L’art, nouvelle passion des centres commerciaux

Faire ses courses comme on irait voir une exposition, c’est la tendance marketing en vogue dans les grands magasins. Ou quand les temples de la consommation se prennent pour des musées…

LE MONDE ECONOMIE | • Mis à jour le | Par Nicole Vulser

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Installation de l'œuvre d’Amy O'Neill « Post-Prom, 1999-2017 ». Exposition "Always Someone Asleep and Someone awake" à la Galerie des Galeries aux Galeries Lafayette Hausmann à Paris, le 28 novembre. Salle d'exposition réalisée par l'architecte Pascal Grasso.

Miami, Dallas, Hongkong, Tokyo, Shanghaï, Paris, Metz ou Cagnes-sur-Mer, même combat. Les centres commerciaux et les grands magasins ne jurent plus que par les expositions d’art contemporain. Dès 1975, le pape du pop art, Andy Warhol, prophétisait : « Un jour, tous les grands magasins deviendront des musées et tous les musées deviendront des grands magasins. » Il avait vu juste.

Jeudi 30 novembre, la Galerie des Galeries présentera une nouvelle exposition aux Galeries Lafayette, boulevard Haussmann, à Paris, « Always someone asleep and someone awake », une réflexion sur la fête. « Un espace non marchand de 300 m2 accessible gratuitement à nos 100 000 clients quotidiens, uniquement pour que l’art soit accessible au plus grand nombre », explique Guillaume Houzé, directeur de l’image et de la communication du groupe. Les quarante premières expositions ont été vues par 12 000 à 15 000 visiteurs dans ce lieu coincé au premier étage au fond d’un couloir, à deux pas du rayon des marques de prêt-à-porter ultrachic. De l’image ? De la communication luxueuse ? A ses yeux, sans doute.

« Les grands magasins doivent raconter des histoires. Aujourd’hui plus que jamais», explique Guillaume Houzé, directeur de l’image et de la communication des Galeries Lafayette.

Egalement président de la Fondation d’entreprise Galeries Lafayette, qui ouvrira au printemps dans le quartier du Marais à Paris, M. Houzé poursuit une traditionfamiliale. En 1946, en effet, les Galeries exposaient déjà Nicolas de Staël ou Alberto Giacometti. Et sa grand-mère à poigne, Ginette Moulin, elle-même petite-fille du cofondateur du grand magasin Théophile Bader, a constitué une importante collection d’art contemporain.

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L’artiste Amy O'Neill pendant l'installation de son œuvre « Post-Prom, 1999-2017 » aux Galeries Lafayette Hausmann à Paris, le 28 novembre.

L’artiste Amy O’Neill pendant l’installation de son œuvre « Post-Prom, 1999-2017 » aux Galeries Lafayette Hausmann à Paris, le 28 novembre. CYRUS CORNUT POUR « LE MONDE »

« Les grands magasins doivent raconter des histoires. Aujourd’hui plus que jamais », assure l’héritier qui s’est entouré de conseillers ad hoc. « Les artistes ont cette capacité de susciter l’émerveillement, la discussion. » D’où ces commandes pérennes aux artistes Xavier Veilhan dans le magasin homme ou encore Pieter Vermeersch à Biarritz et Cécile Bart à Nantes. M. Houzé assure que l’ouverture de la fondation destinée à montrer la collection familiale ne modifiera en rien le budget consacré aux expositions et aux commandes dans les magasins. Budget qu’il ne dévoile pas pour autant…

Lire aussi :   Une fondation artistique pour les Galeries Lafayette

Un supplément d’âme

Ce concept d’intégration d’œuvres d’art dans temples de la consommation est né aux Etats-Unis, dans les centres commerciaux américains, les malls en anglais. En 1985, les propriétaires du NorthPark Center à Dallas, également collectionneurs fondus de sculpture, Raymond et Patsy Nasher, y installent de façon permanente des œuvres majeures d’Andy Warhol, Barry Flanagan, John Chamberlain, Henry Moore ou Roy Lichtenstein. « Les Américains ont tracé la voie pour faire des malls à la fois un lieu de commerce et de vie », estime Jérôme Sans, cofondateur du Palais de Tokyo.

A Metz, en Moselle, le centre commercial Muse (dont la foncière Apsys est propriétaire et gestionnaire), qui a ouvert le 21 novembre, fait la part belle à quatre artistes, dont le chantre de l’art cinétique Julio Le Parc, qui a signé un gigantesque mobile composé de carrés de Plexiglas bleu. Quatre commandes dont les choix ont été présélectionnés par deux agences spécialisées, Manifesto et Eva Albarran & Co. Cette initiative vise à « enrichir le “parcours client”, susciter de l’émotion, ouvrir à la culture un public pas forcément friand de musée », explique-t-on chez Apsys. Enrober le commerce, en quelque sorte ? Pousser à acheter davantage en ajoutant un supplément d’âme destiné à déculpabiliser le consommateur ? Rien n’est jamais dit de façon aussi brutale.

Lire aussi :   A Metz, Muse entre dans sa phase finale

Tous les deux ans, au moment de la FIAC, la Foire internationale d’art contemporain, organisée chaque octobre dans la capitale, le centre commercial parisien de Beaugrenelle – dont Apsys est aussi gestionnaire – donne carte blanche à des artistes. Le Suisse Felice Varini vient de réaliser une œuvre monumentale et colorée, après le « Showcase #1 : Think Big », qui présentait de jeunes artistes chinois en 2015. La production de ces expositions temporaires est financée sur le budget marketing de Beaugrenelle. « Le coût des œuvres d’art à Metz ? C’est “peanuts” dans le budget de 160 millions d’euros de travaux », affirme la direction de la communication d’Apsys.

Ai Weiwei au Bon marché

Dans ce mélange de commerce et d’ambition muséale, les frontières s’estompent au point que les centres commerciaux et les grands magasins proposent désormais des médiateurs pour expliquer le travail des artistes et offrent aussi, selon les âges, des ateliers pour enfants.

Ces acteurs qui se piquent d’art rivalisent désormais dans leur programmation. Détenu par LVMH, le Bon Marché, à Paris, a réussi un grand coup en produisant la première exposition en France, en janvier 2016, de créations originales de l’artiste chinois le plus en vue, Ai Weiwei. Bon nombre de directeurs de musée ont pâli d’envie devant la puissance de feu du grand magasin de la rive gauche. Une concurrence frontale pour les musées ? Frédéric Bodenes, directeur artistique du Bon Marché depuis dix-sept ans, assure que les animaux légendaires en bambou suspendus dans l’atrium et les figures mythologiques installées dans les vitrines « ont coûté moins cher à produire que d’acheter la plus petite œuvre d’Ai Weiwei vendue cette année à la FIAC (450 000 euros) ».

