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Brigitte Macron : son marathon mode chic et choc au Maroc

Publié le 16 juin 2017 à 09h35

Brigitte Macron : son marathon mode chic et choc au Maroc
© Abaca

C’est une sortie d’avion royale digne de Kate Middleton ! Mercredi, Emmanuel et Brigitte Macron ont atterri au Maroc pour leur premier voyage d’état au Maghreb. A cette occasion, la Première dame française n’a pas dérogé à son style élégant. A la sortie d’avion, à Rabat, Brigitte Macron s’est affichée dans une petite robe blanche signée Louis Vuitton, au look 60s, rappelant le style Courrèges. Et bien sûr, elle portait, comme à son habitude, un petit sac à main de la griffe au monogramme.
L’épouse du président a passé la journée au musée national d’art contemporain de Rabat en compagnie de la princesse Lalla Salma, l’épouse du roi Mohammed VI. Les deux femmes ont visité l’exposition Picasso, tandis que le roi et le président français se sont entretenus dans le palais royal.

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Dans la soirée, le couple présidentiel français a rompu le jeûne du ramadan au palais en compagnie du couple royal, du prince héritier Moulay El Hassan et de la princesse Lalla Oum Kalthoum. A cette occasion, Brigitte Macron s’était changée et avait opté pour une robe noire, zippée à l’avant, au léger imprimé léopard.

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Le succès du style Brigitte Macron

Depuis quelques mois, les looks de Brigitte Macron n’en finissent plus de faire parler. Le soir de la victoire d’Emmanuelle Macron à l’élection présidentielle, son épouse portait une veste zippée, encore signée Louis Vuitton, qui a rapidement fait le buzz sur la Toile. Le jour de la passation de pouvoir, son ensemble bleu a encore fait du bruit. Une icône mode est née.

http://www.elle.fr/gallery/embed/3711716/Brigitte-Macron-%C3%A0-l%E2%80%99Elys%C3%A9e-:-son-style-de-First-Lady

Japon quand tu nous tiens!

Le mal, ce voisin sans visage

Kiyoshi Kurosawa confirme son statut de maître dans l’art de l’inquiétante étrangeté nipponne

 

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On a peine à croire qu’on découvrait voici déjà vingt ans Kiyoshi Kurosawa, figure de la post-nouvelle vague nippone, cinéaste prodigue venu des formats amateurs, spécialiste des tournages rapides et des séries B, rénovateur inspiré du cinéma de genre et plus particulièrement du film de fantôme, symbole, en un mot, d’une nouvelle génération en mouvement. Il faudrait donc se résoudre à admettre que même les jeunes finissent par devenir vieux, sauf qu’à 61 ans, Kurosawa, passé maître dans l’art de l’inquiétante étrangeté nippone, démontre par le rythme et la vigueur de son art exactement le contraire.

Ainsi, Creepy, film bien frappé de serial killer, sort-il sur les écrans français alors qu’Avant que nous disparaissions, récit de science-fiction quasi conceptuel, vient tout juste d’être découvert à Cannes. L’effet de renouvellement perpétuel est ici accentué par le fait que le premier, polar qui fait jouer au chat et à la souris un flic obsessionnel et un cri-minel agissant par procuration, -renvoie expressément à Cure (1997), œuvre fondatrice de la découverte du cinéaste sur le plan international.

Nettement coupé en deux, Creepy dévide dans sa première partie la bobine lancinante de l’enquête, sous le signe du passé qui ne passe pas et de l’inéluctable retour du même. Une scène originelle, à l’économie sèche et terrifiante, introduit ce propos. C’est une séquence d’interrogatoire dans un commissariat. Après s’être absenté un instant de la pièce, l’inspecteur chargé de la chose retrouve le policier qui devait garder le prisonnier gisant dans une flaque de sang et la pièce vide. Branle-bas de combat, course-poursuite, on rattrape le psychopathe in extremis, qui prend une femme en otage avec un couteau. L’inspecteur s’approche sans arme, tente de négocier avec lui, mais l’homme le frappe au ventre, puis égorge la femme. Fin de la séquence et délivrance de sa morale expresse : le mal n’est pas une entité négociable. C’est une force opaque et malfaisante, qui vous terrasse si vous lui prêtez le flanc.

Sous cette sombre invocation, le récit commence quelque temps plus tard, alors que l’inspecteur, guéri de sa blessure, s’installe avec sa femme dans la banlieue verdoyante de Tokyo, inaugurant en même temps que leur nouvelle maison une carrière d’enseignant en criminologie. Cette tranquillité chèrement acquise, il ne se passera pas longtemps avant qu’elle ne soit de nouveau inquiétée, par cela même qui l’avait rendue si désirable. Deux fronts s’ouvrent soudain pour l’ex-inspecteur Takakura, destinés à se rejoindre en cauchemar.

