Marvel contre du rap, un suicide et une déclaration d’amour

Shanghai

#FRENCHINCHINA –

in Le petit journal de Shanghai 15 septembre

 


Le rendez-vous social-media indispensable pour connaître et comprendre le premier marché du monde. 
#FrenchinChina est le podcast hebdomadaire de l’agence FRED & FARID, qui analyse les médias sociaux chinois pour en tirer des grandes tendances sociétales. C’est l’outil indispensable pour comprendre et aimer la Chine d’aujourd’hui.

 

 

HOT TOPIC : Le suicide d’une femme enceinte

Une femme enceinte s’est donnée la mort en se jetant par la fenêtre de sa chambre d’hôpital. Elle attendait son accouchement. Ce drame a évidemment suscité une grande émotion à travers la Chine.

Cette femme s’est suicidée en raison des douleurs qu’elle ressentait, qu’elle jugeait insupportables. Alors même qu’elle avait officiellement demandé une césarienne qui lui a été refusée par son mari et l’hôpital. Ce qui a donné une ampleur nationale à cette histoire (plus de 200 millions de vues, 630 000 discussions) est surtout la place des femmes dans la société chinoise et leur liberté, leur droit de disposer de leur corps comme elles l’entendent.

Au delà de l’indignation autour du comportement du mari, on a entendu s’élever un très grand nombre de voix visant à remettre en cause le modèle traditionnel qui fait du corps de la femme un simple véhicule ayant pour simple but de transmettre le digne représentant de la famille. Les internautes demandent au contraire l’auto-détermination et la capacité des femmes chinoises à choisir le mode d’accouchement correspondant le mieux à leurs envies.

Cette histoire, si triste soit elle, doit être vue comme un élément important dans l’avancée de l’égalité homme-femme en Chine.

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HOT BRAND : Marvel vs Rap

Cette semaine ce n’est pas une marque qui a fait parler d’elle à cause d’une de ses actions mais qui a générée un extraordinaire mouvement de sympathie alors qu’elle n’avait absolument rien demandé.

Tout a commencé lorsque le rappeur PG One, qui se fait appeler également Magneto, a gagné l’émission utlra populaire The Rap of China. Après sa victoire les contenus liés à Magneto ont fait explosé les algorithmes de recherche des plateformes les plus populaires à commencer par Baidu Search et BiliBili, la plateforme vidéo très populaire chez les millennials. Le problème est que Magneto est également le nom d’un personnage bien connu des amateurs du comic X-Men de Marvel. Et les fans de cette série ont commencé à s’énerver très sérieusement sur Weibo car ce buzz rend difficile désormais l’accès aux contenus de leur personnage préféré.

Il y a donc eu pendant quelques jours une petite guéguerre bon enfant entre les fans du rappeur et du super-méchant de Marvel. Mais l’histoire a pris une autre ampleur qui a provoqué près de 38 millions de vues et 520 000 discussions lorsque l’administratrice gérant le super hashtag #Magneto sur Weibo permettant de recenser l’intégralité des contenus liés au sujet a purement et simplement décidé d’effacer tous les contenus liés au personnage de Marvel. Les fans se sont alors pris d’une colère folle et ont décidé de recenser l’intégralité des violations de copyright commises sur Magneto et d’envoyer à Disney cette liste dans laquelle figurait aussi des communications pour Estée Lauder et McDonald’s.

La grande leçon de cette histoire reste tout de même l’émergence de débats publics dans la sphère sociale chinoise sur la notion de copyright et de propriété intellectuelle essentiels au développement de l’art et de l’innovation.

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HOT POST : Une déclaration d’amour sur un toit

Le Hot Post de la semaine nous vient d’une pratique très répandue chez les millennials chinois, le cutdown. Il s’agit d’une pratique très répandue dans les émission de télévision japonaise. On y voit un garçon de 14 ans monter sur le toit de son école pour déclarer sa flamme à l’une de ses camarades de classe. Mais la belle en question ne l’entend pas de cette oreille et répond devant les caméras de télévision ainsi qu’à toute l’école amassée devant l’immeuble pour l’occasion qu’elle est flattée et absolument désolée mais qu’elle a déjà un petit copain.