Lire aussi :   Les grands magasins parisiens résistent en beauté

L’artiste japonaise Chiharu Shiota, qui tisse des œuvres monumentales en fil, a succédé au trublion chinois. Une autre star adoubée du milieu de l’art contemporain, dans ce grand magasin fondé par Aristide Boucicaut où furent exposés les artistes refusés du salon officiel en 1875… « On a un discours assez puriste, on est capable de dédier toutes nos vitrines à un artiste. C’est gonflé », observe M. Bodenes. Il expose aussi ses « coups de cœurs » photographiques, plus éclectiques et moins médiatiques, dans une petite galerie au rez-de-chaussée. Au sein de LVMH, M. Bodenes dit rester absolument autonome dans le choix des artistes.

Le risque de la banalisation

Cette liberté d’action, Jérôme Sans la revendique sans partage, lui à qui Unibail-Rodamco et la Socri ont confié l’élaboration d’un parcours artistique dans le centre de shopping Polygone Riviera de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes). « En France, associer le commerce et l’art est encore suspect. Pourtant l’Etat, les villes et les régions ne peuvent plus être les seuls responsables économiques de la culture », assure le directeur artistique, certain que « s’intéresser à la culture, pour les entreprises, est une responsabilité sociétale ».

Consulté pendant la construction de Polygone Riviera pour apporter une offre culturelle dans cette zone périurbaine, Jérôme Sans a choisi onze œuvres pérennes – certaines réalisées spécifiquement pour le site. Elles ont été acquises pour 3 millions d’euros par Unibail-Rodamco. Ses choix artistiques renvoient à la pluralité des pratiques de l’art contemporain – entre Ben, Daniel Buren, César, Wang Du ou Jean-Michel Othoniel. Souhaitant faire de Polygone Riviera « l’écho de ceux qui font la culture dans la région », Jérôme Sans a présenté des sculptures de Joan Miro prêtées par la Fondation Maeght au cours de l’été 2016, avant de faire une exposition personnelle de Philippe Ramette l’année suivante.

« Ce n’est plus le public qui vient à ma rencontre, mais l’inverse. C’est très stimulant », confie l’artiste Philippe Ramette.

Si l’image des centres commerciaux en sort grandie, quel avantage les artistes en tirent-ils ? Dans le meilleur des cas, soit ils bénéficient d’honoraires, soit le centre leur achète une œuvre, ou bien leur passe une commande dont ils resteront propriétaires. Selon Philippe Ramette, qui a réalisé une installation sous la coupole des Galeries Lafayette Haussmann et réalisé un parcours de sculptures à Cagnes-sur-Mer, « ces expériences ont permis de renverser les choses, ce n’est plus le public qui vient à ma rencontre, mais l’inverse. C’est très stimulant ». Dans les deux cas, le public est infiniment plus important que celui des galeries ou des lieux d’exposition traditionnels. Polygone Riviera a comptabilisé plus de 7 millions de visiteurs l’an dernier. Le seul danger vient de la banalisation des œuvres, qui risquent de devenir de simples objets de décoration auprès d’un public venu pour faire ses courses.

En Asie, l’art est devenu la norme. Pour Jérôme Sans, qui a dirigé à Pékin entre 2008 et 2012 l’Ullens Center for Contemporary Art (UCCA), « la culture s’est imposée à une allure folle dans les espaces quotidiens des Chinois ». En témoigne le Parkview Green Museum ouvert par Huang Jianhua à Pékin. Ou encore les K11 – lieux qui mélangent art et commerce – d’Adrian Cheng, à Hongkong et à Shanghaï, où est présentée en ce moment une partie de sa collection de vidéos. Ce milliardaire qui cherche à démocratiser l’art travaille le plus souvent en collaboration avec des musées. Et non des moindres, comme le MoMA PS1 à New York ou encore le Centre Pompidou. Sa seule condition consiste à inclure la jeune garde chinoise dans les projets. Pour leur donner toujours plus de visibilité. C’est bien là le nerf de la guerre culturelle mondiale.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/29/l-art-nouvelle-passion-des-centres-commerciaux_5222196_3234.html#a5m4QhQqLiCO7LMg.99

En Chine, la disgrâce du  » petit timonier  » du Web

23 novembre 2017
l’histoire du jour

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Officiel flamboyant, Lu Wei s’est montré avec les grands noms de l’Internet. A Tim Cook d’Apple, il expliquait qu’il n’appartenait pas à la firme à la pomme mais au régulateur chinois de décider quelles données sont privées sur un appareil. Il s’asseyait sans se gêner dans le fauteuil de Mark Zuckerberg lors d’une visite au siège de Facebook dans la Silicon Valley en  2014 et le patron du réseau social – inaccessible en Chine – avait pris soin de poser sur son bureau le recueil de discours du président Xi Jinping. S’est-il trop mis en avant aux yeux de l’homme fort de Pékin ? A-t-il été rattrapé par des dossiers du passé ou sacrifié dans les jeux de pouvoir du XIXe Congrès qui s’est tenu en octobre ? La commission d’inspection du parti unique n’a donné aucun détail, mardi 21  novembre, si ce n’est que M. Lu est sous le coup d’une enquête pour  » graves violations de la discipline du parti « , formule synonyme de corruption et qui a été utilisée pour tous les officiels ayant subi la purge sous M. Xi.

Lu Wei avait gravi les échelons au sein de l’agence de presse officielle, Chine Nouvelle, l’un des organes de la propagande, d’abord au niveau local, dans la province méridionale du Guangxi dans le courant des années 1990, puis au siège, à Pékin, durant la décennie suivante. Il est nommé en  2011 maire adjoint chargé de la propagande pour la capitale avant de prendre, au printemps 2013 lorsque M. Xi devient président, la tête de l’administration qui contrôle les contenus auxquels les 700  millions d’internautes chinois ont accès. Même s’il préfère éviter le mot  » censure « , il revendique le contrôle. Sous son mandat est lancé en  2015 un chant,  » L’Esprit du cyberespace « , explicite dès les premières paroles :  » Avec loyauté et dévotion, nous veillons jour et nuit sur notre domaine, pour servir notre mission à l’heure où le soleil se lève sur l’Orient. « 

M.  Lu a semblé un temps utile à M. Xi, qui se veut le père d’une nouvelle puissance chinoise, dans une relation d’égal à égal avec les Etats-Unis. Lu Wei avance alors le concept de  » souveraineté sur Internet  » : la Chine n’aurait plus à rougir de sa Grande muraille du Web et l’Occident n’aurait plus à lui faire la morale. En  2014, Lu Wei avait lancé une conférence sur ce thème, et les patrons du Web américains et chinois s’y pressaient chaque année depuis. L’espoir d’accéder au marché chinois, où de s’y maintenir, justifie bien de faire du zèle : M.  Zuckerberg avait demandé en  2015 à M. Xi, devant un Lu Wei souriant, de lui suggérer un nom pour son premier enfant.

