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Bernard Arnault et l’art

Propriétaire de la société N°1 mondial dans le luxe, l’homme le plus riche de France se révèle collectionneur et mécène d’art. Après François Pinault à Venise, Bernard Arnault créé sa propre fondation d’art contemporain.

Légitimer sa fortune, se rendre indispensable ? Pourquoi un collectionneur d’art met-il à la disposition de tous une des plus importantes collections d’art contemporain ?
1ère fortune de France, Bernard Arnault souligne cet investissement pour le « bien public ». Certes, l’entrepreneur et homme d’affaires insatiable a racheté les plus grandes maisons de luxe, montre alors à ce « bien public », une image de partage et d’altruisme. L’inauguration du bâtiment l’année dernière en présence de Bertrand Delanoé a permis de souligner la volonté d’évergétisme du virtuose du capitalisme. Une façon aussi de reconquérir le cœur des français, après des soupçons de naturalisation belge pour des avantages fiscaux.

Barnard Arnault s'affichant fièrement aux côtés des ouvriers.

En effet, avec une fortune estimée en 2014 à plus de 35 milliards de dollars selon le magazine Forbes, Bernard Arnault multiplie les actions de mécénat pour valoriser l’image du groupe LVMH et lui donner une dimension plus institutionnelle. Après avoir soutenu plusieurs expositions au Grand Palais et au Centre Georges Pompidou, il créé le « prix LVMH des jeunes créateurs », un concours international ouvert aux étudiants des écoles de Beaux-Arts. Ainsi le 4 mars dernier, Bernard Arnault est le premier non américain à recevoir le prix David Rockefeller décerné par le MOMA de New-York pour « une personne du monde des affaires, qui est un exemple de générosité éclairée et de promotion des efforts en matière de culture et de civisme ».

Le projet de Fondation pour l’art contemporain signé en 2006, a été confié à l’un des plus célèbres architectes américano-canadiens, Frank Gehry, auteur entre autre du musée Guggenheim à Bilbao. Il a imaginé pour Louis Vuitton un immense navire de verre dont les ailes se déploient au cœur des arbres du Bois de Boulogne. Ce vaisseau de lumière s’intègre harmonieusement au milieu de la nature, profitant de prouesses techniques exceptionnelles, avec ses 13500 m² de verrières moulées sur mesure, constituant la toiture de verre de 46m, ouvrant une perspective sur la Défense et la Tour Eiffel. Le choix des œuvres modernes et contemporaines qui ont été achetées à travers le monde n’a pas encore été révélé.
Pour cela, rendez-vous en octobre prochain pendant la FIAC, Foire Internationale d’Art Contemporain, date prévue de l’ouverture au public de la fondation.
Bernard Arnault entend marquer le paysage parisien, dernier pharaon de l’art contemporain, se rappelant ce qu’a été la Tour Eiffel, la pyramide du Louvre sous Mitterrand. Et « maintenant il y a la Fondation ».

LVMH et l’art contemporain, on le trouve également au sommet du magasin parisien des Champs-Elysées. Pour y accéder, au pied de l’agitation de la boutique il faut emprunter un ascenseur très conceptuel. Une première œuvre d’art comme il s’agit d’une création d’Olafur Eliasson. Entrer dans cette cabine molletonnée plongée dans le noir complet vous promet une expérience sensorielle plutôt perturbante. Accompagné d’un majordome, vous voyagez quelques minutes jusqu’à l’espace culturel Vuitton, coupé de tout repère visuel ou sonore. Et c’est bien le thème du voyage qui est le fil directeur des expositions présentées dans cette galerie splendide qui domine la capitale. L’exposition Astralis (du 7 février au 11 mai 2014) réunissait les créations d’artistes du monde entier autour du thème de l’astral et des multiples formes de l’invisible.
Le magasin Louis Vuitton de Saint-Germain-des-près propose une toute autre forme d’échange entre culture et luxe. Un service original est offert aux bibliophiles de luxe qui peuvent ainsi constituer leur bibliothèque idéale dans une malle signée Vuitton, grâce aux plus prestigieuses collections de la littérature française comme La Pléiade, Collection Blanche ou le Monde Entier.

Bernard Arnault biographie et mécénat

in Wikipedia
Bernard Arnault, né Bernard Jean Étienne Arnault le 5 mars 1949 à Roubaix dans le Nord, est un homme d’affaires français, propriétaire du groupe de luxe LVMH, dont il est le président-directeur général. Il est à la tête, entre autres, du Groupe familial Arnault, duGroupe Arnault et du holding Christian Dior.

Bernard Arnault est la première fortune française en 20141 estimée à 35 milliards de dollars et la 10e fortune mondiale en 2013 avec un patrimoine estimé à 29 milliards de dollars selonForbes2.

Biographie

Origine et formation

Il est le fils de Jean Arnault, industriel, propriétaire d’une entreprise de travaux publics, Ferret-Savinel, et de Marie-Josèphe Savinel. Après des études au lycée Maxence Van der Meerschde Roubaix et une classe préparatoire au lycée Faidherbe de Lille, Bernard Arnault intègre l’École polytechnique (promotion X1969) dont il sort major3.

Vie de famille

Bernard Arnault épousa en premières noces le 5 mai 1973 (divorce en 1990) Anne Dewavrin (remariée en 2001 à Patrice de Maistre, gestionnaire de patrimoine, spécialement pour Liliane Bettencourt), dont il eut deux enfants : Delphine, administratrice du groupe LVMH depuis 2004 et Antoine, directeur général de Berluti. Il se remaria le 23 septembre 1991 avec Hélène Mercier-Arnault, pianiste canadienne, dont il a trois fils : Alexandre, Frédéric et Jean.

Relations avec le pouvoir politique

En 1996, Bernard Arnault est avec Martin Bouygues un des témoins du mariage de Nicolas Sarkozy avec Cécilia Sarkozy4.

Il fait partie des invités au Fouquet’s le soir de l’élection présidentielle de 2007.

Le président de la République, François Hollande, a inauguré la Fondation Louis-Vuitton pour la création le 20 octobre 20145.

Dans le cadre du développement du pôle de compétitivité Cosmetic Valley, Bernard Arnault a inauguré « La Ruche », la nouvelle usine de Guerlainà Chartres le 6 février 2015, en présence du Premier ministre Manuel Valls6.

