Les classes moyennes prises au piège à Hong Kong

Hong Kong
Par Regards hongkongais de HKBU European Studies – French Stream | Publié le 03/12/2017 à 16:57 | Mis à jour le 03/12/2017 à 17:22
Hong Kong classe moyenne consommation

Les prix astronomiques de l’immobilier et l’inflation ont pour effet de pousser progressivement une partie de la classe moyenne vers la pauvreté. Les gouvernements jusqu’alors inactifs font face à une gronde de plus en plus intense.

Beaucoup de Hongkongais ont travaillé dur pour s’élever jusqu’à la classe moyenne au cours des dernières décennies. Mais avec les prix immobiliers, l’inflation, certaines personnes sont ainsi dans des situations pires que celles touchant les aides sociales. Ce groupe a été surnommé la « classe sandwich » car il a le sentiment d’être coincé entre la pauvreté d’un côté et des aspirations qu’il ne peut pas atteindre de l’autre. Il correspond en fait à la classe moyenne inférieure.

Les voix appelant le gouvernement à venir en aide à cette catégorie s’amplifient. Ils restent cependant les grands oubliés des discours politiques, ce qui entraine des tensions de plus en plus notables dans la société.

Comment définir la classe moyenne ? 

L’ancien secrétaire financier, John Tsang Chun Wah, avait donné comme définition de la classe moyenne le fait de regarder des films français ou de boire du café.

Pourtant, aux yeux de la plupart des citoyens de Hong Kong, le capital économique est le critère le plus important pour définir la classe moyenne, plus que l’éducation, l’occupation, les valeurs et la sensibilisation aux problèmes sociaux. La propriété – d’une valeur comprise entre 2 et 8 millions de HKD – en est un élément crucial à quoi s’ajoutent des actifs évalués à au moins 500,000 HKD et un revenu mensuel compris entre 30,000 et 60,000 HKD.

Idéal de vie

Les années 80 et 90, lorsque l’économie locale était en pleine prospérité, ont été l’époque glorieuse de la classe moyenne de Hong Kong. De nombreuses personnes ont réussi à grimper l’échelle sociale grâce à l’éducation mais aussi à de longues heures de travail. D’autre part, l’ouverture de l’économie de la Chine continentale a amplement bénéficié aux employés et aux entrepreneurs de Hong Kong. Par conséquent, on a assisté à cette époque, à une croissance spectaculaire du niveau des revenus et des prix de la propriété, qui a permis l’émergence d’une classe moyenne forte.

Classe moyenne acquisition propriétaire

Cette partie de la population, éduquée et ayant une bonne position professionnelle, a ainsi constitué le groupe le plus important de contribuables et a beaucoup oeuvré pour le développement économique et social de Hong Kong. Beaucoup de personnes rêvaient alors d’appartenir à cette classe moyenne, perçue comme un idéal car c’était dans leur esprit l’assurance d’un revenu stable, l’occasion d’accumuler de la richesse, en un mot l’espoir d’améliorer sa qualité de vie.

Disparition de la classe moyenne 

Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il y a plusieurs raisons à cela.

D’abord, en raison de la spéculation immobilière par des investisseurs chinois et d’une réglementation relâchée du gouvernement, les prix du logement sont devenus inabordables. En fait, depuis 7 années consécutives, Hong Kong est devenu le marché immobilier le plus cher du monde. Une enquête menée par Demographia dans 406 villes a ainsi montré que le prix des logements est ici 18 fois plus élevé que le revenu médian annuel brut des ménages alors que cette même enquête considère comme « gravement inabordable » tout logement dont le prix est supérieur à 5% du revenu médian. Et en effet, à Hong Kong, il est courant de voir que l’emprunt immobilier peut dépasser 50% des revenus du ménage !

Par ailleurs, la classe moyenne paye relativement beaucoup d’impôts mais elle ne reçoit que très peu d’avantages sociaux. L’éducation des enfants, l’assurance médicale ou le coût pour s’occuper de leurs parents âgés notamment représentent de lourds fardeaux financiers et ont gravement fait baisser la qualité de la vie et le pouvoir d’achat de cette dernière.