En juin  2016, la presse officielle avait annoncé que M. Lu quittait l’Administration du cyberespace de Chine, le ministère du Web, pour devenir directeur adjoint du département de la propagande. Les observateurs s’étaient alors demandé s’il avait du souci à se faire ou s’il hériterait d’une plus belle promotion lors du XIXe Congrès du PCC, à l’automne 2017. Le congrès est passé. Lu Wei a été vu à son dernier jour, le 24  octobre, non pas dans la capitale mais dans le bastion révolutionnaire de Yan’an (centre), où il enjoignait les cadres locaux à  » se soumettre à la vision du dirigeant Xi Jinping « . Quelques jours plus tôt, déjà, lors d’une visite au Zhejiang (est), il n’était reçu ni par le secrétaire du parti ni par le gouverneur de la province.

Harold Thibault

© Le Monde

Auchan et Alibaba

Auchan et Alibaba s’allient et bousculent le commerce traditionnel

Par Le Petit Journal Shanghai | Publié le 20/11/2017 à 20:55 | Mis à jour le 20/11/2017 à 20:55
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C’est officiel, le groupe de grande distribution français Auchan va s’allier au géant chinois du commerce électronique Alibaba pour développer le commerce physique et numérique en Chine.

Aux termes de leur alliance, Alibaba, propriété du multimilliardaire Jack Ma, va investir 2.4 milliards d’euros (19 milliards de RMB) dans Sun Art Retail Group, l’un des principaux exploitants d’hypermarchés de Chine, dont Auchan possède plus du tiers du capital.

 

Quand les magasins « en dur » rencontrent l’e-commerce …

« La nouvelle alliance permettra à l’ensemble des activités de Sun Art de bénéficier de l’écosystème digital d’Alibaba », expliquent les deux groupes dans un communiqué. Si Auchan est déjà bien présent en Chine sur internet avec la vente de vins, l’enseigne française va profiter de la force de frappe d’Alibaba sur les autres produits alimentaires.

Plus généralement, Alibaba veut utiliser son immense collecte de données d’usagers en ligne pour aider les magasins physiques à mieux s’adapter aux fluctuations de la consommation, en anticipant les besoins avec des stocks adéquats. En retour, le géant de l’e-commerce mise sur ces points de vente pour affiner ses algorithmes, diversifier ses circuits de livraison et doper ses commandes.

 

L’avènement du tout automatisé

Auchan faisait déjà ses premiers essais dans les commerces tout automatisés, après avoir testé le concept depuis l’été. De ce fait, Sun Art se prépare à déployer en Chine des mini-supérettes entièrement automatisées et sans personnel, sous la marque « Auchan Minute ».
Dans ces toutes petites surfaces, les clients scannent et règlent avec leur smartphone des articles du quotidien : un geste intuitif pour des consommateurs chinois habitués aux systèmes de paiement électronique.

Sources : Le monde.fr, le parisien.fr

McDonald’s change de nom et séduit un marché prometteur en Chine

Par Le Petit Journal Shanghai | Publié le 29/10/2017 à 09:59 | Mis à jour le 29/10/2017 à 10:11
Photo : McDonald’s change de nom

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McDonald’s change de nom en Chine. Si l’enseigne qui ambitionne de doubler le nombre de restaurants, restera bien la même, à l’avenir les Chinois ne parleront plus du roi du Big Mac de la même manière.

Désormais ils ne prononceront plus McDonalds (ou plus exactement Maidanglao, dans sa version en mandarin) mais « Arches d’or » (Jingongmen).

La décision vient d’être annoncée via le compte officiel de la franchise McDonald’s sur le réseau social chinois Weibo. Mais elle a été prise le 12 octobre, selon le journal économique chinois Caixin.

 

Une avancée à pas de velours

En 2022, 32 ans après l’ouverture du premier restaurant McDonald’s en Chine, il pourrait y en avoir 4.500 répartis dans le pays. Soit 2.000 de plus d’aujourd’hui.

Pour ce faire, le spécialiste de la restauration rapide entend élargir sa présence aux petites et moyennes villes chinoises, perçues comme des gisements de croissance : ces agglomérations « de troisième et quatrième catégories » représenteront 45 % des restaurants McDo dans le pays en 2022.

 

1,4 milliards de clients potentiels

« La Chine sera bientôt notre plus grand marché en dehors des Etats-Unis », a assuré Steve Easterbrook, PDG de McDonald’s, cité dans un communiqué. Pour lui, la région chinoise est un laboratoire des « nouvelles dynamiques de consommation » – notamment les profits tirés des paiements dématérialisés et commandes en ligne.

Alors que son nombre de clients américains diminue aux Etats-Unis et qu’il a dû y réduire son nombre de restaurants (14.155 en 2016), le géant du hamburger lorgne les 1,4 milliard de clients potentiels que compte la Chine. Y aura-t-il bientôt une densité de restaurant « McDo » équivalente à celle des Etats-Unis, à savoir un restaurant pour 23.000 habitants ?

Source : les echos.fr

Comme memo sur les artistes chinois les plus connus…

Top 10 des artistes contemporains chinois à connaître

Par Caroline Boudehen | Publié le 29/10/2017 à 10:22 | Mis à jour le 29/10/2017 à 12:14
Photo : Une oeuvre de l’artiste chinois Yue Minjun

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Depuis le début du millénaire, l’art contemporain, s’il a toujours été présent, s’est affirmé, poussé par l’ouverture et la croissance de la Chine. Portée par un nouveau souffle, ses forces vives se sont dévoilées au monde et s’y sont projetés avec succès. Peintres, photographes, perfomers, vidéastes, artistes multimédias…et bien souvent tout cela à la fois, le visage de l’artiste contemporain chinois se démarque par son engagement et son regard nouveau sur son pays d’origine. Emergents ou déjà établis, voici une sélection des dix artistes visuels, acteurs et témoins du renouvellement de la Chine. 

 

Yue Minjun

Né en 1962 à Daqing, Yue Minjun vit et travaille à Pékin. Considéré comme une icône de l’art contemporain (qui n’a pas vu ou aperçu au détour d’une boutique ou d’une galerie ses fameux « rires » …) il est le représentant le plus connu des jeunes artistes chinois du « réalisme cynique ». L’artiste s’est fait connaître par ses œuvres monumentales dont le thème central est le rire, chargé de différents sens et lui permettant de « cacher son impuissance » selon ses termes ou de caricaturer l’uniformisation de la société chinoise.