La vidéo est touchante et amusante mais ce qu’il y a d’intéressant est la mécanique de « viralisation ». Ce qui a permis à ce post d’être partagé plus de 70 000 fois est le fait qu’un grand nombre d’individus ayant dépassé l’âge de l’adolescence ait reposté la vidéo sur les comptes de leurs anciens camarades de classe. Pourquoi ? Il faut savoir que les relations entre les adolescents et la découverte des sentiments amoureux sont bannis des enceintes de l’école par les parents, professeurs et l’administration scolaire chinoise au motif que de telles relations sont jugées pernicieuses voire dangereuses pour la concentration des étudiants et de les détourner de l’apprentissage du savoir.

En partageant cette vidéo avec leurs anciens camarades de classe avec des commentaires du type « à notre époque on n’aurait même pas pu se retrouver dans une situation pareille”, ces jeunes adultes se rendent compte des conditions difficiles dans lesquelles les adolescents découvrent la vie amoureuse, et sont ravis de voir que ces conditions s’assouplissent. Ils sont heureux de l’évolution positive pour l’éducation et la société chinoise.

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Retrouvez la chronique du 7 septembre 2017 de #FrenchinChina

Merci à Zhuomin Qin, Feng Huang, Jalila Levesque, Jules Chaffiotte, Radouane Guissi, Ying Zhang, Aliou Maro, Louis Caudevilla, Dushan Karageorgevitch, Mathieu Jolivet, Jing Qian, Antoine Robin, Émilie Ohana, Zhejun Li, Vincent Arassus et Green United Music Asia pour leur participation à cette chronique

Ces filles qui ne veulent pas ressembler à Kim Kardashian (on y croit ou on n’y croit pas! note du blog )

Par Emilie Veyretout | Le 12 septembre 2017 in Le Figaro
De plus en plus de Français parmi la génération des 18-34 ans refusent les standards esthétiques des réseaux sociaux. Certaines marques leur tendent un autre miroir, moins déformé de la réalité.

 Avant l’été, le scandale Pepsi aux États-Unis est devenu un cas d’école : dans une publicité virale, le fabricant de boissons mettait en scène l’Instagirl Kendall Jenner s’échappant d’une séance photo pour aller tendre, en pleine manifestation, une cannette de soda à un policier. Quelques gorgées plus tard, tout le monde dansait et riait ensemble. Diffusé alors que de nombreux rassemblements contre le racisme et pour les droits des femmes se tenaient outre-Atlantique, le clip a suscité une levée de boucliers sur Internet (« à côté de la plaque », « pathétique », « indécent ») et ringardisé, d’un coup, Pepsi… qui pensait pourtant avoir coché toutes les cases.

Comme le géant américain, la plupart des grandes marques peinent à adapter leur communication et leur marketing aux digitale natives, cette cible hyperconnectée qui ne consomme pas comme les précédentes. «Elles s’acharnent à récupérer commercialement des valeurs importantes pour nous comme la liberté, l’égalité entre les sexes et les couleurs de peau ou la force communautaire, décrypte Marjolaine Grondin, 27 ans, cofondatrice du chatbot Jam (un magazine sur messagerie instantanée). Dans le cas de Pepsi, le cliché sonne creux : aucun millennial n’a vraisemblablement participé à la conception de cette vidéo. Pour être en contact chaque jour avec des milliers d’entre eux, je sais à quel point cette génération mute vite. Aujourd’hui, les influenceurs sont déjà devenus trop lisses, des caricatures d’eux-mêmes, la tendance est aux “vraies gens”. Mais le temps que les leaders du luxe et de la grande distribution l’intègrent, tout aura peut-être encore changé. »

Réactifs ou visionnaires, le japonais Shiseido et la maison Hermès ont saisi le phénomène au vol. Pour le lancement de Waso, une ligne de soins destinée aux vingtenaires, la marque nippone vient de dévoiler une campagne publicitaire déconcertante dans l’univers des cosmétiques : beautés métissées aux taches de rousseur constellant la peau, visages androgynes, cheveux en brosse. Pour son premier parfum destiné aux jeunes filles, Twilly, Hermès offre, quant à lui, un regard rafraîchissant, plus cru sur les teenagers : filmés sans maquillage, dans une sorte de transe désarticulée devant la boutique parisienne du sellier 24, rue du Faubourg-Saint-Honoré.