Férinel Inc.

En 1971, il rejoint l’entreprise familiale et convainc son père de vendre les activités BTP de l’entreprise pour 40 millions de francs, puis de reconvertir la société dans la promotion immobilière. Sous le nom commercial de Férinel, la nouvelle société se spécialise dans les appartements de tourisme avec un slogan « Férinel, propriétaire à la mer ». Nommé directeur de la construction de l’entreprise en 1974, il en devient le directeur général en 1977 avant de succéder à son père à la tête de la société en 1978. Après l’élection présidentielle en 1981 de François Mitterrand, il émigre auxÉtats-Unis, et fonde Ferinel Inc.

Christian Dior

Article détaillé : Christian Dior (entreprise).

En 1984, Bernard Arnault investit 90 millions de francs, soit l’essentiel de sa fortune familiale, et rachète la Financière Agache (Société Fiduciaire et financière Agache Willot) avec l’appui de la Banque Lazard en la personne d’Antoine Bernheim. Il en devient le PDG et prend ainsi les rênes du groupe Boussac qui possède aussi Christian Dior (sauf les parfums séparés dans les années 1970), le grand magasin Le Bon Marché, l’enseigne de distribution Conforama ou encore le fabricant de couches Peaudouce7.

Depuis les années 1970, le groupe (racheté en mai 1978 par les frères Willot) faisait face comme l’ensemble de la filière textile européenne à de grandes difficultés économiques8. Depuis des années, cette situation économique précaire dissuadait les investisseurs. Les gouvernements français successifs souhaitant trouver une solution industrielle à cette impasse et connaissant l’importance des enjeux en termes d’emploi avaient accordé 999,9 millions de francs d’aides et subventions entre 1982 et 1985 au groupe Boussac9. En 1987, la Commission Européenne estime que les aides accordées par l’État français ont faussé le jeu de la concurrence au sein des États membres et exige du groupe de Bernard Arnault le remboursement de 338,56 millions de francs10.

Après restructuration, les activités textiles de Boussac sont revendues au groupe Prouvost. Bernard Arnault devient PDG de Christian Dior en 1985 et réunit en 1989 les parfums et la couture au sein du holding Christian Dior SA : ce holding a pour filiales11 Christian Dior Couture, et LVMH qui possède la marque Parfums Christian Dior, anciennement propriété de Moët-Hennessy.

LVMH

Suite au krach d’octobre 1987, Bernard Arnault fait l’acquisition d’actions LVMH, le tout nouveau groupe de luxe issu de la fusion le 3 juin 1987 de deux groupes français Moët Hennessy (Champagne Moët & Chandon, Champagne Ruinart, Champagne Mercier, Champagne Canard-Duchêne, cognac Hennessy) d’une part, et du groupe Louis Vuitton (Louis Vuitton Malletier, Givenchy, Champagne Veuve Clicquot Ponsardin) d’autre part. L’année suivante, en 1988, le groupe est à la recherche d’investisseurs. Le PDG de Louis Vuitton Henri Racamier et les actionnaires demandent à Bernard Arnault de prendre une participation plus importante dans la société. Avec plus de 25 % des actions, Bernard Arnault devient un des actionnaires principaux du groupe.

À la même période, la direction du groupe connaît de fortes difficultés : outre la mésentente entre les familles, les deux coprésidents issus de la fusion (Henri Racamier pour Vuitton et Alain Chevalier pour les vins et spiritueux) divergent quant aux choix stratégiques du groupe paralysant ainsi le développement de LVMH. Alain Chevalier souhaitait revendre les activités vins et spiritueux à d’autres groupes, tandis qu’Henri Racamier devenu minoritaire dans le nouveau groupe voulait retrouver l’indépendance de Louis Vuitton. Dans ce contexte, Bernard Arnault considère que le groupe doit retrouver une direction unique et cherche à prendre la tête du groupe. Bernard Arnault profite des dissensions entre les deux hommes et s’affirme comme l’actionnaire pivot pour l’avenir du groupe (il passe des alliances successives avec les deux parties en présence).

Pour prendre le contrôle définitif du groupe, Bernard Arnault lance une OPA. Profitant de la pagaille boursière et actionnariale, il devient enjuillet 1988 premier actionnaire de LVMH et actionnaire majoritaire le 6 janvier 1989, avec l’aide de la banque Lazard et du Crédit lyonnais. Bernard Arnault évince alors Alain Chevalier. Le 13 janvier 1989, Bernard Arnault est élu président du directoire de LVMH à l’unanimité. Henri Racamier cherche par tous les moyens à annuler l’OPA de Bernard Arnault12. Mais le 16 mai 1989, la Commission des opérations de bourse considère qu’aucune irrégularité n’a été commise. L’OPA de Bernard Arnault est de facto validée, il est confirmé à la tête du groupe. La structure financière du groupe LVMH fait de Bernard Arnault un manager actionnaire. Il dirige opérationnellement le groupe tout en étant son actionnaire de contrôle13.

Bernard Arnault conduit depuis un plan ambitieux de développement du groupe, faisant de LVMH le premier groupe de luxe au monde. En onze ans, la valeur du groupe a été multipliée par quinze, tandis que le chiffre d’affaires et le bénéfice ont progressé de 500 %. Bernard Arnault s’appuie sur plusieurs règles de gouvernance14 :

  • Il favorise la décentralisation des prises de décision concernant les marques du groupe. Bernard Arnault considère que la gestion de marques de luxe ne peut fonctionner que dans le cadre d’une organisation décentralisée. Les marques sont considérées comme des maisons à l’histoire familiale. La valeur de chaque marque est en lien étroit avec cette indépendance de pilotage. Chaque entreprise fonctionne indépendamment des autres.
  • Une stratégie d’acquisition tournée autour de marques challengers ou émergentes. Bernard Arnault pense le groupe LVMH autour du principe des « avantages partagés » : les marques les plus solides du groupe permettent de financer celles qui sont en croissance. L’intérêt pour Bernard Arnault est de disposer d’un premier portefeuille de grandes marques issues du domaine du luxe, dont la stabilité est suffisamment garantie. Cette solidité permet d’atténuer les à-coups de la conjoncture et de se concentrer sur de nouvelles acquisitions et le développement du groupe. C’est fort de ce principe qu’il permet par exemple à Christian Lacroix d’ouvrir sa propre maison de couture.