Légende image ci-dessus : Yue Minjun, Free Sky No. 1, 2012 , Huile sur toile, 100x90cm

 

Liu Wei

Liu Wei est né en 1972 à Pékin, où il vit et travaille actuellement. Issu de la nouvelle génération d’artistes chinois, Liu Wei « ne part pas d’un matériau ou d’une technique […] » selon ses termes. « J’ai une idée et je pense à la façon de l’exprimer ». Travaillant ainsi avec de nombreux médias, l’artiste élabore des critiques culturelles et spirituelles, allant de « paysages » composés de fesses photographiées et de sculptures de déjection monumentales incluant des figurines de soldats et des composants électroniques, à des sculptures de villes en ruine. Des pièces évocatrices qui commentent l’urbanisation et le matérialisme dans une Chine en évolution rapide.

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Liu Wei, Library V-I, 2008-2015, Livres, bois, fer, et autres matières diverses, 250×140×145cm

 

Zhang Xiaogang

Né en 1958 à Kunming, Zhang Xiaogang vit entre le Sichuan et Pékin. Célèbre pour ses séries Bloodline, portraits stylisés et souvent monochromatiques (noir et blanc) de familles chinoises, le peintre symboliste surréaliste évoque à travers les poses de ces personnages la tradition chinoise des portraits familiaux de la Révolution culturelle, avec une facture directement inspirée du surréalisme européen. La critique a salué ses peintures et les a qualifiées de « portraits de l’âme chinoise moderne ». Récemment, il a également créé des sculptures à partir de ces personnages, qui ont également connu un succès international. Aujourd’hui, l’artiste est considéré comme l’un des plus importants de sa génération et est un des favoris des collectionneurs étrangers.

En avril 2011, son œuvre triptyque « Forever Lasting Love » de 1988 a été vendue à Hong Kong pour 79 millions de HK $ ( soit 10,1 millions de dollars US), un prix d’enchères record pour une œuvre d’art contemporain de Chine.

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Zhang Xiaogang, Bloodline, 2005, Huile sur toile, 200x260cm

 

Gu Wenda

Wenda Gu est né en 1955 à Shanghai. Il est considéré comme un pionnier dans l’appropriation de la peinture traditionnelle chinoise et de la calligraphie dans ses projets conceptuels. L’artiste, qui a une formation en peinture à l’encre classique, a exploré les possibilités radicales du médium à travers des séries d’installations environnementales et des œuvres semi-abstraites à grande échelle. Il s’est beaucoup intéressé aux thèmes du régionalisme, de l’identité nationale, de l’universalité et du fossé entre la langue et la culture. Le plus célèbre de ses projets s’intitule les Nations Unies (commencées en 1993), pour lequel l’artiste a recueilli des cheveux humains de pays du monde entier, et les a tissés dans des bannières avec des textes composés dans des langues imaginaires. Il a récemment exposé au Minsheng Art Museum (Pudong) à Shanghai, musée dont il avait enveloppé la totalité de la structure avec des milliers de lampions jaunes.

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Gu Wenda, Red Light in Heaven – Shanghai Station, 2016, au Shanghai 21st Century Minsheng Art Museum

 

Zhang Huan

Zhang Huan est né en 1965 dans la province du Henan. Aujourd’hui il est un des artistes contemporains les plus influents et aussi l’un des plus provocateurs. Il utilise son corps, nu le plus souvent, comme toile et comme pinceau, le transformant en œuvre à part entière. Les idées que l’artiste a explorées dans ses premières performances, conçues comme des explorations existentielles et des commentaires sociaux, l’ont menées à la pratique de studio plus traditionnelle lorsqu’il a déménagé à Shanghai en 2005, après avoir vécu et travaillé pendant huit ans à New York. De magnifiques photographies immortalisent ses performances. « Zhang Huan est certainement le plus grand artiste de performance qui soit. Il intègre sa performance à son travail classique et, inversement, il transforme sa performance en une œuvre durable« , a déclaré le commissaire d’exposition et critique d’art William Zhao au journal Le Monde en 2011. Il est aujourd’hui l’un des chouchous des grands mécènes français (comme Bernard Arnaud et François Pinault).

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Zhang Huan, Q-Confucius No. 2, 2011, Silicone, acier, carbone, fibre, acrylique, 380.2×980.7×660.4cm

 

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Lin Tianmao

Lin Tianmao est née en 1961 à Taiyuan, et vit et travaille maintenant à Pékin. Lin Tianmiao est l’une des premières femmes artistes chinoises à obtenir une reconnaissance internationale. Elle est connue pour sa pratique de l’enroulement de fil – habituellement de la soie, des cheveux, du coton ou du feutre – avec lequel elle attache étroitement des objets trouvés et manufacturés. Chargée par sa mère d’embobiner le coton dans sa jeunesse, l’artiste reprend aujourd’hui le même geste pour le transformer en œuvre et surtout en questionnement. Le travail de l’artiste étudie son propre rôle social et la relation entre l’identité et le contexte social, en interrogeant l’identité de la femme. Mieux connue pour ses installations à grande échelle, l’artiste pratique également la sculpture, la photographie, la vidéo et une variété d’autres médias. « On m’appelle souvent « artiste féminine chinoise ». Mais je dirais plutôt : Je suis une artiste, je suis une femme et je suis chinoise. » affirme Lin Tianmao. « Être une femme artiste signifie que vous avez la responsabilité d’exposer l’état actuel du féminisme et de la mentalité des femmes en Chine » selon ses termes. En effet, tout au long de sa carrière, Lin Tianmiao a abordé l’ambivalence des femmes dans la Chine contemporaine envers les traditions patriarcales séculaires… Et dont les explorations résonnent dans l’ensemble des cultures à travers le monde.

Lin Tianmiao, Duckling Yellow, 2012 , Fils, morceaux de bois, os synthétiques, 116.8×96.5cm, copyright : Galerie Lelong & Co.

 

 

Cao Fei

Cao Fei est née en 1978 à Guangzhou. Elle est l’une des jeunes artistes chinoises les plus innovantes à avoir émergée sur la scène internationale. Habitant actuellement à Pékin, elle mélange le commentaire social, l’esthétique populaire, les références au surréalisme et l’aspect documentaire dans ses films et ses installations. Ses œuvres reflètent les changements rapides et chaotiques qui se produisent dans la société chinoise aujourd’hui. Ses œuvres ont été exposées dans plusieurs biennales et galeries internationales comme la Serpentine Gallery, Tate Modern (Londres) le MoMA (New York), la Fondation Louis Vuitton, Palais de Tokyo et Centre Pompidou (Paris).