Des jeunes plus « tradi » qu’ils n’y paraissent

Deux propositions aux antipodes des youtubeuses

Twilly, premier parfum destiné aux jeunes filles, Hermès. Waso, une ligne de soins destinée aux vingtenaires signée Shiseido.

Deux propositions aux antipodes des youtubeuses glamour anglo-saxonnes aux millions de followers. « Le message est cohérent. Ces marques ne trichent pas, essaient de convaincre sans perdre leur âme, et c’est précisément ce que recherchent les millennials : l’authenticité, l’engagement, résume Nadège Winter, fondatrice de Twenty, un magazine et un réseau social conçu par et pour les 16-25 ans. On a souvent dit que cette tranche d’âge ne respectait pas les règles, ni leur héritage : c’est de plus en plus faux. Est-ce une réaction au milieu dans lequel ils ont évolué, qui privilégie le paraître à l’être ? On observe une fracture, particulièrement en France, avec des profils tournés non plus sur le “moi je/regarde comme je suis génial” mais sur le monde comme source d’inspiration, “regarde ce que j’aime”. »

Ce mouvement se traduit aussi dans les formules cosmétiques et parfums. «J’ai beaucoup observé les jeunes filles autour de moi, dans la rue, raconte Christine Nagel, le nez des fragrances Hermès. Je suis fascinée par leur capacité à se réapproprier nos codes : c’est incroyable tout ce qu’elles peuvent faire avec un foulard en soie. Sous leur influence, j’ai composé ce sillage à partir de notes classiques et très identifiables de la parfumerie, la tubéreuse, le gingembre et le santal, que j’ai twistées, overdosées, détournées. » Chez Shiseido, les gels nettoyants, hydratants et lotions sont inspirés par l’art culinaire traditionnel du washoku japonais (bon, beau, bien) autour d’ingrédients simples comme la carotte, le champignon, le soja, le miel. Des routines courtes, conçues pour répondre aux problèmes quotidiens.

Les filles Kardashian… et les autres

«Jusqu’à maintenant il existait des clans. Regardez dans les années 1960, 1980 et même 1990 : les jeunes s’identifiaient à tel ou tel chanteur ou héros de série, analyse Émilie Falagan, directrice insights et innovation du groupe Shiseido. De nos jours, les réseaux sociaux proposent des millions de modèles, connus ou anonymes. Tous veulent se libérer des diktats et célébrer leur individualité. D’un côté du spectre, les filles Kardashian, avec leur ultraféminité et leurs excès (maquillage, seins, fesses et lèvres énormes). De l’autre, les nouveaux puristes, plus nombreux en France que les adeptes du contouring.» Les premiers consomment beaucoup (peelings, injections, soins en layering), les seconds valorisent les produits simples, l’innocuité, les textures légères dans le respect de la peau et de la planète. Dans le droit-fil de leurs aînés chantres du locavore.

#FRENCHINCHINA – Un train ultra rapide, la rentrée à Poudlard et des marques généreuses

Shanghai

in Le petit journal de Shanghai 31 aôut

 


Le rendez-vous social-media indispensable pour connaître et comprendre le premier marché du monde. 
#FrenchinChina est le podcast hebdomadaire de l’agence FRED & FARID, qui analyse les médias sociaux chinois pour en tirer des grandes tendances sociétales. C’est l’outil indispensable pour comprendre et aimer la Chine d’aujourd’hui.

 

 

HOT TOPIC : Le train à ultra vitesse fait rêver la Chine

L’agence nationale China Aerospace and Science Industry Corporation a annoncé la validation d’une étude, qui enclenche la création d’un train à hyper vitesse.