Très peu entendue par le gouvernement, la classe moyenne hongkongaise est négligée et ne reçoit que très peu de bénéfices de sa part.

A cela s’ajoute un ralentissement du marché du travail doublé d’une« inflation académique » dans la société du fait d’une augmentation du nombre d’étudiants à l’université. En raison de la diminution des offres d’emploi, les jeunes sortant de l’université se voient obliger d’accepter des emplois moins qualifiés et moins bien payés. L’ascenseur social semble aujourd’hui en panne surtout pour les jeunes diplômés.

jeunes diplômés

Le risque, c’est bien évidemment d’assister au déclin de la classe moyenne. C’est déjà le cas pour certaines familles vivant dans des logements publics et qui sont parfois en plus mauvaise posture que des familles bénéficiant du CSSA (Comprehensive Social Security Assistance). Se dirige-t-on à termes vers une « M-shaped society », une société polarisée avec des gens très riches d’un côté et des gens très pauvres de l’autre ?

L’avenir ? 

classe sandwich

Jusqu’alors considérée comme la majorité silencieuse à Hong Kong, le mécontentement de cette « classe sandwich » envers les hommes politiques et le gouvernement gronde et les a poussés dans la rue à plusieurs reprises. Il est important de pousser le gouvernement à fournir des compensations pour ce groupe sous forme d’aides sociales ou d’allocations fiscales, principalement en matière de logement, d’éducation et de dépenses médicales dans le but de maintenir un développement stable et harmonieux de la société.

Social commerce : le règne des influenceurs chinois mode et beauté

Julie Bonnet, Chief Digital Officer de Nuxe, 29 novembre

Les influenceurs – également appelés KOL (Key Opinion Leader) – ont le pouvoir en Chine dès lors qu’il s’agit de mode ou de beauté. C’est ce que confirment Julie Bonnet, Chief Digital Officer de la marque de produits de beauté Nuxe et Grégoire Grandchamp, directeur général de Next Beauty, spécialiste du développement des ventes en Chine. Ils ont pris la parole à l’occasion de l’événement China Connect Morning, à Paris, le 29 novembre.

Un influenceur suivi par 2 millions de personnes

Lors de son arrivée en Chine en mai dernier, Nuxe s’est appuyé, sur les conseils de Next Beauty, sur un influenceur ayant plus de 2 millions de followers et quatre autres influenceurs ayant un impact moindre mais très présents sur certaines villes telles que Pékin ou Shanghai. La stratégie aura été de choisir un influenceur star qui a un rapport authentique avec les produits, et qui ne se discrédite pas en assurant la promotion de trop de marques différentes.

Atout annexe de l’influenceur star, d’autres influenceurs peuvent le suivre par envie de la même marque sans être rémunérés pour cela, relève Grégoire Grandchamp. Les influenceurs évoluent vite en Chine et ont le sens du commerce puisque certains en sont même à créer leur propre ligne de vêtements, développant une activité de vente de produits, pointe Laure de Carayon, qui pilote l’événement China Connect afin d’accompagner les marques françaises à l’export.

Objectif : créer 1000 influenceurs à 1 million de fans chacun 

L’importance financière des KOL est telle que la plateforme d’informations chinoise Toutiao va dépenser 300 millions de dollars afin d’aider les influenceurs à faire de l’argent. Toutiao est une plateforme de contenus mobiles, informations et actualités, pilotée par l’intelligence artificielle afin de pousser le bon contenu vers la bonne personne. On estime à 120 millions son nombre d’utilisateurs actifs par jour. Cette même plateforme espère faire émerger 1000 influenceurs dans l’année qui vient chacun ayant 1 million de followers.

Les influenceurs chinois ont une telle importance qu’ils débordent des achats en Chine, pour se porter sur les achats aux Etats-Unis. “500 influenceurs beauté et mode étaient activés sur la plateforme Kaola du groupe Netease pour l’événement du Black Friday aux Etats-Unis,” pointe Laure de Carayon.