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Cao Fei, RMB City: A Second Life City Planning by China Tracy (aka: Cao Fei), 2007, vidéo en couleurs, avec son.

 

Lu Guang

Lu Guang est né en 1961, dans la province du Zhejiang, en Chine. Il est aujourd’hui un des plus grands photo-reporters chinois. Il s’est passionné par la photographie depuis qu’il a tenu un appareil photo pour la première fois, alors qu’il travaillait dans une usine de sa ville natale. Après avoir suivi des cours à l’Académie des Beaux-Arts de l’Université Tsinghua à Pékin, il devient photographe indépendant. Depuis 1993 Il a développé de grands projets documentaires en Chine, de sa propre initiative, sur les chercheurs d’or, les ouvriers des mines de charbon, la toxicomanie le long de la frontière sino-birmane, les villages du sida dans la province du Henan, la pollution industrielle et les effets médicaux de la schistosomiase. Ses images ont parcouru le monde entier et lui ont valu trois World Press Photo Awards. Son travail à propos de la déforestation de la forêt du Congo est actuellement visible à la galerie Beaugeste (Blood Wood jusqu’au 28/02/2018). A ne pas manquer !

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Qiu Zhijie

Qiu Zhijie est né en 1969 à Zhangzhou, il vit et travaille aujourd’hui à Pékin. Il est connu pour sa pratique basée sur le texte et la calligraphie, qui englobe la photographie, la performance, l’installation, la peinture et la vidéo. Ses travaux explorent la lutte de l’affirmation de soi, particulièrement en référence à l’histoire chinoise. Artiste reconnu, il se consacre depuis dix ans à la création de cartes : ses représentations politiques, historiques et poétiques du monde. Parmi ses œuvres les plus célèbres, on retrouve sa série Tattoo (commencée en 1994), dans laquelle l’artiste a peint des mots (en rouge) sur son propre corps.

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Qiu Zhijie, Map of Art and China after 1989: Theater of the World, 2017, encre sur papier, monté sur soie, six panneaux, 240 cm
(droit : courtoisie de l’artiste).

 

Liu Bolin

Liu Bolin est né en 1973 dans la province de Shandong. Il vit et travaille aujourd’hui à Pékin. Artiste contestataire et activiste performer populaire dans le monde entier grâce à ses photos de lui-même dissimulé dans ses paysages, il est connu sous le nom de l’ »homme invisible ». Ses œuvres les plus populaires sont Hiding in the City (« se cacher dans la ville »), une série photographique qui a débuté en tant que performance en 2005 (et qu’il a été possible de voir récemment à la Galerie Magda Danysz, qui le représente à Shanghai). Initialement sculpteur, Il appartient à la génération qui est arrivée à maturité dans les années 1990, lorsque la Chine a commencé à profiter de la croissance économique rapide et une relative stabilité politique. Depuis sa première exposition personnelle à Pékin (1998), les travaux de Liu Bolin ont reçu une reconnaissance internationale.

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Liu Bolin, Puffed Food, 2011, Photographie, impression de pigments, Edition:x/8, 118.1×149.9cm, série Hiding in the City, copyright : HG Contemporary.

Big data meets Big Brother as China moves to rate its citizens

In Wired

The Chinese government plans to launch its Social Credit System in 2020. The aim? To judge the trustworthiness – or otherwise – of its 1.3 billion residents


Kevin Hong

On June 14, 2014, the State Council of China published an ominous-sounding document called « Planning Outline for the Construction of a Social Credit System ». In the way of Chinese policy documents, it was a lengthy and rather dry affair, but it contained a radical idea. What if there was a national trust score that rated the kind of citizen you were?

Imagine a world where many of your daily activities were constantly monitored and evaluated: what you buy at the shops and online; where you are at any given time; who your friends are and how you interact with them; how many hours you spend watching content or playing video games; and what bills and taxes you pay (or not). It’s not hard to picture, because most of that already happens, thanks to all those data-collecting behemoths like Google, Facebook and Instagram or health-tracking apps such as Fitbit. But now imagine a system where all these behaviours are rated as either positive or negative and distilled into a single number, according to rules set by the government. That would create your Citizen Score and it would tell everyone whether or not you were trustworthy. Plus, your rating would be publicly ranked against that of the entire population and used to determine your eligibility for a mortgage or a job, where your children can go to school – or even just your chances of getting a date.

A futuristic vision of Big Brother out of control? No, it’s already getting underway in China, where the government is developing the Social Credit System (SCS) to rate the trustworthiness of its 1.3 billion citizens. The Chinese government is pitching the system as a desirable way to measure and enhance « trust » nationwide and to build a culture of « sincerity ». As the policy states, « It will forge a public opinion environment where keeping trust is glorious. It will strengthen sincerity in government affairs, commercial sincerity, social sincerity and the construction of judicial credibility. »

Others are less sanguine about its wider purpose. « It is very ambitious in both depth and scope, including scrutinising individual behaviour and what books people are reading. It’s Amazon’s consumer tracking with an Orwellian political twist, » is how Johan Lagerkvist, a Chinese internet specialist at the Swedish Institute of International Affairs, described the social credit system. Rogier Creemers, a post-doctoral scholar specialising in Chinese law and governance at the Van Vollenhoven Institute at Leiden University, who published a comprehensive translation of the plan, compared it to « Yelp reviews with the nanny state watching over your shoulder ».

For now, technically, participating in China’s Citizen Scores is voluntary. But by 2020 it will be mandatory. The behaviour of every single citizen and legal person (which includes every company or other entity)in China will be rated and ranked, whether they like it or not.

Kevin Hong

Prior to its national roll-out in 2020, the Chinese government is taking a watch-and-learn approach. In this marriage between communist oversight and capitalist can-do, the government has given a licence to eight private companies to come up with systems and algorithms for social credit scores. Predictably, data giants currently run two of the best-known projects.

The first is with China Rapid Finance, a partner of the social-network behemoth Tencent and developer of the messaging app WeChat with more than 850 million active users. The other, Sesame Credit, is run by the Ant Financial Services Group (AFSG), an affiliate company of Alibaba. Ant Financial sells insurance products and provides loans to small- to medium-sized businesses. However, the real star of Ant is AliPay, its payments arm that people use not only to buy things online, but also for restaurants, taxis, school fees, cinema tickets and even to transfer money to each other.

Sesame Credit has also teamed up with other data-generating platforms, such as Didi Chuxing, the ride-hailing company that was Uber’s main competitor in China before it acquired the American company’s Chinese operations in 2016, and Baihe, the country’s largest online matchmaking service. It’s not hard to see how that all adds up to gargantuan amounts of big data that Sesame Credit can tap into to assess how people behave and rate them accordingly.