Le train va être lancé en 3 étapes, il va d’abord pouvoir atteindre 1000 km/h, puis 2000 et enfin une dernière version où le train pourra monter jusqu’à 4000 km/h. Les Chinois sont très fier de l’annonce de ce programme qui rivalisera avec celui d’Elon Musk qui a annoncé il y a quelques mois Hyperloop. Les Chinois soutiennent évidemment leur programme, avec une telle prouesse, ils pourront parcourir Pékin-Shanghai en 20 minutes seulement, 10 fois plus rapide qu’aujourd’hui …

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HOT BRAND : WABC et Tencent lèvent des millions pour la bonne cause

Les deux marques WABC (World of Art Brut Culture) et Tencent se sont réunies autour d’une campagne caritative nommée Little Kids Gallery qui a pour but de lutter contre les différentes maladies du cerveau. Ils ont réalisé une campagne très simple en regroupant 25 jeunes peintres atteints de ces maladies et leur ont demandé de peindre des œuvres qui seront vendues sur les réseaux sociaux chinois. Ils ont placé les œuvres à 1 RMB symbolique et les acheteurs peuvent recevoir en échange un message vocal personnel expliquant comment l’artiste a conçu son œuvre et pourquoi. Ils ont également la possibilité de télécharger le poster au format digital. Rapidement devenu viral, la campagne a générée plus de 15 millions de RMB en seulement 7 heures.

Une seconde vague de cette campagne est intéressante également : les internautes ayant aidé l’œuvre de charité en la partageant ont demandé une transparence maximale de Tencent afin que tous ces dons soient bien retransmis et qu’ils suivent ce qui a été annoncé par les deux marques. Une très belle campagne qui a rassemblé les Chinois autour de cette cause, une réussite !

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HOT POST : La rentrée à Poudlard

La rentrée des classes en Chine tombe le même jour que celle de l’anniversaire de Harry Potter. On fêtait cette année les 19 ans du lancement du premier tome. Une allusion donc évidente des élèves qui s’imaginent entrer à Poudlard. Énormément de posts sur les réseaux sociaux des jeunes ayant grandi en même temps que Harry Potter ont été diffusés, avec photos du film etc. Ce qui a amusé l’ensemble des Millennials et internautes.

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Retrouvez la chronique du 31 août 2017 de #FrenchinChina

Merci à Zhuomin Qin, Feng Huang, Jalila Levesque, Jules Chaffiotte, Radouane Guissi, Ying Zhang, Aliou Maro, Louis Caudevilla, Dushan Karageorgevitch, Mathieu Jolivet, Jing Qian, Antoine Robin, Émilie Ohana, Zhejun Li, Vincent Arassus et Green United Music Asia pour leur participation à cette chronique.

Alibaba accélère sa croissance en France

Le géant chinois du commerce en ligne teste la livraison à partir d’un entrepôt basé dans la région parisienne.

LE MONDE ECONOMIE | 29.07.2017 à 09h57 • Mis à jour le 29.07.2017 à 14h23 | Par Cécile Prudhomme

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Préparation des colis  dans un centre de tri à Lianyungang, dans la province de Jiangsu, lors du festival de shopping en ligne de la Journée des célibataires le 11 novembre 2016.

Petit à petit, l’oiseau fait son nid. Peu connu du grand public en France au regard de la notoriété de son rival américain Amazon, Alibaba pousse ses pions. Selon nos informations, le géant chinois du commerce en ligne teste actuellement la livraison en France à partir du territoire national. Cette expérimentation est menée à partir d’un entrepôt en Ile-de-France détenu par un partenaire logistique local. L’opération, pilotée par les équipes chinoises du groupe, est réalisée dans le plus grand secret : le directeur général d’Alibaba en France, Sébastien Badault, n’en connaît même pas précisément l’emplacement.

L’objectif est d’améliorer les délais de livraison en France, le point faible de la plate-forme AliExpress, destinée au commerce en ligne des vendeurs chinois auprès des particuliers à l’international. Aujourd’hui, si vous commandez sur AliExpress une coque pour smartphone, l’une des meilleures ventes du site, vous l’aurez chez vous en une à deux semaines, le temps de transport incompressible des marchandises depuis les pays asiatiques. En livrant à partir de la France, la livraison en 24 heures pourra être assurée.

Lire aussi :   Le groupe d’e-commerce chinois Alibaba à la conquête des entreprises françaises

Au-delà de ce test, Alibaba est à la recherche d’entrepôts à louer en France. Le groupe discute actuellement avec des partenaires logistiques pour pouvoir à terme se constituer un réseau de stockage qui serait géré par des prestataires extérieurs. Son principal concurrent Amazon possédera, quant à lui, cinq grands centres de distribution en France fin 2017.