On parle des consommateurs de l’ouest qui achètent lors du 11.11 d’Alibaba, dit-elle, mais le phénomène commence aussi à arriver dans l’autre sens : les Chinois vont chercher les événements occidentaux et mobilisent leurs influenceurs. Tendance à suivre.

L’Oréal embauche 5 influenceurs

L’évolution ultime est l’influenceur embauché par la marque ! “L’Oréal a embauché comme salariés cinq influenceurs à Shanghai en septembre,” n’en revient toujours pas Grégoire Grandchamp, s’interrogeant sur la manière dont le public peut accueillir leurs interventions.

Tmall, la place de marché d’Alibaba

Arrivé récemment en Chine, Nuxe a préparé activement sa participation à l’événement 11.11 (prononcez “double eleven”) organisé par Alibaba sur sa place de marché Tmall. Cette année, les ventes sur Alibaba ont atteint 21,7 milliards d’euros de ventes en une seule journée, le 11 novembre dernier.

L’événement 11.11 représente 50% de notre chiffre de ventes, sachant que l’année n’a pas été complète puisque nous sommes arrivés en mai,” souligne la Chief Digital Officer de Nuxe. “En année pleine, le 11.11 représente usuellement de 35% à 40% des ventes pour une marque,” précise Grégoire Grandchamp.

L’authenticité est la clé

Next Beauty s’attache à développer le business des marques de beauté challengers en s’appuyant sur la donnée fournie par Alibaba. “En ce qui concerne les influenceurs, l’authenticité est la valeur importante,” conclut Grégoire Grandchamp. La place de marché Tmall commence à être challengée par JD.com.

THE PENINSULA BEIJING’S ART RESIDENCY CELEBRATES ONE YEAR OF SHOWCASING CHINESE CONTEMPORARY ART

in 2014

Celebrating its first anniversary following its launch in September 2013, The Peninsula Beijing’s “Art Residency” programme continues to showcase some of China’s most innovative and creative contemporary artists as the hotel’s “Artist-in-Residence”, living and working in the hotel in a specially designated Art Suite, together with an exhibition of the artist’s works around The Peninsula’s public areas.

The Art Suite is one of the hotel’s large suites that has been specially adapted to provide living and studio space for the artist-in-residence, together with additional exhibition space for his or her paintings.  The artist works there daily, and hotel guests are welcome to visit, chat with the artist and watch him or her create their art, while additional Art Residency activities include bespoke painting classes and art tours hosted by the artist as part of the hotel’s Peninsula Academy programme.  Art pieces are also available for sale.

This unique Chinese art initiative is the only programme of its kind in China, and was the brainchild of General Manager Joseph Sampermans, in partnership with MAUS (The Museum of Art and Urbanity Shanghai). “With art a primary focus of  all Peninsula hotels around the world and given the enormous popularity of Chinese contemporary art, we wanted to give  leading Chinese artists an opportunity to exhibit their work in a unique environment, together with the chance to live and work in a relaxing setting, hopefully enhancing their inspiration and creativity,” said Sampermans. “The programme also provides an exclusive opportunity for our guests to interact with and learn from some of China’s leading artists – insider access to understanding  understanding what drives them and their art.”

Artists selected to participate in the programme must be established and have already held at least one show overseas. Additionally each artist must donate an original painting for The Peninsula Beijing’s art auction as part of The Peninsula Hotels’ annual “Peninsula in Pink” breast cancer fund- and awareness-raising initiative every October.

The Peninsula Beijing’s latest artist-in-residence is Bei Shui, whose solo exhibition of paintings entitled The Paradox explores the illusion of movement and realism from July 2014. In this latest exhibition, more than 60 of his narratively playful creations are displayed on the first, second and third levels of the hotel’s hallways and the Art Suite, including abstract musings that range from the aesthetically pleasing to the aesthetically challenging.

The Lobby showcases several spectacular large pieces featuring the dynamic movements of vibrantly coloured goldfish, together with 400 ceramic goldfish “swimming” in the fountain outside Huang Ting Chinese restaurant – a fortuitous link to the hotel’s location in Goldfish Lane.