Un front domestique, avec la découverte d’un voisin plus qu’inquiétant en la personne de M.  Nishino, qui habite une maison avec sa fille, adolescente visiblement terrorisée, et une femme malade qu’on ne voit jamais. Teruyuki Kagawa, remarquable interprète du voisin, se livre ici à un exercice d’admiration de Peter Lorre qui vaut son pesant de sueur froide. En l’absence de l’ex-policier bientôt happé par une nouvelle enquête, le labile Nishino menace, puis séduit mystérieusement l’épouse de celui-ci, Yasuko, fragilisée sans doute par sa solitude et son insatisfaction. Sur le front professionnel, c’est un collègue enseignant qui relance inexorablement Takakura sur la piste d’une vieille affaire jamais résolue, impliquant un psychopathe massacreur de familles, toujours en liberté.

Une atmosphère d’aquariumCe double mouvement, tel une asymptote, ménage extraordinairement ses effets. Il laisse planer un doute sur l’identité et la nature réelles de Nishino, il instille un trouble embarrassant sur le comportement inexplicable de Yasuko, il désigne enfin l’enquête obstinée de Takakura comme une recherche aveuglante de lui-même, voire comme le journal d’une conjugalité qui bat de l’aile. Les dominantes grises et vertes évoquant une atmosphère d’aquarium, les personnages qui tournent si souvent le dos à la caméra, le fréquent partage du plan en profondeur entre deux scènes distinctes, sont autant de composantes formelles qui soutiennent l’inquiétude et l’incertitude de cette première partie. Lesquelles vont finir, dans la -surprenante deuxième partie du film, par exploser sur une -réalité qui n’a d’autre visage que celui de l’horreur.

C’est – les amateurs du genre le savent mieux que quiconque – le prix à payer pour ceux qui ont refusé de voir ce qui leur pendait sous le nez, probablement parce qu’ils avaient trop peur de s’y reconnaître. La question se règle donc désormais en sous-sol, dans une sorte de crypte sordide où tout ce qui ne pouvait ni se voir ni se commettre au grand jour se donne libre cours, entre sujétion criminelle et conditionnement artisanal des cadavres. Amateur à sa manière de cellule familiale, le psychopathe est ici un parasite qui la contamine et la détruit, énonçant probablement à son sujet une vérité qui n’est pas bonne à dire. Banal dans les films d’horreur, le motif de l’enlèvement et de la claustration se double ici d’une dilution de la responsabilité criminelle, qui n’est pas sans rappeler celle qui caractérisait le serial killer à personnalité multiple de Split (2016), de M. Night Shyamalan. N’est-ce pas alors le visage de la société actuelle – dérégulée et dématérialisée – qui apparaît, dans laquelle le mal lui-même n’a plus de visage ?

Jacques Mandelbaum

© Le Monde

Le naturisme en Chine

En Chine, des naturistes culottés défient la morale

in Actu.Orange.fr

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 Des naturistes rassemblés autour d

Des naturistes rassemblés autour d’une piscine en plein air dans une banlieue de Pékin le 4 septembre 2016

L’eau n’est qu’à 16 degrés mais une quarantaine d’hommes, nus comme des vers, profitent du soleil dans un bassin extérieur isolé en banlieue de Pékin. « Ici, c’est le paradis des naturistes chinois », proclame Zhen, 18 ans, un tigre tatoué sur la poitrine.

Le petit étang, situé en contrebas d’une ligne à haute tension, d’un bâtiment préfabriqué et d’une colline arborée, est l’unique et improbable lieu naturiste de la capitale chinoise. Et l’un des rares de Chine.

Le pays a une tradition de pudeur: les décolletés sont rares, la pornographie interdite et la nudité strictement limitée dans les films. Pourtant, le naturisme défraye la chronique depuis une dizaine d’années et les espaces réservés — même non-mixtes comme celui de Pékin — sont régulièrement fermés par les autorités.

Mais à Fangshan, en périphérie de la capitale, d’irréductibles baigneurs de tout poil, gens du cru ou ouvriers venus d’autres régions, bravent la morale à un kilomètre d’une zone habitée.

« Ça fait 20 ans que des gens se baignent nus ici. On n’y prête même plus attention », assure à l’AFP un villageois de 84 ans, qui précise toutefois que des riverains se sont plaints aux autorités.

« On ne dérange personne. Évidemment, il faut aussi respecter les habitants », déclare en se shampouinant Xiao Li, un cadre dans la chimie qui a découvert le lieu via des collègues de travail et y vient pour « évacuer la pression ».

Derrière lui, des quinquagénaires bronzés — sans aucune trace blanche — fument en jouant aux cartes autour d’une table en bois usé, dans un joyeux vacarme.