So just how are people rated? Individuals on Sesame Credit are measured by a score ranging between 350 and 950 points. Alibaba does not divulge the « complex algorithm » it uses to calculate the number but they do reveal the five factors taken into account. The first is credit history. For example, does the citizen pay their electricity or phone bill on time? Next is fulfilment capacity, which it defines in its guidelines as « a user’s ability to fulfil his/her contract obligations ». The third factor is personal characteristics, verifying personal information such as someone’s mobile phone number and address. But the fourth category, behaviour and preference, is where it gets interesting.

Under this system, something as innocuous as a person’s shopping habits become a measure of character. Alibaba admits it judges people by the types of products they buy. « Someone who plays video games for ten hours a day, for example, would be considered an idle person, » says Li Yingyun, Sesame’s Technology Director. « Someone who frequently buys diapers would be considered as probably a parent, who on balance is more likely to have a sense of responsibility. » So the system not only investigates behaviour – it shapes it. It « nudges » citizens away from purchases and behaviours the government does not like.

Friends matter, too. The fifth category is interpersonal relationships. What does their choice of online friends and their interactions say about the person being assessed? Sharing what Sesame Credit refers to as « positive energy » online, nice messages about the government or how well the country’s economy is doing, will make your score go up.

Alibaba is adamant that, currently, anything negative posted on social media does not affect scores (we don’t know if this is true or not because the algorithm is secret). But you can see how this might play out when the government’s own citizen score system officially launches in 2020. Even though there is no suggestion yet that any of the eight private companies involved in the ongoing pilot scheme will be ultimately responsible for running the government’s own system, it’s hard to believe that the government will not want to extract the maximum amount of data for its SCS, from the pilots. If that happens, and continues as the new normal under the government’s own SCS it will result in private platforms acting essentially as spy agencies for the government. They may have no choice.

Posting dissenting political opinions or links mentioning Tiananmen Square has never been wise in China, but now it could directly hurt a citizen’s rating. But here’s the real kicker: a person’s own score will also be affected by what their online friends say and do, beyond their own contact with them. If someone they are connected to online posts a negative comment, their own score will also be dragged down.

So why have millions of people already signed up to what amounts to a trial run for a publicly endorsed government surveillance system? There may be darker, unstated reasons – fear of reprisals, for instance, for those who don’t put their hand up – but there is also a lure, in the form of rewards and « special privileges » for those citizens who prove themselves to be « trustworthy » on Sesame Credit.

If their score reaches 600, they can take out a Just Spend loan of up to 5,000 yuan (around £565) to use to shop online, as long as it’s on an Alibaba site. Reach 650 points, they may rent a car without leaving a deposit. They are also entitled to faster check-in at hotels and use of the VIP check-in at Beijing Capital International Airport. Those with more than 666 points can get a cash loan of up to 50,000 yuan (£5,700), obviously from Ant Financial Services. Get above 700 and they can apply for Singapore travel without supporting documents such as an employee letter. And at 750, they get fast-tracked application to a coveted pan-European Schengen visa. « I think the best way to understand the system is as a sort of bastard love child of a loyalty scheme, » says Creemers.

Higher scores have already become a status symbol, with almost 100,000 people bragging about their scores on Weibo (the Chinese equivalent of Twitter) within months of launch. A citizen’s score can even affect their odds of getting a date, or a marriage partner, because the higher their Sesame rating, the more prominent their dating profile is on Baihe.

Sesame Credit already offers tips to help individuals improve their ranking, including warning about the downsides of friending someone who has a low score. This might lead to the rise of score advisers, who will share tips on how to gain points, or reputation consultants willing to offer expert advice on how to strategically improve a ranking or get off the trust-breaking blacklist.

Indeed, Sesame Credit is basically a big data gamified version of the Communist Party’s surveillance methods; the disquieting dang’an. The regime kept a dossier on every individual that tracked political and personal transgressions. A citizen’s dang’an followed them for life, from schools to jobs. People started reporting on friends and even family members, raising suspicion and lowering social trust in China. The same thing will happen with digital dossiers. People will have an incentive to say to their friends and family, « Don’t post that. I don’t want you to hurt your score but I also don’t want you to hurt mine. »

We’re also bound to see the birth of reputation black markets selling under-the-counter ways to boost trustworthiness. In the same way that Facebook Likes and Twitter followers can be bought, individuals will pay to manipulate their score. What about keeping the system secure? Hackers (some even state-backed) could change or steal the digitally stored information.

The new system reflects a cunning paradigm shift. As we’ve noted, instead of trying to enforce stability or conformity with a big stick and a good dose of top-down fear, the government is attempting to make obedience feel like gaming. It is a method of social control dressed up in some points-reward system. It’s gamified obedience.

In a trendy neighbourhood in downtown Beijing, the BBC news services hit the streets in October 2015 to ask people about their Sesame Credit ratings. Most spoke about the upsides. But then, who would publicly criticise the system? Ding, your score might go down. Alarmingly, few people understood that a bad score could hurt them in the future. Even more concerning was how many people had no idea that they were being rated.

Currently, Sesame Credit does not directly penalise people for being « untrustworthy » – it’s more effective to lock people in with treats for good behaviour. But Hu Tao, Sesame Credit’s chief manager, warns people that the system is designed so that « untrustworthy people can’t rent a car, can’t borrow money or even can’t find a job ». She has even disclosed that Sesame Credit has approached China’s Education Bureau about sharing a list of its students who cheated on national examinations, in order to make them pay into the future for their dishonesty.

Penalties are set to change dramatically when the government system becomes mandatory in 2020. Indeed, on September 25, 2016, the State Council General Office updated its policy entitled « Warning and Punishment Mechanisms for Persons Subject to Enforcement for Trust-Breaking ». The overriding principle is simple: « If trust is broken in one place, restrictions are imposed everywhere, » the policy document states.

For instance, people with low ratings will have slower internet speeds; restricted access to restaurants, nightclubs or golf courses; and the removal of the right to travel freely abroad with, I quote, « restrictive control on consumption within holiday areas or travel businesses ». Scores will influence a person’s rental applications, their ability to get insurance or a loan and even social-security benefits. Citizens with low scores will not be hired by certain employers and will be forbidden from obtaining some jobs, including in the civil service, journalism and legal fields, where of course you must be deemed trustworthy. Low-rating citizens will also be restricted when it comes to enrolling themselves or their children in high-paying private schools. I am not fabricating this list of punishments. It’s the reality Chinese citizens will face. As the government document states, the social credit system will « allow the trustworthy to roam everywhere under heaven while making it hard for the discredited to take a single step ».