Born in 1968 in Jilin, China, Bei Shui had a passion for art in his early years and began to pursue his craft in 1995 by setting up a work studio in Beijing as a performance artist.  What makes Bei stand out from many of his Chinese contemporaries is his tenacious vitality, with his stunning artworks a retrospective of his feelings and thoughts about humanity, nature and society.

Since 1995, he has had over twenty solo exhibitions in China and Germany, together with over thirty group exhibitions at notable museums in Beijing, Shanghai and different galleries across Germany. In 2007, four paintings in his Dialogue series were acquired by the art museum of the German Savings Bank Headquarters, while his most recognised painting, Joss Paper, was acquired by the Macau Art Museum in 2008. Since then, his works have diverged into multiple art forms, embracing his unique eclecticism towards contemporary art.

Since its inception in 2013, the Art Residency programme has featured the following artists-in-residence:

L’art, nouvelle passion des centres commerciaux

Faire ses courses comme on irait voir une exposition, c’est la tendance marketing en vogue dans les grands magasins. Ou quand les temples de la consommation se prennent pour des musées…

LE MONDE ECONOMIE | • Mis à jour le | Par Nicole Vulser

Réagir Ajouter

image: http://img.lemde.fr/2017/11/28/0/0/3543/2362/534/0/60/0/3287aa0_1386-1x1ozi0.8bi6.jpg

Installation de l'œuvre d’Amy O'Neill « Post-Prom, 1999-2017 ». Exposition "Always Someone Asleep and Someone awake" à la Galerie des Galeries aux Galeries Lafayette Hausmann à Paris, le 28 novembre. Salle d'exposition réalisée par l'architecte Pascal Grasso.

Miami, Dallas, Hongkong, Tokyo, Shanghaï, Paris, Metz ou Cagnes-sur-Mer, même combat. Les centres commerciaux et les grands magasins ne jurent plus que par les expositions d’art contemporain. Dès 1975, le pape du pop art, Andy Warhol, prophétisait : « Un jour, tous les grands magasins deviendront des musées et tous les musées deviendront des grands magasins. » Il avait vu juste.

Jeudi 30 novembre, la Galerie des Galeries présentera une nouvelle exposition aux Galeries Lafayette, boulevard Haussmann, à Paris, « Always someone asleep and someone awake », une réflexion sur la fête. « Un espace non marchand de 300 m2 accessible gratuitement à nos 100 000 clients quotidiens, uniquement pour que l’art soit accessible au plus grand nombre », explique Guillaume Houzé, directeur de l’image et de la communication du groupe. Les quarante premières expositions ont été vues par 12 000 à 15 000 visiteurs dans ce lieu coincé au premier étage au fond d’un couloir, à deux pas du rayon des marques de prêt-à-porter ultrachic. De l’image ? De la communication luxueuse ? A ses yeux, sans doute.

« Les grands magasins doivent raconter des histoires. Aujourd’hui plus que jamais», explique Guillaume Houzé, directeur de l’image et de la communication des Galeries Lafayette.

Egalement président de la Fondation d’entreprise Galeries Lafayette, qui ouvrira au printemps dans le quartier du Marais à Paris, M. Houzé poursuit une traditionfamiliale. En 1946, en effet, les Galeries exposaient déjà Nicolas de Staël ou Alberto Giacometti. Et sa grand-mère à poigne, Ginette Moulin, elle-même petite-fille du cofondateur du grand magasin Théophile Bader, a constitué une importante collection d’art contemporain.

image: http://img.lemde.fr/2017/11/28/0/0/3543/2362/534/0/60/0/920a191_11055-8pl9y4.adw5q.jpg

L’artiste Amy O'Neill pendant l'installation de son œuvre « Post-Prom, 1999-2017 » aux Galeries Lafayette Hausmann à Paris, le 28 novembre.