Des jeunes sautent dans l’eau depuis une plateforme.

Aucune femme cependant à l’horizon. « Elles sont les bienvenues, mais n’osent pas venir. Les tabous sont encore très ancrés », justifient en choeur les messieurs.

– « C’est pervers » –

Les installations sont rudimentaires: des chaises en plastique, un fil rouillé en guise de corde à linge, et deux baraques en brique rouge frappées de l’inscription « Baignade interdite ».

Selon la loi, toute personne « exposant volontairement son corps dans un lieu public » peut être condamnée à une détention administrative de cinq à 10 jours.

« Mais la police fait preuve de souplesse », nuance l’avocat Zhang Zhigang: « Elle intervient dans les lieux publics très fréquentés. Dans les endroits isolés, elle se contente de demander aux naturistes de partir. »

M. Ha, 80 ans, affirme « nager nu depuis 30 ans » et venir quotidiennement au bassin. « Mais le naturisme ne se développe pas vite en Chine. Les mentalités sont encore trop arriérées », dit-il.

« Pour la plupart des Chinois, le naturisme, c’est pervers. Ils considèrent cela comme du harcèlement sexuel ou de l’exhibitionnisme », déclare à l’AFP Fang Gang, chercheur et auteur en 2012 du livre « Les nudistes », premier ouvrage publié en Chine sur le sujet.

Le pays compte pourtant d’innombrables spas ou sources thermales en intérieur où la nudité est la norme, et le bain nu fait partie des traditions de minorités ethniques.

Pas moins d’un Chinois sur 10.000 pratique le naturisme, soit 140.000 personnes, estime M. Fang, un chiffre « en augmentation ». Mais le pays compte seulement une poignée de sites réservés et la Chine, comme la plupart des pays d’Asie, entretient une relation ambivalente avec cette pratique.

– Des randos tout nus –

L’unique plage naturiste de Chine a ouvert au début des années 2000 sur l’île tropicale de Hainan (sud), avant d’être fermée en 2014 à la suite de plaintes de vacanciers. « Les gens normaux ne se baignent pas et ne bronzent pas nus en public », avait alors tonné le chef de la province.

En 2009, un centre de baignade entouré de bambous devait accueillir les naturistes près de la ville de Hangzhou (est), mais en avait été empêché au dernier moment par les autorités. Son patron avait pourtant reçu l’aval du gouvernement et investi 500.000 yuans (66.000 euros).

A l’époque, un sondage montrait que 60% des internautes « acceptaient » le naturisme et 57% jugeaient l’ouverture du site incriminé « tout à fait normale ».

« Le naturisme est davantage accepté qu’avant », constate M. Zheng, 49 ans, qui travaille dans le marketing et se baigne nu à Fangshan depuis 10 ans. « Même ma femme me comprend », sourit-il.

Il montre avec fierté des clichés de lui posant en tenue d’Adam devant des pics montagneux, uniquement vêtu d’un sac à dos. « Avec d’autres naturistes rencontrés sur les réseaux sociaux, on organise des randonnées tout nus autour de Pékin », explique-t-il.

Aucune fédération n’existe cependant pour réunir les naturistes chinois, souligne Fang Gang, le chercheur. « Sans leader, sans revendications, notamment la reconnaissance publique du naturisme, changer les mentalités sera difficile.

Voilà le génie politique et économique!A quand en France l’économie de partage!

En Chine, la folie du partage fait les affaires des start-up

En 2016, 56 milliards de dollars ont été investis dans des jeunes pousses chinoises de la technologie

 

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Shanghaï, sur le campus de l’université des technologies appliquées, quelques étudiants jouent au basket. Au bord des terrains, des casiers orange sont remplis de ballons. Il suffit de scanner un code QR -(code-barres amélioré) avec son téléphone pour que la porte s’ouvre et libère une balle. Il en coûte 1,5 yuan (20 centimes d’euros) pour une heure de jeu. Près du terrain, des vélos jaunes, d’autres orange, d’autres bleus. Tous munis d’un code QR. Là aussi, un scan suffit à débloquer les antivols pour rouler.

Une averse ? Qu’à cela ne tienne, vous pouvez déposer le vélo n’importe où. Grâce à des GPS intégrés au cadre, plus besoin de bornes, les vélos disponibles sont localisés sur une application pour smartphone. Vous pouvez aussi continuer à pied : dans les magasins ou près des stations de métro, d’autres start-up ont installé des  » parapluies partagés « .

Mais si votre smartphone n’a plus de batterie ? Pas de souci : dans les restaurants ou les supérettes, vous pouvez désormais louer des batteries externes, sortes de pavés un peu plus épais qu’un smartphone. La procédure est la même : une fois téléchargée une application et payé un dépôt de quelques dizaines de yuans, vous avez accès à des batteries à peu près partout.