En juillet 1988, Arnault rachète Céline. En 1993 LVMH rachète Berluti et Kenzo. Cette même année, Bernard Arnault rachète le quotidien économique La Tribune sans parvenir à redresser ses ventes malgré des investissements qui s’élèvent à près de 150 millions d’euros15. Il décide en novembre 2007 de revendre le titre pour acquérir l’autre quotidien économique français, Les Échos, pour 240 millions d’euros16.

Les acquisitions s’enchaînent. En 1994, LVMH rachète la maison de parfum Guerlain. En 1996, Arnault rachète Loewe, puis Marc Jacobs etSephora en 1997, Thomas Pink et Make Up For Ever en 1999, Emilio Pucci en 2000, Fendi, DKNY et La Samaritaine en 2001…

À la fin des années 1990, Bernard Arnault fait de l’art le pilier de la stratégie de communication de son groupe en achetant Phillips, le numéro trois mondial de la vente aux enchères pour 125 millions d’euros17, et le premier français de ce même secteur Tajan18.

En 1996, le groupe LVMH de Bernard Arnault acquiert 38 % du capital de Château d’Yquem grand cru classé de Sauternes dans le vignoble bordelais. En 1998, il devint majoritaire avec 64 % des actions. Bernard Arnault mariera d’ailleurs sa fille au château d’Yquem.

Entre 1998 et 2001, il se passionne pour la nouvelle économie et investit notamment dans boo.com, Liberty Surf et Zebank au travers de son holding spécialisé Europatweb. Le krach des valeurs Internet à partir de mars 2000 et plus encore les attentats du 11 septembre 2001 le convainquent d’accélérer sa sortie de ce secteur par cession au groupe Suez. Liberty Surf est vendue à Telecom Italia alors que Zebank est vendue à Egg plc.

Pour symboliser la croissance et la force du groupe LVMH aux États-Unis, Bernard Arnault décide dans les années 1990 de regrouper ses activités au sein d’une même tour à New York. Il choisit Christian de Portzamparc pour réaliser ce projet19, dans lequel il s’implique personnellement20. Le 8 décembre 1999, la tour LVMH est inaugurée en présence de Hillary Clinton21.

En 2005, il devient l’homme le plus riche de France. Selon le classement 2006 du magazine Forbes des plus grandes fortunes de la planète, il passe devant sa compatriote Liliane Bettencourt et entre dans le « top 10 », au 7e rang avec une fortune estimée de 30 milliards de dollars (23,5 milliards d’euros).

En association avec Colony Capital, Groupe Arnault entre dans le capital de Carrefour le 23 mars 2007.

En 2008, il se lance sur le marché du yacht en s’offrant Princess Yachts pour un total de 253 millions d’euros puis en prenant le contrôle de Royal van Lent pour un montant quasiment équivalent22.

En septembre 2012, à la suite des révélations au sujet de sa demande de nationalité belge, le président de LVMH se voit consacrer la « Une » du quotidien Libération, avec ce titre : « Casse-toi riche con ! », et soulève une polémique23. Cette demande est, selon plusieurs experts en droit fiscal24, probablement liée à la création par Bernard Arnault de « Protectinvest », une fondation de droit privé, en Belgique en 2008, pour éviter la dislocation du groupe LVMH lors de son décès en cas de mésentente entre ses héritiers. Une fondation belge permet de remplir trois objectifs pérennes : l’interdiction pendant dix ans de la vente des titres transmis, l’obligation de vote « indissociable », et le choix de l’héritier prenant la tête des affaires parmi les sept héritiers envisagés25 (cinq enfants et deux neveux). L’hypothèse d’organiser un montage fiscal évitant des droits de succession français sensiblement plus élevés qu’en Belgique26 semble caduque, le pacte Dutreil mis en place par la France permettant déjà de faire chuter les droits de successions à un niveau proche de celui de la Belgique25. En janvier 2013, la quasi-totalité de ses actifs du Groupe Arnault et du Groupe familial Arnault ont été transférés en Belgique27,28, et Thierry Breton est à la présidence de cette fondation Protectinvest25.

Le 10 avril 2013, dans un entretien au Monde, Bernard Arnault annonce qu’il retire sa demande de nationalité belge et réaffirme son « attachement à la France »29. Il a ajouté qu’il aurait continué à résider en France et n’avait pas souhaité échapper à l’impôt. Mais en avril 2014, les journalistes deComplément d’enquête (France 2) ont retrouvé des documents prouvant que Bernard Arnault avait bien rempli une déclaration fiscale belge en 2012 et qu’il avait commencé à y payer ses impôts (13 000 euros) avant de revenir en arrière30

Le 18 novembre 2013, le jury des BFM Awards a décerné le prix du Manager BFM 2013, meilleur manager français de l’année, à Bernard Arnault31,32.

En avril 2015, l’étude bisannuel du cabinet VcomV positionne Bernard Arnault à la 9e place de son classement des patrons du CAC 4033.

Fortune et revenus

En 2007, son patrimoine personnel est évalué à 26 milliards de dollars à travers une pyramide de holdings : Montaigne Finance contrôle laFinancière Agache, qui contrôle le holding Christian Dior, qui possède la Financière Goujon, qui détient un peu plus de 42 % de LVMH.

D’après Le Monde diplomatique (no 653, août 2008), son salaire annuel de PDG en 2007 fut de 3 millions d’euros, et il a touché 335 millions d’euros de dividendes par le groupe en 2007. Le magazine Forbes estime que sa fortune s’est accrue de 3 milliards d’euros en un an. En 2008, il a perçu en tant que dirigeant de LVMH 4 millions € (patron le mieux payé de France)34, puis 4,55 millions en 201135.

En 2011, d’après le magazine Forbes, il est la 4e fortune mondiale36. De plus, Bernard Arnault a reçu 414,6 millions d’euros de dividendes et 4,5 millions € de rémunérations en 201137,38.