L’artiste Amy O’Neill pendant l’installation de son œuvre « Post-Prom, 1999-2017 » aux Galeries Lafayette Hausmann à Paris, le 28 novembre. CYRUS CORNUT POUR « LE MONDE »

« Les grands magasins doivent raconter des histoires. Aujourd’hui plus que jamais », assure l’héritier qui s’est entouré de conseillers ad hoc. « Les artistes ont cette capacité de susciter l’émerveillement, la discussion. » D’où ces commandes pérennes aux artistes Xavier Veilhan dans le magasin homme ou encore Pieter Vermeersch à Biarritz et Cécile Bart à Nantes. M. Houzé assure que l’ouverture de la fondation destinée à montrer la collection familiale ne modifiera en rien le budget consacré aux expositions et aux commandes dans les magasins. Budget qu’il ne dévoile pas pour autant…

Lire aussi :   Une fondation artistique pour les Galeries Lafayette

Un supplément d’âme

Ce concept d’intégration d’œuvres d’art dans temples de la consommation est né aux Etats-Unis, dans les centres commerciaux américains, les malls en anglais. En 1985, les propriétaires du NorthPark Center à Dallas, également collectionneurs fondus de sculpture, Raymond et Patsy Nasher, y installent de façon permanente des œuvres majeures d’Andy Warhol, Barry Flanagan, John Chamberlain, Henry Moore ou Roy Lichtenstein. « Les Américains ont tracé la voie pour faire des malls à la fois un lieu de commerce et de vie », estime Jérôme Sans, cofondateur du Palais de Tokyo.

A Metz, en Moselle, le centre commercial Muse (dont la foncière Apsys est propriétaire et gestionnaire), qui a ouvert le 21 novembre, fait la part belle à quatre artistes, dont le chantre de l’art cinétique Julio Le Parc, qui a signé un gigantesque mobile composé de carrés de Plexiglas bleu. Quatre commandes dont les choix ont été présélectionnés par deux agences spécialisées, Manifesto et Eva Albarran & Co. Cette initiative vise à « enrichir le “parcours client”, susciter de l’émotion, ouvrir à la culture un public pas forcément friand de musée », explique-t-on chez Apsys. Enrober le commerce, en quelque sorte ? Pousser à acheter davantage en ajoutant un supplément d’âme destiné à déculpabiliser le consommateur ? Rien n’est jamais dit de façon aussi brutale.

Lire aussi :   A Metz, Muse entre dans sa phase finale

Tous les deux ans, au moment de la FIAC, la Foire internationale d’art contemporain, organisée chaque octobre dans la capitale, le centre commercial parisien de Beaugrenelle – dont Apsys est aussi gestionnaire – donne carte blanche à des artistes. Le Suisse Felice Varini vient de réaliser une œuvre monumentale et colorée, après le « Showcase #1 : Think Big », qui présentait de jeunes artistes chinois en 2015. La production de ces expositions temporaires est financée sur le budget marketing de Beaugrenelle. « Le coût des œuvres d’art à Metz ? C’est “peanuts” dans le budget de 160 millions d’euros de travaux », affirme la direction de la communication d’Apsys.

Ai Weiwei au Bon marché

Dans ce mélange de commerce et d’ambition muséale, les frontières s’estompent au point que les centres commerciaux et les grands magasins proposent désormais des médiateurs pour expliquer le travail des artistes et offrent aussi, selon les âges, des ateliers pour enfants.

Ces acteurs qui se piquent d’art rivalisent désormais dans leur programmation. Détenu par LVMH, le Bon Marché, à Paris, a réussi un grand coup en produisant la première exposition en France, en janvier 2016, de créations originales de l’artiste chinois le plus en vue, Ai Weiwei. Bon nombre de directeurs de musée ont pâli d’envie devant la puissance de feu du grand magasin de la rive gauche. Une concurrence frontale pour les musées ? Frédéric Bodenes, directeur artistique du Bon Marché depuis dix-sept ans, assure que les animaux légendaires en bambou suspendus dans l’atrium et les figures mythologiques installées dans les vitrines « ont coûté moins cher à produire que d’acheter la plus petite œuvre d’Ai Weiwei vendue cette année à la FIAC (450 000 euros) ».