Ces quelques exemples illustrent l’essor de  » l’économie du partage  » en Chine. Depuis plus d’un an, les jeunes pousses multiplient les levées de fonds dans ce nouveau secteur. Mi-mai, Modern Capital a investi 1,4  million de dollars dans Zhulegeqiu ( » louer une balle « ), la société de ballons de basket. Les douze acteurs qui bataillent sur le marché de la location de batteries pour téléphones ont levé 1,2  milliard de dollars (1,07 milliard d’euros) cette année. Et pas moins d’une quinzaine d’entreprises se sont lancées dans la location de parapluie.

Risque de bulleQuant à Ofo et Mobike, les deux pionniers de la location de vélo, leurs valorisations dépassent le milliard de dollars. Après son dernier tour de table en avril, Ofo aurait même atteint les 2 milliards, selon les fondateurs de l’entreprise. Mobike est plus discret, mais ne serait pas loin de son rival. Tous deux affichent de prestigieux soutiens : Tencent (la première capitalisation boursière chinoise, qui détient le réseau social Wechat) et Didi (qui a avalé Uber Chine) sont derrière Mobike. En face, Ofo peut se targuer de l’appui d’Alibaba – le rival de -Tencent en Chine – et du taïwanais Foxconn, le principal sous-traitant d’Apple. Une vingtaine de jeunes pousses ont réuni les fonds suffisants pour couvrir les rues de vélos connectés et tenter ainsi de coller à la roue des deux leaders du marché.

Cette formule, qui répond à de réels besoins en Chine, est particulièrement efficace. La population dense et de plus en plus urbaine se prête à l’utilisation commune d’objets. La connexion à -Internet par l’intermédiaire des smartphones, la plupart connectés aux portefeuilles électro-niques d’Alibaba (Alipay, 450  millions d’utilisateurs) ou de Wechat (900  millions d’utilisateurs du réseau social) est aisée, l’accès à de nouvelles applications payant également.

 » Il y a une réalité économique derrière l’essor de ces entreprises. Pour rendre un produit ou un service disponible à la classe moyenne chinoise, il faut en réduire le coût « , expliqueDavid Baverez, uninvestisseur indépendant installé à Hongkong. Si les investisseurs alimentent à coups de milliards les start-up, c’est aussi qu’ils espèrent mettre la main sur les données personnelles des utilisateurs qu’ils pourront exploiter par la suite. Un exemple : le 13  avril, Ofo et la banque Citic annonçaient la signature d’un accord pour proposer une carte de crédit aux 30  millions d’utilisateurs d’Ofo, incluant une assurance.

En  2016, 56  milliards de dollars ont été investis dans des jeunes pousses de la technologie en Chine, soit 22  % de plus qu’en 2015, d’après le site spécialisé Techin-Asia.com. Une belle progression qui n’est pas sans danger :  » Il y a trop d’argent injecté en ce moment en Chine, analyse ainsi David -Baverez. En raison d’un excès de liquidités, il y a une bulle sur l’ensemble des marchés, notamment dans la technologie. « 

Simon Leplâtre

© Le Monde mardi 13 juin

Quand le Bund s’appelait le Quai de France

HISTOIRE DE SHANGHAI – Quand le Bund s’appelait le quai de France

Martine Caron lepetitjournal.com/shanghai Mercredi 7 juin 2017

David Maurizot, Président de la Société d’Histoire des Français de Chine à Shanghai, est notre guide pour cette visite aux origines de la Concession française. Si nous vivons dans cette ville aujourd’hui, c’est un peu grâce aux pionniers qui ont construit sur un terrain marécageux ce premier comptoir français au milieu du XIXème siècle. Alors suivons le guide pour retrouver les traces de cette époque qui subsistent encore aujourd’hui !

Le long du Quai de France

Notre périple commence aux origines de la Concession française sur la partie sud du Bund alors baptisé Quai de France (ou French Bund). C’est en 1848 que le premier Consul français, Charles De Montigny, débarque à Shanghai pour concrétiser la signature du traité de Whampoa (ou Huangpu), qui accorde à la France l’ouverture de cinq ports au commerce français, à Canton, Fuzhou, Ningbo, Xiamen et Shanghai. À cette époque, la seule présence française à Shanghai est constituée de quelques missionnaires qui occupent un terrain sur l’emplacement de l’actuelle église Saint Joseph et des jésuites qui ont construit une première église à Xujiahui en 1847. Après d’âpres négociations, Charles De Montigny obtient en 1849 le droit d’occuper un terrain limité par le Huangpu à l’est, le ruisseau du Yang-King-Pang (actuelle Yan’An Lu) au nord, le rempart de la vieille ville chinoise (actuelle Renmin Lu) au sud et l’actuelle Xizang Nan Lu à l’ouest. Soit 66 hectares pour débuter, trois fois moins que la Concession britannique. C’est sur ces terrains marécageux que débute la présence française à Shanghai. Elle s’étendra par la suite en trois étapes.