L’année suivante, le magazine Forbes estime sa fortune à 41 milliards de dollars39, ce qui fait de lui toujours la quatrième fortune mondiale et la première fortune française40 alors que le magazine Challenges estime en 2012 sa fortune à 21 milliards d’euros41 ; son classement change suivant les modes de calcul, mais Bernard Arnault reste dans les 15 premières fortunes mondiales42,43.

Mécénat

Bernard Arnault, amateur et collectionneur d’art, a entrepris de nombreuses actions de mécénat pour valoriser l’image du groupe LVMH et lui donner une dimension plus institutionnelle. Pour développer ses actions de mécénat, Bernard Arnault a fait appel à Jean-Paul Claverie, ancien conseiller de Jack Lang au ministère de la culture. Sous leur impulsion, le groupe LVMH est devenu un acteur important du mécénat en France44.

Le groupe a apporté son soutien à plus d’une dizaine d’expositions parmi lesquelles Le grand monde d’Andy Warhol45 et Picasso et les maîtres46au Grand Palais ou encore L’Atelier d’Alberto Giacometti ainsi que Yves Klein au Centre Georges-Pompidou.

Par ailleurs, la fondation LVMH a créé le « prix LVMH des jeunes créateurs », un concours international ouvert aux étudiants des écoles des Beaux-Arts en France et dans le monde47. Tous les ans, six bourses d’études sont attribuées aux lauréats.

Le groupe met également à la disposition de jeunes musiciens des violons confectionnés par Stradivarius à Crémone. Maxim Vengerov et Laurent Korcia ont bénéficié de ce prêt d’instrument.

En 2006, Bernard Arnault se lance dans le projet de construction de la Fondation Louis-Vuitton pour la création et l’art contemporain48. Le bâtiment a été conçu par l’architecte Frank Gehry à qui l’on doit notamment le musée Guggenheim de Bilbao. Ce projet a été interrompu en janvier 2011 à la suite d’une plainte déposée par les riverains du bois de Boulogne49. Après la reprise des travaux en juin 2011, la dernière pierre du musée a été posée le 18 décembre 2013 en présence de Bernard Arnault et de plus de 400 ouvriers. L’inauguration a eu lieu le 26 octobre 2014 au Jardin d’acclimatation de Paris50.

Le 4 mars 2014 Bernard Arnault reçoit le prix David Rockefeller décerné par le Musée d’art moderne de New York (Museum of Modern Art), qui honore « une personne du monde des affaires, qui est un exemple de générosité éclairée et de promotion des efforts en matière de culture et de civisme »51. Bernard Arnault est le premier non Américain a recevoir ce prix52.

Distinctions

Commandeur de la Légion d’honneur depuis le 10 février 2007, il est élevé53 à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur le 14 juillet 201154.

Bernard Arnault est chevalier de l’ordre de l’Empire britannique depuis 201255.

Bibliographie

  • Nadège Forestier et Nazanine Ravai, Bernard Arnault ou le goût du pouvoir, Paris, Olivier Orban, 1990.
  • Collectif, Patrons et hommes… d’affaires, Les dossiers du Canard no 55, 1995.
  • Nazanine Ravai, La République des vanités, Paris, Grasset, 1997.
  • Bernard Arnault, La Passion créative, entretiens avec Yves Messarovitch, Paris, Plon, 2000 (ISBN 225919432X).
  • Stéphane Marchand, Les guerres du luxe, Fayard, 2001.
  • Airy Routier, L’Ange exterminateur, Paris, Albin Michel, 2003.
  • Benoît Boussemart, « Grandes fortunes, banquiers, politiciens … La collusion des pouvoirs face à la crise », Auch-lez-Orchies, Estaimpuis, 2012(ISBN 9782953270761).

Voir aussi

Documentaires

Liens externes

Autour de Bernard Arnault et l’art

Bernard Arnault : « Je ne crois pas au nationalisme artistique »

LE MONDE | 07.10.2014 à 20h35 • Mis à jour le 17.10.2014 à 11h29 | Propos recueillis par Philippe Dagen

 

Le 24 octobre ouvrira au public la Fondation Louis Vuitton, créée à l’initiative de Bernard Arnault. En 2002, celui-ci en a confié le projet à l’architecte Frank Gehry après une visite au Guggenheim de Bilbao, dont Gehry est l’auteur. Spectaculaire est faible pour qualifier le bâtiment qui s’élève désormais dans le bois de Boulogne. Il a fallu des ingénieurs et des nouveautés techniques pour que le dessin devienne réalité au bout de douze ans de recherches et de travaux. La fondation sera consacrée aux arts d’aujourd’hui. Rencontre avec son fondateur, capitaine d’industrie, collectionneur et mécène, tout cela à une échelle dont la France n’a pas l’habitude.

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Bernard Arnault en septembre 2014 à Paris.

Bernard Arnault en septembre 2014 à Paris. STÉPHANE LAVOUÉ/PASCO POUR « LE MONDE »

Quels ont été vos premiers contacts avec l’art ?

Ils ont commencé très tôt, grâce à ma mère. Alors que j’étais encore très jeune, elle m’a conduit dans les musées proches – nous habitions le Nord. Donc à Lille, à Bruxelles, au Musée Van Gogh à Amsterdam. Ma mère était très attentive à cette éducation et j’ai ainsi été initié au monde de l’art en commençant par les Flamands et les peintres du Nord. A quoi s’ajoutait que l’une de mes grands-mères, morte deux ans avant ma naissance, était une Clouet, descendante du peintre François Clouet.

Quel a été votre premier achat de collectionneur ?

C’était en 1982, à New York. Un jour, je suis allé visiter l’exposition qui précédait une vente, chez Sotheby’s. J’y ai vu un Monet, une vue de Londres datant de 1902, Charing Cross Bridge. Elle m’a ébloui, mais j’ai pensé que jamais je ne pourrais l’acheter. Je suis néanmoins venu à la vente. Le tableau a été proposé, j’ai levé la main… En fait, j’étais le seul enchérisseur. Personne ne voulait de cette toile, sauf moi. J’ai donc pu l’acheter, à ma grande surprise. J’ai compris ensuite pourquoi : à cette époque, un Monet de 1902 était considéré comme une œuvre trop tardive, de moindre importance. Depuis, la réputation et la valeur de ces Monet « tardifs » ont considérablement changé. J’avais eu un coup de chance.