Très maigre dispositif de communication

Alibaba ne communique pas le nombre de clients français d’AliExpress, mais « c’est une clientèle très jeune, et peu urbaine », explique M. Badault. Ces clients arrivent sur le site marchand par les moteurs de recherche comme Google où certains produits sont bien référencés, et par le « partage de bons plans de bouche-à-oreille ». Un peu de publicité sur Instagram, sur Facebook, et quelques achats de mots-clés complètent pour le moment un très maigre dispositif de communication.

Car la nébuleuse Alibaba, qui se décline sous plusieurs marques, est encore peu connue du grand public en France. Il y a Tmall, le site pour les marques chinoises ou déjà présentes en Chine qui vendent au consommateur chinois. Tmall Global, créé en 2014, pour les marques internationales sans présence en Chine ; AliExpress qui cible les entreprises chinoises vendant aux consommateurs internationaux et qui a fêté en 2016 ses 100 millions de clients depuis sa création en 2010 et Taobao qui rassemble les ventes entre particuliers avec un système de réseau social. Il y a aussi Alibaba.com, le site de vente entre professionnels, Alibaba Cloud, l’offre technologique, sans oublier Alitrip, renommé fin 2016 Fliggy pour sa clientèle chinoise et deuxième site de voyage en Chine, et Alipay, l’offre de paiement…

Les projets exacts et les objectifs du géant chinois en France ne sont pas dévoilés, mais le groupe affirme progressivement sa présence. Avec d’abord la création d’un bureau de représentation en France, ouvert en janvier 2016, qui compte aujourd’hui une quinzaine de salariés. Puis la mise en place d’une stratégie d’approche des marques françaises pour leur permettre d’accéder au marché chinois par le biais de Tmall. « La nouvelle génération de consommateurs chinois est friande de produits étrangers, pour leur qualité et leur design, là où leurs parents achetaient des habits sans logo et du savon en vrac sur les marchés », constate M. Badault. Tmall compte 450 millions d’acheteurs et la présence de 350 marques françaises. Des grandes, connues à l’étranger, comme LVMH, L’Oréal, Danone, Evian…, mais aussi de plus petites comme le groupe de prêt-à-porter de Saint-Malo, Beaumanoir qui possède les marques Morgan, Cache Cache…

Lire aussi :   Les géants chinois du commerce en ligne à l’assaut de la France

Des partenariats sont noués

Il y a également ces accords qu’Alibaba a conclus avec des commerçants français comme le Printemps en 2016, Sephora ou encore, début juillet, Citadium – l’enseigne du Printemps destinée aux jeunes –, afin que les touristes chinois puissent payer en boutique avec leur smartphone au travers d’Alipay, sans avoir à s’encombrer d’espèces. « Nous sommes en discussion avec tous les grands magasins, nous aimerions avoir les pharmacies aux alentours aussi », indique M. Badault.

Alibaba a également noué des partenariats en France, pour faciliter les déplacements des touristes chinois, au travers d’Alitrip, comme avec Air France, la SNCF ou Accor, pour qu’ils puissent réserver leur billet d’avion, de train ou leur chambre d’hôtel. « Notre idée est de l’étendre aux musées, aux croisières, à la tour Eiffel, et ainsi qu’aux régions de Marseille et de Bordeaux », explique M. Badault.

Une présence de plus en plus grande sur le marché Français, au travers d’une volonté d’accompagner un tourisme chinois. mais il en faudrait peu pour que tous ces avantages soient proposés aux consommateurs français.

Lire aussi :   Alibaba, le géant du commerce en ligne, se diversifie

De ce poste d’observateur, Alibaba peut aussi envisager des acquisitions. Alors qu’en Chine, le groupe est en train de racheter Intime Retail, qui gère de nombreux centres commerciaux et grandes surfaces, il opte pour des cibles différentes dans l’Hexagone. « Nous n’allons pas racheter un Monoprix ou un La Redoute, mais nous pourrions être intéressés par une start-up autour de l’économie des places de marché ou par une société dans la logistique. Nous avons déjà regardé des dossiers de société de technologie autour de l’e-commerce », indique M. Badault. Des achats qui permettraient d’améliorer l’écosystème Alibaba.