Limites de la Concession française de 1861 à 1904

Notre parcours débute au pied de la Gützlaff Tower sur le Bund et va nous permettre de remonter le temps pour retrouver les traces restantes des origines de la Concession. Avant la tour de pierre encore visible aujourd’hui, un premier mât en bois permettait de transmettre aux marins, manœuvrant sur le Huangpu et au-delà, les prévisions météorologiques et les horaires des marées, calculés par les jésuites à l’observatoire de Xujiahui. La tour a été érigée en 1905 après qu’un typhon eut détruit le mât de bois, et fut baptisée du nom d’un missionnaire allemand parfaitement sinophone qui joua un rôle important au XIXème siècle.

La Gützlaff Tower

Plus au sud à l’angle de Jingling Lu se dresse toujours le bâtiment des Messageries Maritimes, une compagnie maritime française fondée en 1851 qui assurait le transport de passagers, de fret et du courrier. Présente à Shanghai depuis 1863, la compagnie a notamment exporté pendant de nombreuses années des soieries chinoises vers la région lyonnaise. Pour les passagers, les trajets vers Shanghai passaient par Saigon où il fallait changer de bateau. Dès l’ouverture du canal de Suez en 1869, le trajet Marseille-Shanghai se fera en direct et ce en moins de 5 semaines. L’édifice abrite aujourd’hui les archives municipales.

En poursuivant sur le Bund vers le sud, on aperçoit l’ancien siège de Butterfield & Swire où se trouve à présent notamment le restaurant espagnol El Willy. Cette société britannique y avait également construit des entrepôts adjacents qui ont disparu, elle y pratiquait, entre autres, le commerce de l’opium. Ce bâtiment britannique se trouvait côté français, mais on note aussi l’inverse puisque la banque d’Indochine a été construite dans la Concession britannique.

Butterfield & Swire

Rue du Consulat

Revenons vers notre point de départ pour emprunter Jingling Lu, anciennement « rue du Consulat ». Elle a d’ailleurs un air de rue de Rivoli avec ses immeubles à arcades qui bordent le trottoir. Le premier consulat français qui a donné son nom à la rue date de 1866, il se situait à l’angle nord avec le Bund. Il a été détruit dans les années 1980 mais le bâtiment de l’ICBC qui lui a succédé en a repris quelques éléments de style (fenêtres et grilles extérieures).

La rue du Consulat et Jingling Lu

En empruntant Jingling Lu, on constate bien vite qu’un quartier résidentiel remplace la rangée d’immeubles de bureaux qui bordent le quai. Ceci diffère de la situation dans la Concession britannique où les activités commerciales sont plus nombreuses. N’hésitez pas à entrer dans les ruelles des lilong, vous y serez toujours le bienvenu. À l’angle de Sichuan Lu se trouvait l’Hôtel des Colonies érigé vers 1910-1920, l’un des nombreux bâtiments de style Art Déco à Shanghai.
Il a longtemps été le seul hôtel de la Concession française et a donc hébergé de nombreux voyageurs et commerçants. À côté, un bâtiment arborant des fenêtres à ogives témoigne que le quartier a d’abord été peuplé par des missionnaires français.

Hôtel des Colonies et bâtiment actuel

Prenez à gauche sur Sichuan Nan Lu (ex « rue Montauban »). Au 36 se trouve l’église Saint Joseph fondée en 1860-61 par des missionnaires français. Cet édifice a été longtemps le point le plus élevé des concessions, alors qu’il n’est pas visible de très loin aujourd’hui. La comparaison des photos montre qu’il n’a guère changé depuis sa construction. On peut toujours y assister à la messe tous les jours à 7h, mais en chinois maintenant. Les bâtiments d’une école primaire bordent à présent l’église, et l’on ne peut donc pas y accéder pendant les horaires de classe. La rue portait à l’origine le nom du général Montauban, qui s’illustra en 1860, lors de la seconde guerre de l’opium, à la tête du contingent français. Il remporta la bataille du pont de Palikao contre les forces mandchoues, permettant ainsi l’accès à Pékin et la victoire finale. Mais ce fut aussi lui qui ne put empêcher le sac du Palais d’Été, et qui sélectionna les merveilles que l’on peut à présent admirer au château de Fontainebleau et à Paris au Musée Guimet, ou à la Bibliothèque Nationale. C’est aussi dans cette rue que logeaient le premier consul et sa famille, avant la construction du Consulat.