A la même époque, à New York encore, vous achetez vos premiers Basquiat.

J’allais dans les galeries de Soho et c’est ainsi que je l’ai découvert. Depuis, j’ai réuni, je crois, l’une des plus importantes collections privées de Basquiat.

Qu’est-ce qui vous a alors convaincu dans son œuvre ? En 1982, il était loin d’être aussi célèbre qu’aujourd’hui.

Sa très grande puissance créative. Quand j’achète un tableau, je me demande si je peux vivre pendant vingt ans avec lui. Je ne me demande pas si je fais un investissement judicieux, même si cela a pu m’arriver…

Derrière vous, au mur, il y a un dessin très intense de Picasso, une tauromachie. En arrivant, j’ai vu deux grands Dubuffet eux aussi intenses et plutôt satiriques. Nous parlons de Basquiat. Faut-il y voir les indices d’un goût personnel pour l’expressionnisme, le tragique ?

Je ne le pense pas. Il y a des Basquiat très durs, mais aussi d’autres œuvres plus poétiques. Il y a d’autres portraits de Dora Maar par Picasso que ceux où il l’a fait pleurer. Je préfère aux œuvres purement tragiques celles qui offrent une vision plus transposée du monde, un rapport moins immédiat à la signification historique. Il me semble qu’elles sont mieux susceptibles de faire bouger les choses.

A en croire un article paru l’année dernière dans Le Nouvel Observateur, vos quatre artistes vivants préférés seraient Andreas Gursky, Jeff Koons, Bertrand Lavier et Richard Prince. Confirmez-vous ce palmarès ?

Je ne me souviens pas avoir dit cela et faire un choix me paraît un exercice très difficile, peut-être même dépourvu de sens. J’aime les artistes qui me touchent, ceux que vous avez nommés en effet et d’autres. Gerhard Richter est un immense artiste, sans doute le plus grand peintre vivant. Il y a aussi Ellsworth Kelly, Olafur Eliasson.

Avez-vous encore le temps d’aller dans les ateliers ?

Je le prends. Quand je suis à New York, je vais chez Jeff Koons. Il y a quelques jours, en Chine, je suis allé dans celui de Zhang Huan. Plus près d’ici, il y a celui de Yan Pei-Ming.

Plusieurs des artistes que vous avez cités seront montrés bientôt par la Fondation Louis Vuitton. Comment se fait la distinction entre votre collection et celle de la fondation ?

Les acquisitions pour la fondation procèdent d’un dialogue constant avec Suzanne Pagé, directrice artistique de la fondation. Elle me présente des idées, des projets, on en parle. Il m’arrive aussi de proposer des idées. Nous travaillons véritablement ensemble, en dialogue. Parfois, elle me dit : « Achetez ceci pour vous, pas pour le musée ! » On verra à la fondation les œuvres qui lui appartiennent et, parfois, des œuvres de ma collection personnelle, que je prêterai pour l’occasion. On pourrait ainsi imaginer de réunir des Picasso et des Basquiat le temps d’une exposition.

La Fondation Louis Vuitton donc. Pourquoi avoir décidé sa création ?

C’est un désir très ancien. Lors de ma première conversation avec Jean-Paul Claverie, qui est mon conseiller, nous en avions parlé. C’était en 1991.

L’exemple nord-américain vous a-t-il influencé ?

Il est certain que j’ai été très marqué par mon passage aux Etats-Unis dans les années 1980, pour la gestion des affaires, mais aussi pour ce qui est du mécénat. Ce sont des méthodes qui surprenaient en France, dans les années 1990, et qui, aujourd’hui, sont entrées dans les mœurs, en partie du moins. La fondation introduit les usages du secteur privé dans le monde muséal, avec ce que cela signifie de souplesse dans les choix. Je ne suis pas certain qu’une institution publique aurait pu construire ce que Frank Gehry a réalisé : en raison du coût sans doute, mais aussi de la détermination qui était nécessaire pour que le projet soit mené à bien. La puissance publique est plus contrainte, et le dialogue avec l’architecte aurait été probablement plus difficile.

Cela étant, dans le paysage muséal parisien, la fondation vient en complément des institutions publiques, et non en opposition. Une preuve en est que le Centre Pompidou et la fondation ont coordonné leurs calendriers pour présenter deux expositions consacrées à Frank Gehry, qui se feront écho.

Lors de votre première rencontre avec lui, que lui aviez-vous demandé ?

Quand j’avais visité le Guggenheim Bilbao, en 2001, j’avais trouvé l’immeuble formidable, mais j’avais aussi été frappé par sa complexité intérieure et les problèmes qu’elle pouvait poser pour présenter les œuvres. Je lui ai donc demandé de concevoir des espaces dans lesquels il serait possible d’avoir une présentation muséale simple, un intérieur plus rationnel. Dans l’avion du retour vers Los Angeles, il a tracé un premier dessin qu’il a retravaillé en arrivant et nous a envoyé aussitôt.

Un dessin qui vous a surpris ?

Nous connaissions tous l’œuvre de Frank Gehry. Ce qui nous a le plus surpris, c’est la force du rapport entre l’architecture et le paysage parisiens. Il a inscrit dans son dessin la mémoire de la verrière du Grand Palais et plus directement celle du palmarium. C’était une serre monumentale, inaugurée en 1893, l’une des principales attractions du Jardin d’acclimatation du bois de Boulogne. Or, la fondation s’élève à l’emplacement même de ce palmarium. Il faut avoir cela en tête pour comprendre le projet de Gehry.

Comment envisagez-vous, sur le long terme, l’action de la fondation ? Quelle sera par exemple sa politique par rapport à la scène artistique française ?

La fondation a pour mission de montrer les meilleurs artistes. Vivent en France de grands artistes – Christian Boltanski, Bertrand Lavier, Pierre Huyghe et bien d’autres. Ils font d’ores et déjà partie de notre programme. Mais je ne crois pas au nationalisme artistique et je ne vois aucune raison, pour un artiste, de se définir en de tels termes. Qu’il défende son œuvre, pas sa nationalité !