Lire aussi :   Les grands magasins parisiens résistent en beauté

L’artiste japonaise Chiharu Shiota, qui tisse des œuvres monumentales en fil, a succédé au trublion chinois. Une autre star adoubée du milieu de l’art contemporain, dans ce grand magasin fondé par Aristide Boucicaut où furent exposés les artistes refusés du salon officiel en 1875… « On a un discours assez puriste, on est capable de dédier toutes nos vitrines à un artiste. C’est gonflé », observe M. Bodenes. Il expose aussi ses « coups de cœurs » photographiques, plus éclectiques et moins médiatiques, dans une petite galerie au rez-de-chaussée. Au sein de LVMH, M. Bodenes dit rester absolument autonome dans le choix des artistes.

Le risque de la banalisation

Cette liberté d’action, Jérôme Sans la revendique sans partage, lui à qui Unibail-Rodamco et la Socri ont confié l’élaboration d’un parcours artistique dans le centre de shopping Polygone Riviera de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes). « En France, associer le commerce et l’art est encore suspect. Pourtant l’Etat, les villes et les régions ne peuvent plus être les seuls responsables économiques de la culture », assure le directeur artistique, certain que « s’intéresser à la culture, pour les entreprises, est une responsabilité sociétale ».

Consulté pendant la construction de Polygone Riviera pour apporter une offre culturelle dans cette zone périurbaine, Jérôme Sans a choisi onze œuvres pérennes – certaines réalisées spécifiquement pour le site. Elles ont été acquises pour 3 millions d’euros par Unibail-Rodamco. Ses choix artistiques renvoient à la pluralité des pratiques de l’art contemporain – entre Ben, Daniel Buren, César, Wang Du ou Jean-Michel Othoniel. Souhaitant faire de Polygone Riviera « l’écho de ceux qui font la culture dans la région », Jérôme Sans a présenté des sculptures de Joan Miro prêtées par la Fondation Maeght au cours de l’été 2016, avant de faire une exposition personnelle de Philippe Ramette l’année suivante.

« Ce n’est plus le public qui vient à ma rencontre, mais l’inverse. C’est très stimulant », confie l’artiste Philippe Ramette.

Si l’image des centres commerciaux en sort grandie, quel avantage les artistes en tirent-ils ? Dans le meilleur des cas, soit ils bénéficient d’honoraires, soit le centre leur achète une œuvre, ou bien leur passe une commande dont ils resteront propriétaires. Selon Philippe Ramette, qui a réalisé une installation sous la coupole des Galeries Lafayette Haussmann et réalisé un parcours de sculptures à Cagnes-sur-Mer, « ces expériences ont permis de renverser les choses, ce n’est plus le public qui vient à ma rencontre, mais l’inverse. C’est très stimulant ». Dans les deux cas, le public est infiniment plus important que celui des galeries ou des lieux d’exposition traditionnels. Polygone Riviera a comptabilisé plus de 7 millions de visiteurs l’an dernier. Le seul danger vient de la banalisation des œuvres, qui risquent de devenir de simples objets de décoration auprès d’un public venu pour faire ses courses.

En Asie, l’art est devenu la norme. Pour Jérôme Sans, qui a dirigé à Pékin entre 2008 et 2012 l’Ullens Center for Contemporary Art (UCCA), « la culture s’est imposée à une allure folle dans les espaces quotidiens des Chinois ». En témoigne le Parkview Green Museum ouvert par Huang Jianhua à Pékin. Ou encore les K11 – lieux qui mélangent art et commerce – d’Adrian Cheng, à Hongkong et à Shanghaï, où est présentée en ce moment une partie de sa collection de vidéos. Ce milliardaire qui cherche à démocratiser l’art travaille le plus souvent en collaboration avec des musées. Et non des moindres, comme le MoMA PS1 à New York ou encore le Centre Pompidou. Sa seule condition consiste à inclure la jeune garde chinoise dans les projets. Pour leur donner toujours plus de visibilité. C’est bien là le nerf de la guerre culturelle mondiale.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/29/l-art-nouvelle-passion-des-centres-commerciaux_5222196_3234.html#a5m4QhQqLiCO7LMg.99