Eglise Saint Joseph

Plus loin au 135 Jingling Lu, un ensemble de lilong a été détruit, mais le bâtiment donnant sur la rue reste debout, orné d’une plaque indiquant sa date de construction : 1933. En poursuivant sur Jingling Lu, on croise Henan Lu où se dresse actuellement la Bank of Beijing. Vous pouvez traverser le bâtiment pour admirer les volumes intérieurs, mais rien n’est d’époque. À l’origine, ce bâtiment de style Art Déco, conçu par Léonard et Veyssère en 1936, abritait la Chung Wei Bank, institution fondée par le célèbre gangster Du Yuesheng. Celui-ci résidait d’ailleurs dans la Concession française et siégeait également au Conseil Municipal français. Il était devenu un homme d’affaires respectable, en réussissant à légaliser le commerce de l’opium auprès des autorités chinoises (en contrepartie d’un versement annuel) et en utilisant les fonds ainsi récoltés dans des œuvres philanthropiques.

Le sud de Henan Lu donne sur le rempart de la vieille ville où fut percée la porte du Nord, afin d’améliorer la communication avec le quartier français. Au 174 Jingling Lu, nous voici devant le siège de la police de Shanghai, qui autrefois était le poste de police Mallet. Il était à l’origine situé en retrait de la rue, derrière la place Mallet, où trônait une statue de l’amiral Protet et où étaient organisées les parades militaires. L’amiral Protet défendit Shanghai lors de la révolte des Taiping et y perdit la vie en 1861. Vous pouvez approcher de la barrière pour voir l’ancien bâtiment au fond de la cour mais interdiction d’entrer ou de photographier. Sur ce même terrain avait été bâti le premier Hôtel Municipal en 1863-64 mais de qualité médiocre, il fut finalement rasé pour construire le poste de police.

Poste de police Mallet

Dirigeons-nous vers le sud pour atteindre Renmin Lu qui se trouve sur le tracé de l’ancienne enceinte et des douves ceinturant la vieille ville. Toute la partie sud de Jingling Lu semble en sursis, mais fin mai il était encore possible de traverser le lilong au 423. Lui aussi semble menacé, la majorité des ouvertures étant murées, mais il reste encore des habitants pour témoigner de la vie du quartier. Poursuivez sur Renmin Lu vers l’ouest jusqu’à Dajing Lu où subsiste encore un morceau des anciens remparts. Le fait qu’à cet endroit la muraille est intégrée au mur du temple taoïste Dajing, a permis sa préservation, alors que le restant était détruit en 1912 lors de la modernisation de la ville. Renmin Lu s’appelait alors le boulevard des deux Républiques (la République de Chine et la République française), depuis la chute du système impérial.

C’est ici que s’achève la première partie de notre parcours. La suite nous emmènera du boulevard de Montigny à la rue du cardinal Mercier en empruntant l’avenue Joffre, l’axe majeur de l’ancien quartier français qui l’est toujours aujourd’hui. Ou comment voyager tout en restant à Shanghai !

Les anciens remparts et les douves, et ce qu’il en reste

Notre guide

David Maurizot, établi en Chine depuis 14 ans, s’est pris de passion pour l’histoire de Shanghai en découvrant lors de sa première balade des maisons coloniales en pleine ville. Ses nombreuses lectures et ses discussions avec d’autres amis, tout aussi passionnés lui, ont permis de se forger une bonne connaissance des personnages et des lieux célèbres de Shanghai. En plus de ses activités professionnelles (il dirige le bureau Chine d’un cabinet de conseil français et est membre du Bureau de la Chambre française de commerce), il est également Président-Shanghai de la Société d’Histoire des Français de Chine dont le but est de mutualiser les recherches de tous, afin de transmettre la mémoire de ces hommes et femmes, qui, bien avant nous, ont découvert et appris une Chine qui, par certains aspects, reste proche de celle d’aujourd’hui. La Société est également parfois sollicitée pour répondre à la demande de familles cherchant des informations sur les activités ou le parcours de l’un de leurs parents. N’hésitez pas à le contacter si vous souhaitez apporter votre pierre à l’édifice.

Découvrez d’autres visites de Shanghai avec nos guides :
Itinéraire d’un flaneur de Hongkou au Bund
 Mythique Bund, balade le long de la célèbre berge des étrangers
Dans l’ancienne concession francaise, les lilong par Didier Pujol

Martine Caron lepetitjournal.com/shanghai Mercredi 7 juin 2017

Baccarat et la Chine

Coco Chu, l’égérie chinoise qui s’est offert Baccarat

Anne Drif Le 02/06 à 18:31Mis à jour à 18:40, Les Echos
 
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Coco Chu, présidente gestionnaire chinois Fortune Fountain Capital, veut développer Baccarat grandes villes luxe.