L’action de la fondation doit se définir à l’échelle européenne, sinon à l’échelle mondiale. Je pense ainsi qu’elle doit pouvoir permettre à de jeunes artistes de venir travailler à Paris. Nous réfléchissons dès maintenant à un programme d’aide au séjour – des artistes jeunes, invités pour un an, auxquels la fondation offre un espace de travail. En échange, ils concevraient une œuvre spécifique pour la fondation, peut-être en réagissant à son architecture – comme nous l’avons proposé aux artistes que vous verrez lors de l’ouverture de la fondation.

  • Philippe Dagen
    Journaliste au Monde

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/arts/article/2014/10/07/bernard-arnault-je-ne-crois-pas-au-nationalisme-artistique_4502164_1655012.html#LDs5Swdk9zg7i3JL.99

Autour de Bernard Arnault et l’art

Fondation Louis Vuitton : comment Bernard Arnault est devenu collectionneur

Bernard Genies

Publié20-10-2014 à 13h00Mis à jour le 27-10-2014 à 15h20

Le patron de LVMH ouvre enfin au public les portes de la Fondation Louis-Vuitton, à Paris. Mais pour exposer quelles oeuvres ? Et quel collectionneur est-il donc ? Enquête.

La Fondation Louis-Vuitton, le 17 octobre 2014. (ROMUALD MEIGNEUX/SIPA)La Fondation Louis-Vuitton, le 17 octobre 2014. (ROMUALD MEIGNEUX/SIPA)

Le bâtiment attire le regard : les dalles de verre qui l’enveloppent évoquent, selon les points de vue, les voiles d’un navire ou les élytres tourmentés d’un insecte géant. Implanté au coeur du jardin d’Acclimatation (Paris 16e), à la fois éclaté et compact, l’édifice conçu par l’architecte américain Frank Gehry semble défier les lois de la géométrie. L’intérieur accueille un auditorium et une dizaine de salles d’exposition, qui vont du format studio à la salle haute de 17 mètres, hommage à la chapelle de Ronchamp de Le Corbusier. Deux terrasses, en libre accès, offrent un panorama inédit sur Paris et le bois de Boulogne.

C’est en 2001, après avoir visité le Guggenheim de Bilbao, que Bernard Arnault a décidé de faire appel à Gehry pour construire ce vaisseau destiné à abriter la Fondation Louis-Vuitton. Passionné d’architecture, le président de LVMH aime faire appel à des grands noms : Christian de Portzamparc (pour la tour LVMH sur la 57e Rue à New York), l’agence Sanaa (l’immeuble Dior à Tokyo), Aoki Jun (Tokyo également). Une démarche parallèle au mécénat, LVMH soutenant de grandes expositions à Paris (Cézanne, Picasso et le portrait, Picasso et les maîtres) ou à New York (l’imposante expo Richard Serra au MoMA).

De la maison de vente à la collection

A la fin des années 1990, Bernard Arnault décide d’être aussi présent sur le marché de l’art. En 1998, son grand rival, François Pinault, s’est porté acquéreur de la célèbre maison de ventes Christie’s. L’année suivante, le patron de LVMH décide de l’imiter en achetant, pour 87 millions d’euros, une petite maison anglaise, Phillips, et engage deux grands noms du marché de l’art, Simon de Pury et Daniella Luxembourg (précédemment chez Sotheby’s).

Son ambition : tailler des croupières à Christie’s et à Sotheby’s, les deux mastodontes. Il décide donc d’augmenter ce qu’on appelle les garanties offertes aux vendeurs : pour attirer ceux qui souhaitent mettre leurs oeuvres aux enchères, il offre un prix plancher (acquis même si la vente échoue) bien supérieur à ceux proposés par ses concurrents. La manoeuvre est très risquée. Les garanties se révèlent supérieures aux produits des ventes.Bernard Arnault doit jeter l’éponge après des pertes de l’ordre de 200 millions d’euros. Mais cet échec ne l’éloigne pas du monde de l’art. Le voilà bientôt collectionneur, et doublement, avec un ensemble personnel et un autre destiné à la Fondation Louis-Vuitton.

L’un de ses premiers achats ? Au début des années 1980, alors qu’il habite à New York, il assiste à la mise aux enchères d’une toile de Monet. C’est une des 37 vues de Charing Cross, que l’artiste peignit à Londres entre 1899 et 1904. Seul enchérisseur, Arnault s’en retrouve propriétaire pour une somme qu’il dit aujourd’hui « relativement peu élevée ». Vont suivre des oeuvres de Picasso, Matisse, Germaine Richier, Calder, Rothko, Jean-Michel Basquiat (un de ses peintres favoris), Bernard Buffet (son « Portrait de Christian Dior » est accroché dans un salon de la boutique Dior de l’avenue Montaigne, à Paris).

> Le PDG de Christian Dior couture, Sidney Toledano, en 2008 devant le portrait de Christian Dior, de l’artiste Bernard Buffet. (AFP)

Une collection ad hoc pour la Fondation

Et puis il y a la collection Vuitton. Celle-là est plutôt dédiée à l’art contemporain. Depuis 2006, Suzanne Pagé en assure la direction artistique.

Directrice du Musée d’Art moderne de Paris entre 1988 et 2006, elle y a organisé près de 300 expositions, des grands classiques (Giacometti, Rothko, Bonnard) aux artistes les plus pointus (Adel Abdessemed, Matthew Barney). Son secret ? Un indéfectible enthousiasme qui lui permet d’entretenir de solides relations avec les artistes. Toujours à l’affût, elle a fait du ciel son second royaume, visitant galeries et musées de Londres, New York, Los Angeles, Hongkong ou Shanghai. Elle dit utiliser aussi le « téléphone arabe »ses réseaux lui indiquant les oeuvres qui méritent le détour.

On reconnaît son empreinte dans les choix de la collection Vuitton, où l’on retrouve des artistes français qu’elle a toujours défendus, comme Bertrand Lavier, Pierre Huyghe ou Christian Boltanski (la fondation vient d’acheter son « 6 Septembre » – jour de naissance de l’artiste -, qui projette en accéléré des extraits de journaux télévisés de 1944 à 2004, le visiteur pouvant provoquer un arrêt sur image grâce à un prompteur). D’autres grands noms (Jef Koons, Andreas Gursky, Takashi Murakami, Richard Serra) côtoient ici de jeunes étoiles, comme la brillante Camille Henrot (lion d’argent à la dernière Biennale de Venise).