According to Luciano Floridi, a professor of philosophy and ethics of information at the University of Oxford and the director of research at the Oxford Internet Institute, there have been three critical « de-centering shifts » that have altered our view in self-understanding: Copernicus’s model of the Earth orbiting the Sun; Darwin’s theory of natural selection; and Freud’s claim that our daily actions are controlled by the unconscious mind.

Floridi believes we are now entering the fourth shift, as what we do online and offline merge into an onlife. He asserts that, as our society increasingly becomes an infosphere, a mixture of physical and virtual experiences, we are acquiring an onlife personality – different from who we innately are in the « real world » alone. We see this writ large on Facebook, where people present an edited or idealised portrait of their lives. Think about your Uber experiences. Are you just a little bit nicer to the driver because you know you will be rated? But Uber ratings are nothing compared to Peeple, an app launched in March 2016, which is like a Yelp for humans. It allows you to assign ratings and reviews to everyone you know – your spouse, neighbour, boss and even your ex. A profile displays a « Peeple Number », a score based on all the feedback and recommendations you receive. Worryingly, once your name is in the Peeple system, it’s there for good. You can’t opt out.

Peeple has forbidden certain bad behaviours including mentioning private health conditions, making profanities or being sexist (however you objectively assess that). But there are few rules on how people are graded or standards about transparency.

China’s trust system might be voluntary as yet, but it’s already having consequences. In February 2017, the country’s Supreme People’s Court announced that 6.15 million of its citizens had been banned from taking flights over the past four years for social misdeeds. The ban is being pointed to as a step toward blacklisting in the SCS. « We have signed a memorandum… [with over] 44 government departments in order to limit ‘discredited’ people on multiple levels, » says Meng Xiang, head of the executive department of the Supreme Court. Another 1.65 million blacklisted people cannot take trains.

Where these systems really descend into nightmarish territory is that the trust algorithms used are unfairly reductive. They don’t take into account context. For instance, one person might miss paying a bill or a fine because they were in hospital; another may simply be a freeloader. And therein lies the challenge facing all of us in the digital world, and not just the Chinese. If life-determining algorithms are here to stay, we need to figure out how they can embrace the nuances, inconsistencies and contradictions inherent in human beings and how they can reflect real life.

Kevin Hong

You could see China’s so-called trust plan as Orwell’s 1984 meets Pavlov’s dogs. Act like a good citizen, be rewarded and be made to think you’re having fun. It’s worth remembering, however, that personal scoring systems have been present in the west for decades.

More than 70 years ago, two men called Bill Fair and Earl Isaac invented credit scores. Today, companies use FICO scores to determine many financial decisions, including the interest rate on our mortgage or whether we should be given a loan.

For the majority of Chinese people, they have never had credit scores and so they can’t get credit. « Many people don’t own houses, cars or credit cards in China, so that kind of information isn’t available to measure, » explains Wen Quan, an influential blogger who writes about technology and finance. « The central bank has the financial data from 800 million people, but only 320 million have a traditional credit history. » According to the Chinese Ministry of Commerce, the annual economic loss caused by lack of credit information is more than 600 billion yuan (£68bn).

China’s lack of a national credit system is why the government is adamant that Citizen Scores are long overdue and badly needed to fix what they refer to as a « trust deficit ». In a poorly regulated market, the sale of counterfeit and substandard products is a massive problem. According to the Organization for Economic Co-operation and Development (OECD), 63 per cent of all fake goods, from watches to handbags to baby food, originate from China. « The level of micro corruption is enormous, » Creemers says. « So if this particular scheme results in more effective oversight and accountability, it will likely be warmly welcomed. »

The government also argues that the system is a way to bring in those people left out of traditional credit systems, such as students and low-income households. Professor Wang Shuqin from the Office of Philosophy and Social Science at Capital Normal University in China recently won the bid to help the government develop the system that she refers to as « China’s Social Faithful System ». Without such a mechanism, doing business in China is risky, she stresses, as about half of the signed contracts are not kept. « Given the speed of the digital economy it’s crucial that people can quickly verify each other’s credit worthiness, » she says. « The behaviour of the majority is determined by their world of thoughts. A person who believes in socialist core values is behaving more decently. » She regards the « moral standards » the system assesses, as well as financial data, as a bonus.

Indeed, the State Council’s aim is to raise the « honest mentality and credit levels of the entire society » in order to improve « the overall competitiveness of the country ». Is it possible that the SCS is in fact a more desirably transparent approach to surveillance in a country that has a long history of watching its citizens? « As a Chinese person, knowing that everything I do online is being tracked, would I rather be aware of the details of what is being monitored and use this information to teach myself how to abide by the rules? » says Rasul Majid, a Chinese blogger based in Shanghai who writes about behavioural design and gaming psychology. « Or would I rather live in ignorance and hope/wish/dream that personal privacy still exists and that our ruling bodies respect us enough not to take advantage? » Put simply, Majid thinks the system gives him a tiny bit more control over his data.

Kevin Hong

When I tell westerners about the Social Credit System in China, their responses are fervent and visceral. Yet we already rate restaurants, movies, books and even doctors. Facebook, meanwhile, is now capable of identifying you in pictures without seeing your face; it only needs your clothes, hair and body type to tag you in an image with 83 per cent accuracy.

In 2015, the OECD published a study revealing that in the US there are at least 24.9 connected devices per 100 inhabitants. All kinds of companies scrutinise the « big data » emitted from these devices to understand our lives and desires, and to predict our actions in ways that we couldn’t even predict ourselves.

Governments around the world are already in the business of monitoring and rating. In the US, the National Security Agency (NSA) is not the only official digital eye following the movements of its citizens. In 2015, the US Transportation Security Administration proposed the idea of expanding the PreCheck background checks to include social-media records, location data and purchase history. The idea was scrapped after heavy criticism, but that doesn’t mean it’s dead. We already live in a world of predictive algorithms that determine if we are a threat, a risk, a good citizen and even if we are trustworthy. We’re getting closer to the Chinese system – the expansion of credit scoring into life scoring – even if we don’t know we are.

So are we heading for a future where we will all be branded online and data-mined? It’s certainly trending that way. Barring some kind of mass citizen revolt to wrench back privacy, we are entering an age where an individual’s actions will be judged by standards they can’t control and where that judgement can’t be erased. The consequences are not only troubling; they’re permanent. Forget the right to delete or to be forgotten, to be young and foolish.

While it might be too late to stop this new era, we do have choices and rights we can exert now. For one thing, we need to be able rate the raters. In his book The Inevitable, Kevin Kelly describes a future where the watchers and the watched will transparently track each other. « Our central choice now is whether this surveillance is a secret, one-way panopticon – or a mutual, transparent kind of ‘coveillance’ that involves watching the watchers, » he writes.