Coco Chu, la présidente du gestionnaire chinois Fortune Fountain Capital, veut développer Baccarat dans les grandes villes du luxe. – Eric M/Encre Noire

La femme d’affaires à la tête du gestionnaire Fortune Fountain a racheté les cristalleries Baccarat pour 164 millions d’euros.

Tout a commencé par un défilé chez Chanel. « A la sortie, une amie m’a emmenée au restaurant Baccarat. Cette beauté, ce raffinement m’ont fait oublié tous mes tracas », explique, inspirée, « Coco » Chu (un surnom choisi en référence à son égérie), assise dans sa petite robe noire, chignon tiré et boucles scintillantes, sous les luxueux lustres du grand salon de la maison Baccarat qu’elle vient de racheter, au coeur du Paris chic. Elle est à la tête de Fortune Fountain Capital, un « family office » qui gère les grandes fortunes de millionnaires chinois et leur sert d’agent pour la réservation d’un yacht, un prêt de bijoux ou un voyage autour du monde. Mais Coco Chu vient depuis plusieurs années en France, « pour toutes les raisons du monde, du festival de Cannes aux défilés », et a fréquenté tous les restaurants du guide Michelin. Elle est donc sûre de son goût.

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Dès lors quand cette descendante de l’illustre calligraphe chinois Wang Xizhi découvre que le dernier joyau de l’ancien empire Taittinger (148 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016), en Meurthe-et-Moselle, est mis en vente par l’américain Starwood, Coco Chu y a vu « un signe du destin ». « Je suis une femme Baccarat », dit celle qui possède toute la collection de verres de la cristallerie née sous les ors de Louis XV – « Huit blancs, six verts pour les verres à eau, ainsi que des coupes et des verres à vin. » « J’adore le lustre blanc et rouge, qui symbolise la pureté et l’ardeur », précise-t-elle encore.

Une quarantaine d’embauches

Désormais aux commandes, la femme d’affaires chinoise, qui investit 164 millions d’euros, promet d’amener « Baccarat à dépasser sa légende » : 20 à 30 millions d’euros vont être investi d’ici deux à trois ans et jusqu’à 50 millions d’euros à moyen terme. Car il y a sa valeur historique, « cette Venus de Milo qui vous regarde » avec son histoire de 250 ans, son catalogue de 10.000 dessins d’étude « inestimable ». Mais la marque porte aussi en elle tous les signes de la modernité, souligne Coco Chu, en référence à une photo qui l’a marquée, celle d’une femme tatouée dans un atelier Baccarat.

Comment va-t-elle s’y prendre ? Elle veut décliner la marque Baccarat dans l’univers du luxe, des restaurants aux bars et aux lounges, dans les grandes villes pour millionnaires jusqu’aux hôtels. Barry Sternlicht, le patron de Starwood Capital, avait déjà ce projet de chaîne hôtelière au milieu des années 2000, mais celui-ci s’est arrêté à un six étoiles à New York. Le holding de Coco Chu a ainsi prévu de partager la licence Baccarat pour les hôtels avec l’investisseur américain.

La cristallerie de Lorraine, dont l’italienne Daniela Riccardi garde fermement la direction, va aussi renforcer sa présence dans les capitales du luxe, en ouvrant des points de vente en Floride, à Rome, Milan, Genève, Monaco, ainsi qu’en Asie. La dirigeante, par ailleurs administratrice de Kering, veille aussi au maintien des investissements dans l’usine historique (3 à 5 millions d’euros par an). Coco Chu l’assure : « Baccarat, c’est à Baccarat ». Il n’y aura pas de plan social et même une quarantaine de nouvelles embauches sont prévues cette année. Pour le garantir, Coco Chu s’en réfère à un gourou financier  : « Warren Buffett a dit que la valeur d’une entreprise réside d’abord dans ses hommes ».

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/industrie-services/mode-luxe/030365924390-coco-chu-legerie-chinoise-qui-sest-offert-baccarat-2091613.php#d84iI5bmJuGjw6lx.99

Christine Macel :  » Il est primordial de réhabiliter la paresse « 

La commissaire générale de la 57e Biennale de Venise veut faire de cette édition  » un espace de résistance face aux incertitudes du monde « 

 

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La Française Christine Macel, conservatrice en chef au Centre Pompidou, -défend depuis près de vingt ans la création émergente. A Venise, elle a conçu un parcours de quelque 800  œuvres, dont une cinquantaine de productions nouvelles.

 » Viva Arte Viva  » : quel sens -donnez-vous au titre que vous avez choisi pour votre Biennale ?

 » Viva Arte Viva « , c’est comme une chanson, un mantra, une déclaration d’amour aux artistes qui guident ma vie depuis longtemps. Quand on voit ce qui se passe dans le monde, ces voix régressives qui s’élèvent, ces incertitudes, cela confirme que l’art est plus que jamais le lieu où trouver des ressources pour résister et combattre le danger de l’individualisme, du repli sur soi. C’est un  » oui  » à la vie ; un  » oui, mais « .