Aussi pointu que Pinault ?

Combien d’oeuvres comporte cette collection ? Secret d’Etat. « C’est impossible à dire, affirme Suzanne Pagé, la collection est en train de se faire. » 3.000 ou 4.000, comme François Pinault ? La réponse est abrupte : « Cela n’a rien à voir. Les oeuvres que nous achetons sont destinées à rester dans la collection. Pinault, lui, revend certaines de ses pièces. » N’empêche : on retrouve les mêmes artistes chez l’un et l’autre (Rothko, Serra, Koons, Murakami…). Un effet du marché de l’art qui valorise au plus haut les stars du moment. Posséder un Koons, c’est aussi posséder une image sociale.

Le marché est devenu une grande machine à produire de la valeur, explique Stefano Moreni, directeur du département d’art contemporain chez Sotheby’s : « Aujourd’hui, pour constituer une collection d’impressionnistes, il vous faudra un bon quart de siècle pour rassembler une vingtaine de tableaux importants car ils sont rares sur le marché. En art contemporain, les choses vont plus vite. Les artistes sont plus nombreux et produisent davantage. C’est aussi un marché où l’on trouve des oeuvres de jeunes artistes à des prix très intéressants, à partir de 10.000 euros. »

Récemment, un galeriste parisien a vu débarquer François Pinault, qui lui a acheté pour moins de 5.000 euros le tirage d’un jeune photographe quasi inconnu. Et un autre galeriste, l’un des plus importants de la place, le donne gagnant dans le match Arnault-Pinault :

Pinault est viscéralement passionné. Il vient régulièrement chez nous, il rencontre les artistes. Il est deux fois moins riche qu’Arnault, mais achète deux fois plus ! Arnault, je ne l’ai jamais vu chez moi ! »

Dans l’entourage du patron de LVMH, on assure pourtant que celui-ci côtoie des artistes : il a passé une journée avec Balthus dans son chalet suisse peu avant sa mort, a rencontré Serra et Murakami, et Jef Koons est « son ami ». Mais qui, chez les collectionneurs, n’est pas l’ami de Koons ?

Fondation Louis-Vuitton, Paris-16e ; 01-40-69-96-00. Ouverture au public le 24 octobre

http://tempsreel.nouvelobs.com/galeries-photos/photo/20141020.OBS2581/photos-visite-dans-le-vaisseau-vuitton-de-frank-gehry.html?embed=1

 

 

Chen Zhen le thérapeute

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L’archéologie des objets, des flux, purifier et surtout aller trouver la possibilité du pur là où git le déchet, les incantations liées à la répétition des gestes , des voix…Comme si l’histoire était la possibilité de trouver des synergies derrière des affrontements… comme si la force de la vie était toujours de se relocaliser puis rajeunir en s’immergeant, puis résister… une vision de la globalisation où l’on se rend plus actif en s’oubliant, en « passivant » son environnement objectif, en cherchant les points de fuite… regarder les flux des eaux usées des WC collectifs, être chacun de son côté, les filles et les garçons, mais oser l’écoute de l’autre ou risquer le regard. Quand Chen Zhen rejoint Yu Hua in Brothers.Les bruits et les déchets mélangés auront vite été associés aux flux financiers du Stock Exchange . L’intérieur des corps, le monde des viscères, ce qui en exulte, ce qui se répand, la petite cabane qui s’ouvre, le microcosme-macrocosme, on se déjoue de la promiscuité, on partage les sons et les flux, la Chine du prosaïsme communiste qui devient la Chine internationale, de l’urbanisation galopante, le côte à côte de chacun, le vieux et le renouveau, le vertical qui vient rompre l’horizontal… Tuer le rapport au temps, superposer différentes couches archéologiques par un regard du futur… diagnostiquer la récurrence des symptômes pour trouver la thérapie efficace… s’asseoir, faire circuler ses énergies internes, construire toujours de nouvelles chaises…médecin et patient

Battle of the fashion foundations: Prada vs Louis Vuitton – Reviews – Artintern.net

Fondazione Prada in Milan (photo: Bas Princen) and Fondation Louis Vuitton in Paris (photo: eyepreferparis)

It is a quiet weekday when I visit the Prada Foundation in Milan, which opened on 8 May. Covering 19,000 sq. m of courtyards and alleys, it inspires a desire to wander, explore the former distillery and discover the stunning buildings reshaped or newly built by the Dutch architect Rem Koolhaas. Inaugurated a week after the World Expo opened in the capital of design and fashion, and next door to Prada’s headquarters, it wants to become the new international venue for contemporary art. But today it is mostly attracting people fr om the city, at least to a pastiche of an Italian cafe fr om the 1950s, designed by the filmmaker Wes Anderson. The site offers both charm and slight discomfort: with its golden tower, mostly unchanged warehouses and a cinema covered with interlaced, reinforced aluminium threads, initially conceived for armoured vehicles, a military device versus the “precious touch” of the gold-leaf desired by Miuccia Prada. A huge, 60-metre tower is still under construction in the museum complex.

Architecture can be at its best when it surprises the visitor and makes him or her happy to see a Polanski movie alongside ancient Roman sculptures in a huge glass box, a Damien Hirst fishtank in a brewery silo or Thomas Demand’s 36-tonne cardboard grotto in a dark labyrinth. There are works by Ed Kienholz, as well as by Bruce Nauman and by Pino Pascali, an artist much cherished by Ms Prada. But there are also less well-known, or younger artists, such as Nathalie Djurberg from Sweden. In the golden tower, which Prada and Koolhaas nicknamed the “haunted house” because of its derelict appearance, visitors can see, through a grate in the floor, a red heart glittering under running water, surrounded by gravel and dead leaves—an installation by Robert Gober conceived in 2010. So the site can carry highly sophisticated pieces that all fit and work very well in these varied spaces. The architectural ambitions and the artistic requirements are all fulfilled. But it also works as a museum: form with function. And that is the main characteristic of the Prada Foundation, which may put an end to a historical period in which the architecture itself was the dominant act.

