Expositions à Shanghai

Cet article a été publié par Le petit journal à Shanghai

Il est signé par Delphine Gourgues

 

YE HONGXING The Accumulation of Silence
Galerie Art+Shanghai, jusqu’au 31/12/2016
COUP DE CŒUR ! 

Ye Hongxing, artiste peintre et sculpteur de Pékin, est de retour sur Shanghai pour une nouvelle exposition solo. La jeune femme, qui s’est fait connaître notamment par sa série de tableaux mixant photos de son visage et billets de banque (Osmosis), puis par sa pétillante série pop de stickers (The Fantasy Factory), présente ses derniers travaux, sous forme de trois séries réunies sur un même thème : The Accumulation of Silence. Au carrefour entre culture chinoise et culture occidentale, toujours en questionnement sur le rôle de chacun dans cette société en perpétuelle évolution, Ye Hongxing ouvre de nouvelles pistes de réflexion, en sculptures,  tableaux et installation.

Tout d’abord, une série de tableaux de stickers, plus apaisés que dans sa série précédente, avec des effets d’apparente répétition (accumulation), de billets de banque par exemple – mais en réalité, rien n’est jamais pareil, chaque infime détail diffère… L’artiste joue aussi sur un effet visuel de symétrie/caléidoscope. Ces compositions sont impressionnantes de minutie et précision (de 200 à 600 heures de travail par tableau !) et sont envoûtantes, tant il existe de niveaux d’appréciation visuelle, de près, de loin…

Il y a aussi une installation inédite de « pierres » Mani, ces galets arrondis et lisses que les pèlerins de l’Himalaya collectent et empilent sous forme de monticules, après y avoir inscrit leurs vœux, comme des témoignages de leur passage. Ici, les reproductions agrandies, en feutre gris, de ces pierres  sont accrochées au plafond, au plus près des divinités, et forment comme un nuage à l’effet très apaisant, qui invite au silence. Mais les inscriptions ne sont que des lettres alignées au hasard, leurs messages vidés de sens…

Et enfin, pour le troisième volet de cette exposition, Ye Hongxing est revenue à son matériau de prédilection, avec une série de sculptures en marbre blanc, inspirées de bouteilles de parfums ou d’alcool de légende… Partant du caractère éphémère et volatile de leur contenu, elle a voulu en faire quelque chose de pérenne, comme pour garder en mémoire telle ou telle fragrance. Vous reconnaîtrez certaines marques, grâce aux formes des flacons, mais le côté anonyme/uni et la grâce de ce marbre immaculé, donnent à cette « collection » une esthétique d’une pureté rare.

L’argent, la religion (la religion de l’argent ?), l’accumulation, la consommation, l’importance de l’infini détail, tous ces thèmes sont abordés sous un angle envoûtant et qui poussent à réfléchir – en silence. Ye Hongxing ne donne pas de réponse, elle ne se veut pas engagée, mais elle prouve une fois encore, qu’elle est une grande artiste, qui, au fur et à mesure qu’elle gagne en sérénité, se renouvelle sans cesse, et  interroge sur la finalité de nos existences. Tous les détails sont dans notre agenda.

(Relire notre article sur Ye Hongxing, une artiste à suivre)

EXPOSITIONS À VENIR

Microcosm par Ann Niu
Galerie ART CN, du 6/11 au 30/12/2016

Cette exposition est centrée sur le minéral. Ann Niu présente ici son interprétation de ces pierres dites « érudites », si importantes dans l’esthétique traditionnelle chinoise, notamment dans les jardins, sur sable ou sur eau. L’artiste met en lumière, et en couleurs toujours aussi profondes, la dimension sacrée de ces pierres pour leur donner vie, comme des métaphores de notre existence humaine.
Tous les détails sont dans notre agenda.

 

 

Fireworks
MD Gallery, du 5/11 au 20/12/2016

En cette fin d’année, la MD Gallery présente une belle rétrospective de différentes programmations ces derniers mois, mêlant art vidéo, art urbain et scène contemporaine chinoise. Yi Zhou pour la vidéo, JR, VHILS et Hua Tunan pour l’art urbain (street art), ainsi que différentes sculptures et installations d’artistes chinois comme Li Hongbo, Shi Ningfang et Huang Rui, qui interrogent notamment sur la différence entre la perception et la réalité…
Tous les détails sont dans notre agenda.

 

ANDY WARHOL Shadows
Yuz Museum, jusqu’au 15/01/2017

Une exposition rare d’une série méconnue de celui qu’on appelle The King of the Pop, en collaboration avec la Dia Art Foundation de New-York. En 1978, à l’âge de 50 ans, Warhol s’est lancé dans un projet monumental appelé Shadows. La série est découpée en 102 toiles, empreintes alternativement positives et négatives, qui s’alignent sur 135 mètres de longueur de murs. C’est d’ailleurs le plus grand espace alloué à Shadows depuis les années 70 ! Loin d’être une addition de simples répliques, chaque tableau varie légèrement de la forme initiale, inspirée d’une photo d’ombre prise par Warhol. Alors que l’artiste affirme  lui-même avec humour et détachement que « ce n’est pas de l’art … », ce qui peut rendre certains perplexes, l’intérêt de cette exposition réside principalement dans son gigantisme, avec l’effet graphique induit. Il est aussi plus rare de voir des œuvres de Warhol totalement abstraites et aussi dépendantes les unes des autres. Une exposition  qui fait écho à l’autre exposition du moment au Yuz Museum, Overpop, où plusieurs artistes contemporains réinterprètent, à leur manière, le courant pop, à l’heure du digital et du tout internet.
Tous les détails sont dans notre agenda.

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