylistique à 180 degrés opéré en janvier  2015 par le PDG, Marco Bizzarri, et son directeur artistique, Alessandro Michele, semble porter ses fruits. Le secteur se lassait des  » it-bags  » ? Gucci impose ses modèles en toile GG rebrodée de fleurs, de serpents ou d’abeilles. Le prêt-à-porter masculin très travaillé dans un genre  » romantique-geek  » est un effet de podium qui fera pschitt en boutique ? Il connaît pourtant, comme la femme, une poussée à deux chiffres. Les loafers en cuir doublés de fourrure ne servent qu’à faire parler les blogueurs ? Ils incarnent pourtant le renouveau  » mode  » de l’activité souliers qui connaît aussi un bond de ses ventes.

Et la tendance est la même sur tous les marchés, hormis le Japon (–  8  %). Ainsi, l’Europe de l’Ouest (pourtant pénalisée par les résultats français) et l’Amérique du Nord font chacune + 22  %, tandis que la région Asie-Pacifique affiche + 31  %.  » Même Macau et Hongkong surprennent positivement « , ajoute M.Duplaix, soulignant que les performances de la distribution en propre (+ 19  %) – avec un nouveau concept des boutiques en cours d’implantation – s’accompagnent d’un bond de plus de 50  % du commerce en ligne. Un travail important a été fait pour fédérer une nouvelle communauté Gucci sur Internet, avec par exemple des collections capsules uniquement vendues en ligne.

La marque italienne n’est pas la seule satisfaction de Kering. Yves Saint Laurent enregistre un chiffre d’affaires de 326  millions d’euros, en hausse de 33,9  % à données comparables. L’annonce du départ de son créateur star, Hedi Slimane, en avril cette année, ne semble pas avoir entaché la dynamique que le styliste avait insufflée à la maison française depuis mars  2012. Son successeur, Anthony Vaccarello, qui a présenté sa première collection en septembre dernier à Paris, s’est d’ailleurs parfaitement glissé dans son nouveau rôle, sans faire de vagues. Le groupe Kering n’est pas encore sorti du feuilleton qui l’oppose à son ancien directeur artistique : il a ainsi, avant l’été, fait appel de la décision du tribunal de commerce qui l’a condamné à verser 11,7  millions d’euros à Hedi Slimane pour l’application contractuelle d’une clause de non-concurrence.

Effet Usain BoltDu côté des activités  » sport et lifestyle  » du groupe, Puma marque également des points et bénéficie des retombées des Jeux olympiques de Rio où son ambassadeur Usain Bolt s’est offert cette année un troisième triplé. La marque progresse de 10,8  %, à 994  millions d’euros, avec un saut de 17  % des ventes de chaussures, catégorie la plus importante pour l’équipementier. Les derniers lancements de Puma devraient d’ailleurs conforter la marque dans ses bons résultats, si l’on en croit l’accueil prometteur de la collection Fenty en collaboration avec Rihanna.

Enfin, Bottega Veneta vient assombrir le tableau avec des ventes en chute de 10,9  %, s’élevant sur le troisième trimestre à 294  millions d’euros. La marque, au bord de la faillite au début des années 2000 et qui a connu une croissance record en dépassant le milliard de chiffre d’affaires en l’espace de dix ans, subit de plein fouet la baisse des dépenses des touristes chinois au Japon et en Europe. L’un de ses prochains défis sera de mieux adapter son réseau de distribution et ses magasins à la variété de son offre. Ce à quoi s’attelle déjà son nouveau PDG, Claus-Dietrich Lahrs, nommé le mois dernier.

Caroline Rousseau

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