En Chine, la disgrâce du  » petit timonier  » du Web

23 novembre 2017
l’histoire du jour

agrandir la taille du texte
diminuer la taille du texte
imprimer cet article

Officiel flamboyant, Lu Wei s’est montré avec les grands noms de l’Internet. A Tim Cook d’Apple, il expliquait qu’il n’appartenait pas à la firme à la pomme mais au régulateur chinois de décider quelles données sont privées sur un appareil. Il s’asseyait sans se gêner dans le fauteuil de Mark Zuckerberg lors d’une visite au siège de Facebook dans la Silicon Valley en  2014 et le patron du réseau social – inaccessible en Chine – avait pris soin de poser sur son bureau le recueil de discours du président Xi Jinping. S’est-il trop mis en avant aux yeux de l’homme fort de Pékin ? A-t-il été rattrapé par des dossiers du passé ou sacrifié dans les jeux de pouvoir du XIXe Congrès qui s’est tenu en octobre ? La commission d’inspection du parti unique n’a donné aucun détail, mardi 21  novembre, si ce n’est que M. Lu est sous le coup d’une enquête pour  » graves violations de la discipline du parti « , formule synonyme de corruption et qui a été utilisée pour tous les officiels ayant subi la purge sous M. Xi.

Lu Wei avait gravi les échelons au sein de l’agence de presse officielle, Chine Nouvelle, l’un des organes de la propagande, d’abord au niveau local, dans la province méridionale du Guangxi dans le courant des années 1990, puis au siège, à Pékin, durant la décennie suivante. Il est nommé en  2011 maire adjoint chargé de la propagande pour la capitale avant de prendre, au printemps 2013 lorsque M. Xi devient président, la tête de l’administration qui contrôle les contenus auxquels les 700  millions d’internautes chinois ont accès. Même s’il préfère éviter le mot  » censure « , il revendique le contrôle. Sous son mandat est lancé en  2015 un chant,  » L’Esprit du cyberespace « , explicite dès les premières paroles :  » Avec loyauté et dévotion, nous veillons jour et nuit sur notre domaine, pour servir notre mission à l’heure où le soleil se lève sur l’Orient. « 

M.  Lu a semblé un temps utile à M. Xi, qui se veut le père d’une nouvelle puissance chinoise, dans une relation d’égal à égal avec les Etats-Unis. Lu Wei avance alors le concept de  » souveraineté sur Internet  » : la Chine n’aurait plus à rougir de sa Grande muraille du Web et l’Occident n’aurait plus à lui faire la morale. En  2014, Lu Wei avait lancé une conférence sur ce thème, et les patrons du Web américains et chinois s’y pressaient chaque année depuis. L’espoir d’accéder au marché chinois, où de s’y maintenir, justifie bien de faire du zèle : M.  Zuckerberg avait demandé en  2015 à M. Xi, devant un Lu Wei souriant, de lui suggérer un nom pour son premier enfant.

En juin  2016, la presse officielle avait annoncé que M. Lu quittait l’Administration du cyberespace de Chine, le ministère du Web, pour devenir directeur adjoint du département de la propagande. Les observateurs s’étaient alors demandé s’il avait du souci à se faire ou s’il hériterait d’une plus belle promotion lors du XIXe Congrès du PCC, à l’automne 2017. Le congrès est passé. Lu Wei a été vu à son dernier jour, le 24  octobre, non pas dans la capitale mais dans le bastion révolutionnaire de Yan’an (centre), où il enjoignait les cadres locaux à  » se soumettre à la vision du dirigeant Xi Jinping « . Quelques jours plus tôt, déjà, lors d’une visite au Zhejiang (est), il n’était reçu ni par le secrétaire du parti ni par le gouverneur de la province.