Lire aussi :   Les grandes ambitions d’Alibaba dans les médias

Avant cela, le géant asiatique lancera en septembre, selon nos informations, un site marchand à destination des Chinois uniquement consacré aux marques de luxe car les LVMH et autre Dior, soucieuses de leur image, ne sont guère ravies de figurer, comme actuellement, avec des couches et du canard laqué au milieu d’un joyeux bazar.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/07/29/alibaba-accelere-sa-croissance-en-france_5166425_3234.html#g1ziJG55VyY1ka2x.99

Emmanuel Faber, DG de Danone : « Les consommateurs n’achètent plus nos marques »

Karine Ermenier |  17 Juillet 2017 |in La tribune alimentaire

Emmanuel Faber, DG de Danone, invite l’industrie agroalimentaire à faire sa révolution car les citoyens se détournent petit à petit d’elle. Lui préférant les produits locaux et circuits courts, entre autres. Droits photo : Eric Manas.

« L’industrie a déconnecté les gens de leur alimentation. Et nous les perdons littéralement. Ils quittent nos magasins, ils n’achètent plus nos marques et trouvent leurs propres alternatives. Ils les cherchent sans nous, sans l’industrie agroalimentaire. » Voilà ce qui se passe, a ajouté le 22 juin dernier à Berlin Emmanuel Faber, directeur général de Danone, lors d’une tribune au Consumer Goods Forum. Pendant 25 minutes, le dirigeant d’un des leaders mondiaux de l’agroalimentaire a tiré la sonnette d’alarme en rappelant au parterre d’industriels qui l’écoutaient que « l’alimentation est un bien précieux, pas une marchandise. Elle donne un sens à nos vies. »

A n’en pas douter, le jeune dirigeant a pris conscience de l’urgence à changer ce modèle agroalimentaire qui selon ses propres termes irait droit de le mur s’il ne tenait pas compte des nouvelles aspirations des consommateurs et citoyens : savoir ce qui se cache derrière les marques, qui les fabrique, comment ? Si les produits sont bons pour la santé et l’environnement ? Autant de questionnements qui conduisent effectivement les consommateurs à privilégier de plus en plus les circuits courts, les produits bio ou fabriqués de façon durable, les produits non transformés, etc. Pour Emmanuel Faber, un « autre monde est possible, pourquoi ne pas commencer maintenant ? »

Nouvelle signature globale « One Planet, One Health », catalyseur de la Révolution de l’alimentation

C’est sur la base de cette réflexion que le groupe Danone a d’ailleurs lancé officiellement sa nouvelle signature : « One Planet, One Health » (littéralement Une planète, Une santé »). « Ce slogan symbolise une nouvelle étape dans l’ambition de Danone de devenir le catalyseur de la Révolution de l’Alimentation. Elle encourage tous les consommateurs et les acteurs de l’alimentation à rejoindre ce mouvement inspiré par les hommes et les femmes qui se soucient de la provenance des aliments qu’ils consomment, de la façon dont ils sont cultivés, de leurs circuits de distribution, et des effets qu’ils ont sur leur santé et celle de la planète. Les entreprises agroalimentaires et les distributeurs peuvent jouer un rôle important dans cette révolution grâce à une transformation en profondeur de leur modèle économique en passant de systèmes de production standardisés à de nouveaux modèles s’inspirant des habitudes alimentaires locales et tirant parti de circuits d’approvisionnement courts », explique le groupe.

Retrouvez la vidéo de lancement de la nouvelle signature de Danone ici : One Planet One Hearth, comment redonner du pouvoir au consommateur ?