Vous placez donc d’emblée votre -Biennale dans le registre politique ?

La responsabilité des artistes en ce -domaine est cruciale ! Ils ont pouvoir de -lever les consciences, comme l’Argentin -Nicolas Garcia Uriburu, qui, dès 1968, inondait la lagune d’un pigment vert pour rappeler le désastre écologique en cours. Ou la chorégraphe Anna Halprin, qui va orchestrer une nouvelle fois pour nous sa danse planétaire, lancée dans les années 1980, comme un appel à prendre soin de la Terre. Une ronde qui sera ouverte à tous.

A vos yeux, l’artiste contemporain est-il avant tout un chaman guérisseur ?

Un des chapitres de la Biennale aborde cette question, mais pas de façon farfelue ou ésotérique. Simplement en rappelant que l’artiste, comme le chaman, est doté d’une vision intérieure très singulière. Le rituel a toujours existé dans l’art, mais il a été mis de côté par la modernité, à quelques exceptions près, comme Brancusi, qui jouait beaucoup là-dessus, ou Beuys, pour qui l’art gardait une dimension sacrée. Après un très fort -retour de cette dimension missionnaire dans les années 1970, la jeune génération d’artistes n’a aucune réticence à l’égard des pratiques, qu’on peut qualifier de  » peu raisonnables « , de l’art comme guérison symbolique. Par exemple, le Brésilien Ernesto Neto a -convié à la Biennale des chamans d’une tribu d’Amazonie avec laquelle il -entretient des liens depuis longtemps ; ils proposent de faire un rituel pour notre monde malade. L’essentiel est de mettre en œuvre une énergie salvatrice. C’est pourquoi les questions de la transe, de l’extase et de l’érotisme -seront également très présentes.

Lors de la précédente édition, le -commissaire général, Okwui Enwezor, faisait le constat d’une planète frappée par les tragédies. On a presque le -sentiment que vous avez été choisie par le président de la Biennale, Paolo -Baratta, pour lever davantage d’espoir…

Il a en tout cas dû sentir en moi ce que -Romain Rolland appelait  » l’optimisme de la volonté « …

Egalement au programme de votre Biennale, des rencontres quasi -quotidiennes avec les artistes…

Nous faisons tout pour rendre visible leur monde, car j’ai envie que le public s’approche au plus près de la réalité de l’artiste. Qu’il comprenne son mode de fonctionnement, de l’atelier solitaire à la  » factory  » collective. J’ai aussi demandé à chacun de déballer pour nous sa bibliothèque et de nous livrer ses références littéraires. Enfin, nous organisons chaque -semaine des déjeuners ouverts autour des artistes, la tavola aperta – table ouverte – .

Les biennales relèvent en général du marathon pour les visiteurs, -qui courent d’un lieu à l’autre. Vous -semblez vouloir ralentir le rythme…

La question du temps me passionne car elle est au croisement de la philosophie, de la science, de l’art. J’insiste, à Venise, pour rappeler que, parfois, le temps de l’art est celui de l’inaction. Les artistes vivent dans une oisiveté productive, un vagabondage mental, un état de  » non-vigilance « , comme le dit le plasticien Fabrice Hyber. En cette époque où nous consommons toujours plus le présent, ils nous rappellent l’importance de ce que les Romains appelaient l’otium, l’oisiveté, en opposition au negotium, les affaires publiques. Il est primordial de réhabiliter la paresse. Certains artistes le font merveilleusement, comme Raymond Hains, qui avait un rapport très particulier au temps. On pouvait croire qu’il ne faisait jamais rien, se contentant de parler sans cesse avec un art fou de la conversation. Et pourtant, il a -découvert tellement de territoires, et sa production est d’une telle vivacité !

Pensez-vous vraiment que les artistes ont le temps pour l’oisiveté aujourd’hui ?

Ils sont de plus en plus pris dans la production de produits destinés à des systèmes commerciaux, c’est sûr, mais ils savent -investir ce temps de travail de façon très singulière. La réalité de notre monde les rattrape forcément, mais si j’ai un conseil à donner aux jeunes créateurs, c’est :  » Surtout, prenez le temps. «  Beaucoup d’artistes viennent d’ailleurs passer six mois à la Biennale, comme Dawn Kasper, qui y installe son studio ouvert au public, ou Olafur Eliasson, qui vient travailler sur le long terme avec une communauté de migrants soudanais installés à Venise. Aujourd’hui, la principale force d’un individu consiste à -savoir freiner pour retrouver son propre rythme, le rythme de son corps. Et ça, pour les urbains, c’est un véritable travail !

Propos recueillis par Emmanuelle Lequeux

© Le Monde