Harold Thibault

© Le Monde

Auchan et Alibaba

Auchan et Alibaba s’allient et bousculent le commerce traditionnel

Par Le Petit Journal Shanghai | Publié le 20/11/2017 à 20:55 | Mis à jour le 20/11/2017 à 20:55
chine-economie-auchan-alibaba

C’est officiel, le groupe de grande distribution français Auchan va s’allier au géant chinois du commerce électronique Alibaba pour développer le commerce physique et numérique en Chine.

Aux termes de leur alliance, Alibaba, propriété du multimilliardaire Jack Ma, va investir 2.4 milliards d’euros (19 milliards de RMB) dans Sun Art Retail Group, l’un des principaux exploitants d’hypermarchés de Chine, dont Auchan possède plus du tiers du capital.

 

Quand les magasins « en dur » rencontrent l’e-commerce …

« La nouvelle alliance permettra à l’ensemble des activités de Sun Art de bénéficier de l’écosystème digital d’Alibaba », expliquent les deux groupes dans un communiqué. Si Auchan est déjà bien présent en Chine sur internet avec la vente de vins, l’enseigne française va profiter de la force de frappe d’Alibaba sur les autres produits alimentaires.

Plus généralement, Alibaba veut utiliser son immense collecte de données d’usagers en ligne pour aider les magasins physiques à mieux s’adapter aux fluctuations de la consommation, en anticipant les besoins avec des stocks adéquats. En retour, le géant de l’e-commerce mise sur ces points de vente pour affiner ses algorithmes, diversifier ses circuits de livraison et doper ses commandes.

 

L’avènement du tout automatisé

Auchan faisait déjà ses premiers essais dans les commerces tout automatisés, après avoir testé le concept depuis l’été. De ce fait, Sun Art se prépare à déployer en Chine des mini-supérettes entièrement automatisées et sans personnel, sous la marque « Auchan Minute ».
Dans ces toutes petites surfaces, les clients scannent et règlent avec leur smartphone des articles du quotidien : un geste intuitif pour des consommateurs chinois habitués aux systèmes de paiement électronique.

Sources : Le monde.fr, le parisien.fr

McDonald’s change de nom et séduit un marché prometteur en Chine

Par Le Petit Journal Shanghai | Publié le 29/10/2017 à 09:59 | Mis à jour le 29/10/2017 à 10:11
Photo : McDonald’s change de nom

mcdonald-chine

McDonald’s change de nom en Chine. Si l’enseigne qui ambitionne de doubler le nombre de restaurants, restera bien la même, à l’avenir les Chinois ne parleront plus du roi du Big Mac de la même manière.

Désormais ils ne prononceront plus McDonalds (ou plus exactement Maidanglao, dans sa version en mandarin) mais « Arches d’or » (Jingongmen).

La décision vient d’être annoncée via le compte officiel de la franchise McDonald’s sur le réseau social chinois Weibo. Mais elle a été prise le 12 octobre, selon le journal économique chinois Caixin.

 

Une avancée à pas de velours

En 2022, 32 ans après l’ouverture du premier restaurant McDonald’s en Chine, il pourrait y en avoir 4.500 répartis dans le pays. Soit 2.000 de plus d’aujourd’hui.

Pour ce faire, le spécialiste de la restauration rapide entend élargir sa présence aux petites et moyennes villes chinoises, perçues comme des gisements de croissance : ces agglomérations « de troisième et quatrième catégories » représenteront 45 % des restaurants McDo dans le pays en 2022.

 

1,4 milliards de clients potentiels

« La Chine sera bientôt notre plus grand marché en dehors des Etats-Unis », a assuré Steve Easterbrook, PDG de McDonald’s, cité dans un communiqué. Pour lui, la région chinoise est un laboratoire des « nouvelles dynamiques de consommation » – notamment les profits tirés des paiements dématérialisés et commandes en ligne.

Alors que son nombre de clients américains diminue aux Etats-Unis et qu’il a dû y réduire son nombre de restaurants (14.155 en 2016), le géant du hamburger lorgne les 1,4 milliard de clients potentiels que compte la Chine. Y aura-t-il bientôt une densité de restaurant « McDo » équivalente à celle des Etats-Unis, à savoir un restaurant pour 23.000 habitants ?

Source : les echos.fr