Three weeks after the opening, it is too early to have a reliable analysis of the foundation’s success with the public. But a spokesman for the foundation says the team is “very happy with visitor numbers”. On Saturdays and Sundays up to 2,500 people come to the site. On weekdays there are a lot of groups taking guided tours. The classical sculpture show was a surprise to many, but Prada thought it would have been “too predictable to start with a contemporary show” drawn from the collection she has formed with her husband Patrizio Bertelli. The couple has put on exhibitions for two decades now, including opening a palazzo in Venice, with the star in-house curator Germano Celant. The shows were often, however, disappointing and even ridiculed, like the ugly hijacking of Giacometti’s statues as mannequins by John Baldessari or the sanitised and politically-correct revival (one could say “burial”) of a seminal Arte Povera show, contradicting the quintessential spirit of the movement. But here, for its main inaugural show, organised by the scholar Salvatore Settis, the new venue in Milan displays a smart presentation of ancient statues on resin bases, with loans from the Louvre, the Vatican, the British Museum and Dresden, in a successful exploration of great Italian heritage.

In Paris too, wh ere the Louis Vuitton Foundation opened its Frank Gehry-designed museum last October, its chief curator Suzanne Pagé expresses the need to confront contemporary art at its roots, this time in the 20th century. This is the key of her first spectacular show (until 6 July), showing icons like Matisse’s Dance from the Hermitage, or The Scream from the Munch Museum in Oslo. Unlike Prada, Pagé is still a fan of the white-box concept (sigh), but her elegant display almost excuses the excessive extravaganza of such a compilation of the most valuable paintings on the planet. It’s almost as if Bernard Arnault, founder of the Louis Vuitton Foundation and head of the luxury group LVMH, is making a statement about his enormous influence in today’s world.

The foundation is very keen to explain that no loan has been paid for, although LVMH’s sponsorship of exhibitions and its partnerships with financially-strapped public museums certainly helped to convince directors to part with their precious masterpieces. “Money is not an issue here” is the motto that leaps out at you in both the Prada and Vuitton Foundation museums, although in Paris it is thrown into high relief on the building’s facade by the almost vulgar silver logo of Louis Vuitton—the star company in the LVMH group. On weekends, the museum welcomes around 4,500 visitors a day. Monthly, it attracts around 100,000, doubling initial expectations. Jean-Paul Claverie, Arnault’s aide who has been in charge of the project from the start, is more than satisfied: “When you open, you know you are making a bold move, but you have no idea whether people will come. And more importantly, how they will perceive it. We are very happy to see how they are engaging here with the architecture.” The winding terraces and galleries showing striking works by Sigmar Polke or Olafur Eliasson, and Andy Warhol’s self-portraits as well as a frieze by Gilbert and George and works by Jean-Michel Basquiat are the stars of a new exhibition opening on 2 June. Musical programmes connected with pop art will follow after the first concerts held by Kraftwerk and the pianist Lang Lang in the stunning auditorium.

The foundation opened with a show on the building itself: the architecture is the first work of art here. Indeed, the building is the most spectacular artistic gesture in Paris since the opening of the Pompidou Centre almost 40 years ago and in the wake of a series of urban disasters, like the Montparnasse Tower (which Gehry carefully hid behind the Eiffel tower in the view from the foundation’s terrace), the modern La Défense district, the commercial centre in Les Halles or the Jussieu university campus.

As Claverie explains, the idea of the new museum started when he convinced his boss to visit Frank Gehry’s Guggenheim in Bilbao. Fifteen years later, in a much more restricted space, the architect used the same language with a dance of veils, inspired by Jørn Utzon’s sea-monster scales for the Sydney Opera House.

Now, though, they are made of glass, filtering and changing with the light throughout the day. Gehry used glass panels for his Condé Nast cafeteria in Times Square in New York in the 1990s—but in Paris glass had to be used to convince the mayor of the project’s worth. The city council owns the ground and will be the outright owner of the museum after 50 years. Parliament even had to pass a bill making the museum a project of national interest to overcome legal objections from neighbours in the Bois de Boulogne. Gehry had to dig deep into the ground and imagine Piranesi-like staircases and viewpoints to create more space, because he was not permitted more than one floor.

He had also to deal with Pagé, a curator full of energy who led the Museum of Modern Art in Paris for 30 years before taking charge of Arnault’s collection. “Curators hate Bilbao,” Gehry told The Art Newspaper. “At some point, in a museum, you need to have straight walls”, replies Pagé with a smile. And she got them. The galleries under the ground floor are white parallelepipeds (spaces bounded by six parallelograms), with little transition to Gehry’s glass veils above. The risk is that the combination could give the impression of a Belle Epoque hat set on top of shoeboxes. The “chapels” on the terraces with their skylights, curves and straight lines mix the two styles, although they are not easy to occupy for any artist.

In Bilbao, Gehry’s Guggenheim museum has long been criticised for overwhelming the art shown inside it, but worse was to come with Zaha Hadid’s Maxxi in Rome, a self-centred mausoleum, ignoring the surroundings, the history of the “Eternal City” and the museum it is supposed to shelter. Even Jean Nouvel, who slaughtered the galleries of the Quai Branly Museum in Paris, is now integrating museography in the Louvre in Abu Dhabi due to open in autumn 2016.

In Milan and in Paris, both foundations are in their distinct ways ending a period when museum architecture has been all about effect and offered nothing about content; architecture that draws crowds but ignores the urban and historical context, the display of art or the visitors’ delight and, perhaps above all, the needs of curators. After all as Claverie says, “we are doing all this, not for the brand, certainly not for the money, but to show our respect to history and culture, from wh ere these brands come… and to be loved.”

Liu Biolin et les autres!

Si heureuse de voir Liu Biolin en chair et en os! lui qui se dissimule toujours derrière ses oeuvres!
L’homme caché! derrière le drapeau rouge, derrière des slogans, contre des murs, contre tout!

Et maintenant Hacker pour mieux nous surprendre
Refuse d’être considéré comme un artiste chinois
Je suis un artiste, c’est tout, et je vise l’universel, l’esprit!
Je fuis la politique de la Chine pour être un citoyen du monde!

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