Transformation radicale de Danone pour être un acteur plus local et transparent

Emmanuel Faber a reconnu que la tâche n’allait pas être simple et qu’elle allait impliquer de changer « beaucoup de choses » chez Danone. A commencer par les méthodes managériales. Car selon lui, les salariés de Danone connaissent bien mieux que lui la réalité de la révolution à mener et des solutions à trouver pour y parvenir. D’où l’idée de les impliquer davantage, de leur redonner le pouvoir pour mettre fin à l’organisation pyramidale et donner naissance à des organisations plus collaboratives. « Nous sommes engagés dans une transformation radicale de nos activités pour être un acteur plus local, respectueux de l’environnement, inclusif et transparent. Nous reconnaissons notre responsabilité en tant qu’acteur mondial de l’alimentation », a -t-il ajouté. Avant de conclure qu’il n’était finalement plus possible d’ignorer les incidences que peut avoir notre modèle alimentaire actuel sur la santé, la société et l’environnement. « Nous ne pouvons pas prétendre que nous ne savons pas. Nous sommes la première génération à savoir. »

La nouvelle identité de marque « One Planet One Health » a commencé à être déployée le 7 juillet dernier. Et sera endossée par les marques de Danone dès 2018.

Retrouvez la tribune d’Emmanuel Faber dans son intégralité ici : tribune Emmanuel Faber du 22 juin 2017.

Pékin impose le silence sur la mort de Liu Xiaobo

La Chine censure sur Internet toute référence au dissident et rejette les critiques des pays occidentaux

 

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Verbatim
“Le gouvernement chinois porte une lourde responsabilité dans sa mort prématurée (…). Nos cœurs sont remplis de gratitude envers Liu Xiaobo pour ses efforts monumentaux et ses sacrifices importants pour faire avancer la démocratie et les droits de l’homme. C’était un prisonnier d’opinion et il a payé le prix le plus élevé possible pour sa lutte obstinée. Nous sommes confiants dans le fait que cela n’aura pas été en vain. Liu Xiaobo représentait les idées portées par des millions de personnes dans le monde, même en Chine. Ses idées ne peuvent être emprisonnées et elles ne mourront jamais.”

Berit Reiss-Andersen, présidente du comité Nobel, dans un -communiqué publié jeudi 13 juillet

Le poète Bei Ling se souvient du printemps 1989 à New York. Après avoir étudié à Oslo et Hawaï, son ami Liu Xiaobo avait accepté une invitation à enseigner à l’université de Columbia. Mais rapidement, le mouvement d’occupation de la place Tiananmen gagna en ampleur et les deux amis passaient jour et nuit devant le téléviseur.  » Il voulait en être, moi j’ai eu peur. Lui aussi, mais il disait qu’il devait y aller «  , se remémore M. Bei. Liu Xiaobo deviendrait un des leaders du mouvement et négocierait la sortie de la place de centaines d’étudiants, évitant ainsi un bain de sang encore plus dramatique.  » Au G20, est-ce qu’un seul président, un seul premier ministre ou officiel a pris ne serait-ce qu’une minute pour demander à Xi Jinping la libération de Liu Xiaobo ? Nous devons savoir «  , lance le fondateur de l’Independent Chinese PEN Center, au lendemain de la mort de Liu.

L’annonce de la disparition du Prix Nobel de la paix 2010, jeudi 13  juillet dans la soirée, dans un hôpital du nord-est de la Chine, laisse le milieu des droits de l’homme chinois abattu. Les dissidents y voient la preuve de la détermination de Pékin à les écraser, et du poids bien trop important pris par la Chine pour que ses partenaires diplomatiques risquent tout pour leur cause.

Xi Jinping, un  » homme très bien « Le 26  juin, les autorités pénitentiaires et les anciens avocats de M. Liu avaient rendu publique son hospitalisation à Shenyang, dans le nord-est de la Chine. C’est dans cette région que Liu Xiaobo purgeait la peine de onze années d’emprisonnement pour  » subversion «  à laquelle il avait été condamné en  2009 pour avoir rédigé, un an plus tôt, un manifeste en faveur de la démocratisation de la Chine. Il demandait à être transféré à l’étranger.

Pékin n’aura pas jugé nécessaire de céder. L’Allemagne s’était placée en ligne de front pour demander à Pékin de laisser le dissident quitter le territoire.  » La question se pose de savoir si la gravité de la maladie de M. Liu n’aurait pas pu être décelée et soignée beaucoup plus tôt « , avait lancé, mercredi, le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert. La plupart des autres pays occidentaux, parmi lesquels la France, s’étaient contentés de publier des communiqués de leur ministère des affaires étrangères demandant à Pékin de respecter sa dernière volonté de quitter la Chine.