Our trust should start with individuals within government (or whoever is controlling the system). We need trustworthy mechanisms to make sure ratings and data are used responsibly and with our permission. To trust the system, we need to reduce the unknowns. That means taking steps to reduce the opacity of the algorithms. The argument against mandatory disclosures is that if you know what happens under the hood, the system could become rigged or hacked. But if humans are being reduced to a rating that could significantly impact their lives, there must be transparency in how the scoring works.

In China, certain citizens, such as government officials, will likely be deemed above the system. What will be the public reaction when their unfavourable actions don’t affect their score? We could see a Panama Papers 3.0 for reputation fraud.

It is still too early to know how a culture of constant monitoring plus rating will turn out. What will happen when these systems, charting the social, moral and financial history of an entire population, come into full force? How much further will privacy and freedom of speech (long under siege in China) be eroded? Who will decide which way the system goes? These are questions we all need to consider, and soon. Today China, tomorrow a place near you. The real questions about the future of trust are not technological or economic; they are ethical.

If we are not vigilant, distributed trust could become networked shame. Life will become an endless popularity contest, with us all vying for the highest rating that only a few can attain.

This is an extract from Who Can You Trust? How Technology Brought Us Together and Why It Might Drive Us Apart (Penguin Portfolio) by Rachel Botsman, published on October 4. Since this piece was written, The People’s Bank of China delayed the licences to the eight companies conducting social credit pilots. The government’s plans to launch the Social Credit System in 2020 remain unchanged

La transformation d’Estée Lauder

How Estée Lauder Is Making Its Global Brand Locally Relevant in China

The American premium beauty brand Estée Lauder has, of late, had huge success in the Chinese market. During the fourth quarter of the fiscal year 2017, the brand’s parent company, Estée Lauder Companies (ELC), saw a whopping 40-percent growth in China, in stark contrast to the increase of the global sales at nine percent during the same period.

Jing Daily caught up with Tricia Nichols, ‎the brand’s Vice President of Global Consumer Marketing and Engagement and Jon Roman, the Vice President of Online, after Nichols’ presentation at Women’s Wear Daily‘s “Digital Forum: New York” last week.

In this interview, Nichols and Roman reveal the secrets of Estée Lauder’s China strategy, including how to use WeChat and Weibo to sell on Tmall. They also identify some of the best ways to understand and engage with Chinese consumers, which is a constantly evolving demographic, according to Nichols.

Jing Daily: How does the company adapt its marketing strategy to attract a Chinese audience? 
Tricia Nichols: We do know that it is an evolving growing market. The way Chinese customers consume beauty (products) is evolving constantly. So we have constantly revised our strategy, as we develop new products. We are driving our own inspiration, education, innovation and trial.

In terms of strategy, we do have a very strong local team there that is running operations in China. They really do understand Chinese consumers. They work very closely with our regional team which is based in Hong Kong, and our global team here in New York. In that way, we are really sharing and maximizing the chances of identifying what Chinese consumers are looking for.

Estée Lauder has a highly sophisticated social media strategy in China. How important is WeChat and Weibo to you? Which platform has served your business goals better so far?
Tricia Nichols: These two channels are both very important to our strategy for, not only the awareness, but an engagement standpoint. And also because they are really a part of this broader, all-in-one ecosystem. So Weibo and WeChat are two of the largest social media platforms, they keep growing and we want to grow with them.

We have adopted a different strategy for each platform because they are quite unique in their own way. We see Weibo as a more grab-and-keep platform. People really get to know our brand and also amplify the content through story-telling. And for WeChat, it is obviously a communication tool. The brand engagement is through the platform. It helps convert people into customers. WeChat is the major platform for us to drive online to offline.

Jon Roman: The importance of WeChat linking to our brand’s e-commerce site is also extremely important.

How Does Estee Lauder Use WeChat to Manage Customer Relationship?
Tricia Nichols: WeChat is a one-to-one platform for a lot of things. It offers us great opportunity to create the message and nice interaction from an engagement standpoint. There is also a customer service element to it, such as how it links back to our e-commerce site.

Jon Roman: For example, with WeChat, we have a hub linking to our loyalty program, we have a hub linking to our Beauty Advisors – that’s really how we communicate our service to our customers.

In China, Estée Lauder sells both on Alibaba’s Tmall, the country’s biggest e-commerce platform, and your own Chinese official website. Why is Tmall a crucial sales channel? 
Jon Roman: I think, on Tmall, we are really a leader in global prestige beauty brands. We look at Tmall as an incredible opportunity to reach consumers, especially in Tier 3 and Tier 4 cities, where we don’t have the product distribution. It allows us to reach and learn more about consumers and how to target and communicate with them.

Also because [Tmall] has so much data, it offers a lot of insights about consumers. That really helps us change our approach to our consumers. [On the other hand], I think having our own e-commerce site is also extremely important because it is the pure expression of the brand. We will create our own technology, service and experience. We can talk in detail about our services, like our loyalty program, with a link to our WeChat account.

Estée Lauder appointed Chinese actress Yang Mi to be its brand ambassador earlier this year. Why does the brand need a local ambassador? What kind of role does the company expect her to play?
Tricia Nichols: This is how we see Yang Mi: she is one of the most influential women in China, especially on Weibo. We see her as a really obvious choice to inspire and engage with Chinese women and beauty consumers. She has proven to be, for us, a perfect choice. Her first campaign with us was back in February. That was retweeted one million times and automatically upped our sales by over 170 percent in the first month of launch. She is really as connected, inspiring and engaging as we had hoped.

China is leading in the online-to-offline (O2O) commerce development. Major e-commerce players such as Alibaba and JD.com have worked with high-end brick-and-mortar retailers to connect online shopping to offline retail. What is Estée Lauder’s online-to-offline strategy?
Jon Roman: We are evolving our strategy to drive the in-store experience 365 days a year, by providing memorable experiences based on skincare or make-up services, unique and engaging activities around festivals such as Chinese New Year, Women’s Day, and discovering activities around our best products. We also host consumer and KOL events both in our freestanding stores and in pop-up stores. Because our stores are a pure expression of the brand, the market predominantly leverages local influencers and spokespeople like Wang Kai and Yang Mi in these brand environments. They have been incredibly successful from both an engagement and sales perspective, with Yang Mi closing down our store in Zhengzhou due to the high consumer turnout.

What are some of the biggest challenges for Estée Lauder to further profit from the Chinese market?
Tricia Nichols: For Chinese consumers, as we see it, their way of shopping, their way of consuming beauty, their way of being inspired is always evolving and changing. So you know it is one challenge that we must be on top of to evolve with them. We need to understand the trends and develop the products with them. Another challenge is how to be a global brand in China that is locally relevant.