Pour l’écrivain dissident Liao Yiwu, qui vit en exil en Allemagne depuis 2011, il ne fait nul doute cependant que certains,  » particulièrement la France et l’Angleterre «  n’ont pas suffisamment élevé la voix.  » Ils ont dû penser que le plus important était l’économie « , regrette M. Liao, ami de Liu Xiaobo.

Certes, les dissidents reçoivent toujours l’assurance du soutien occidental par les diplomates en poste dans leur pays. Mais ils se demandent si, au plus haut niveau, lors des rencontres entre chefs d’Etat, les dirigeants de ces mêmes pays ont encore le courage de se confronter à Xi Jinping, le numéro un chinois.

D’ailleurs, en conférence de presse à Paris jeudi, interrogé par un journaliste de la chaîne de Hongkong Phœnix TV, le président américain Donald Trump n’a pas tari d’éloges sur ce dernier,  » un ami « ,  » un grand dirigeant « , un  » homme très bien «  et qui  » veut faire ce qui est bon pour la Chine « . De son côté, Emmanuel Macron a salué  » un des grands leaders de notre monde qui est en train de conduire une réforme extrêmement importante et ambitieuse de la Chine, tant de la société que de l’économie chinoise « .

Quand bien même les deux hommes n’auraient pas été informés de la mort, quelques heures plus tôt, de M. Liu, son état critique était connu depuis semaines, de même que le refus opposé probablement au plus haut niveau de l’Etat chinois de le laisser partir. Dans la soirée, le président français s’est rattrapé par un Tweet rendant  » hommage à Liu Xiaobo, Prix Nobel de la paix, grand -combattant de la liberté «  et disant son soutien à ses proches et son épouse Liu Xia.Vendredi, Pékin, par la voix du porte-parole du ministère des affaires étrangères, a jugé que le prix Nobel de la paix avait été  » blasphémé « . «  Attribuer le prix à une telle personne contredisait l’objectif même de cette récompense « , a jugé Geng Shuang lors d’un point de presse. La Chine a également protesté auprès de Washington, Paris, Berlin et l’ONU.

 » Sacrifice « Pour les militants chinois, l’intransigeance de Pékin dans les jours qui ont précédé l’annonce du décès est le paroxysme d’une guerre sans merci menée par Xi Jinping contre la société civile depuis son arrivée à la tête du Parti communiste chinois en novembre  2012. Car Liu Xiaobo était une figure centrale.  » C’est le précurseur du mouvement pour les droits de l’homme. Il a sacrifié toute sa vie à l’humanisme et à la Chine « , dit l’avocat Mo Shaoping, qui a tenté d’assurer sa défense depuis son arrestation en  2008. Il est le premier Prix Nobel de la paix à mourir privé de liberté depuis que le -pacifiste Carl von Ossietzky s’est éteint, en  1938, dans un hôpital de l’Allemagne nazie.

Autant qu’il a gagné en confiance sur la scène internationale, le pays s’est refermé en interne, sous l’impulsion de Xi Jinping.  » Sa coopération était nécessaire, que ce soit sur l’économie ou pour les accords de Paris sur le climat, il fallait remercier la Chine « , dit Hu Jia, dissident en résidence surveillée auquel le Parlement européen a décerné en  2008 le prix Sakharov, encore secoué par la nouvelle de la veille.  » Nous vivons dans un monde parallèle. La planète entière commémore Liu Xiaobo, mais sur l’Internet chinois, tout est fait pour l’effacer « , ajoute M. Hu.

 » La question des droits de l’homme n’est plus mentionnée comme un sujet majeur dans les forums comme le G20 « , relève l’avocat Teng Biao, parti à Hongkong puis aux Etats-Unis après avoir été détenu à l’isolement pendant soixante-dix jours en  2011.  Il veut croire que les militants sont plus nombreux ces dernières années, mais sait aussi qu’ils sont davantage en danger et se sentent certainement moins soutenus à l’étranger où il n’y a  » plus de volonté de faire pression sur la Chine « .  » C’est décevant « , ajoute M.  Teng.

Harold Thibault

© Le Monde